Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


jeudi 31 mai 2007

Comparer les succès

Mon garçon a des troubles d’apprentissages, mais c’est le petit monstre le plus adorable et le plus attachant du quartier. Le petit voisin est dyslexique. Son frère a des problèmes de concentration et le petit dernier s’impatiente rapidement lorsqu’il ne réussit pas du premier coup. Il y a aussi le petit joufflu qui tape sur tout le monde parce qu’il ne sait pas comment avoir de l’attention autrement. Il ressemble un peu à Nelson dans les Simpsons. Il y a la petite fragile qui veut toujours se battre avec les garçons, mais qui joue à la petite fille sage quand sa maman vient la chercher. Je lui ai dis que je conserverai son secret. Je la comprends tellement de préférer jouer avec les garçons. Il y a le petit asiatique qui prend du retard parce qu’il a des problèmes à un œil, ce qui lui cause beaucoup de problèmes à l’école, mais aussi avec ses camarades qui voudraient bien jouer au pirate, mais lui préférerait être quelque chose qu’il pourrait inventer, pas un reflet de ce à quoi il ressemble. Il y a cette adorable petite fille qui a perdue sa maman et qui cherche à plaire par tous les moyens aux autres mamans. J’ai parfois l’impression qu’elle magasine pour son papa. Elle a la tête ailleurs, mais peut-on lui en vouloir?

Maintenant, à cause qu’il y a des parents qui ressentaient le besoin de remonter leurs enfants en les comparant à la moyenne du groupe, je devrai travailler encore plus dur pour que l’estime de mon petit bonhomme ne soit pas brimée. Ainsi que tous les parents de ces enfants que j’adore, mes préférés. Osti que je trouve ça con les moyennes.

Et dire que j’applaudissais l’initiative de la remplaçante semi-permanente de cesser de donner des notes aux dictées pour encourager les autres, récompensant les réussites par des collants qu’ils soient académiques ou comportementales. Tout le monde y gagnait. Pourra-t-on me vanter les mérites des comparaisons quand je suis de celles qui célèbrent fièrement l’originalité des personnalités? Je sais que les enfants savent déjà où ils se situent et il est vrai que c’est un outil de communication de plus pour le parent, mais que voulez-vous… sur ce détail précis, j’ai une résistance avouée au changement.


Posted by Miss Klektik :: 21:52 :: 4 commentaires
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Le coin de rue revu

Les pieds sur le bord du trottoir. Les orteils bien agrippés. L’asphalte qui se distancie dans mon imaginaire pour le simple plaisir d’avoir quelque chose à faire en attendant que la lumière change du rouge au vert. Les rues se dérobent et se rapprochent sans préavis. Les voitures ondulent sur les courbes qui montent et descendent comme des montagnes russes. Impossible d’ajuster le pas à la bonne hauteur. Je me défends d’avancer de peur de me briser. Je suis tentée de me laisser aspirer. Si je saute lorsqu’elle sera au plus bas, est-ce que je m’écraserai? Est-ce que je me casserai? Est-ce que je tomberai dans un puits infini? Je cherche mon lapin blanc, mais je crois que je l’ai manqué. Je n’ai pas des dizaines de routes, je n’en ai que deux. Avec un pied dans chaque direction. De ma bouche s’échappe un « Eh merde! » pour la quelconque réalisation et j’avale le reste. Et mon corps me crie qu’il reste sur le coin depuis trop longtemps. Quand finalement j’ose confronter les machines criardes et les rues qui dansent, j’écris ces lignes du haut de mes talons qui m’ont déjà fait perdre pied. Je me sais observée. Quelle étrange créature écrit en pressant le pas tout en écoutant dans ses oreilles une musique beaucoup trop forte pour sa survie auditive? Le cahier rose et noir spiralé avec les coins tournés, c’est moi.

Posted by Miss Klektik :: 20:56 :: 0 commentaires
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Un clic de trop

Interruption imprévue et instantanée du griffonnage, mais pas de l’inspiration. Je passe un doigt sur mes lèvres et je vois des images qui me viennent comme des éclairs, si foudroyantes, si claires. Puis ma langue suit le même chemin, avec une conscience qui lui est propre. Je perds parfois la faculté de penser. Les mots font des ballounes. Une collègue voulait une voyelle pour achever ses mots. Je ne veux pas qu'une lettre, je veux le bouquin au complet. Quelques dernières notes avant de me laisser aller aux rêves qui durent une nuit, mais ne résistent jamais bien longtemps sous le soleil. Parce qu’il n’y a que ce morceau qui fait vibrer l’intérieur de cette façon à toutes les fois. Je l’écouterai encore aujourd’hui parce que j’aime provoquer l’intensité. M’accrocher à des mélanges pas très homogènes de songes et de souvenirs qui donnent naissance à de l’admiration et des sourires. Tout ça en voulant prolonger une idée. Un tout petit clic de trop et je me serai laissée transporter une autre fois en me disant qu’il s’agissait peut-être de la dernière, encore.

Posted by Miss Klektik :: 06:18 :: 2 commentaires
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mercredi 30 mai 2007

Grey (un truc de fille)

De tous les personages de Grey’s Anatomy, il y en a une que j’aime moins que les autres. Meredith. Après avoir ri de NYC Girl et de son résultat (Miranda) à ce test, eh bien c’est elle qui a ri de moi. Bon d'accord, j'ai triché le premier coup parce que je souhaitais plus que tout être une Izzie. Je l'aime bien. Mais NYC Girl connaît trop bien son monde. "Toi, tu es Meredith ou Cristina." Eh bien, oui, je suis Meredith. (définitivement pas la seule) Qu'est-ce que je peux bien répondre à ça?

You don’t always make the right choices, but you get points for trying, bouncing back, and starting over. For being so “dark and twisty”, you have a surprisingly sunny outlook on life. You’re quick to jump into new relationships but just as quick to jump out. After the example your parents set, learning to trust someone else takes just about everything you’ve got.

Et vous, vous êtes qui?

Posted by Miss Klektik :: 22:13 :: 3 commentaires
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C'est à n'y rien comprendre

Je sais, c'est ce que vous vous dites et parfois même ce que vous me dites. C'est à n'y rien comprendre. C'est ça avoir une fenêtre sur ma tête en mots. Je devrais peut-être me remettre aux images. Mais là n'est pas la question. La grande énigme de ma petite semaine est sans aucun doute la distinction entre le pouvoir et le vouloir. Des idées qui poussent par dizaines, mais le poids de mon éducation et de mes propres exigences sur les épaules. Encore. Je ne sais pas réinventer le monde, je sais seulement en faire qu'un vague portrait, le mien par ricochet. Je ne me suis jamais autant sentie limitée malgré le fait que les mots se promènent en groupes et non plus seuls sur mon écran et sur les feuilles de papier rose qui disparaissent doucement au fil des jours. Si l'écriture vieillit, est-ce qu'on peut se forcer à s'élargir ses propres horizons pour composer quelque chose d'unique, décrire en détail tout ce qui nous est inconnu avec un réalisme époustouflant? Je sais, je sens... j'ai toujours utilisé mes sens. Est-ce suffisant? Les cercles sont des formes confortables à l'oeil et pour les crayons qui cherchent l'inspiration, mais je déteste tourner en rond. Simple constatation.

Posted by Miss Klektik :: 06:14 :: 3 commentaires
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mardi 29 mai 2007

L'ingénieur et la femme

Deviner que je pourrais me briser sous son emprise sans jamais le savoir. Une force aspergée de sensibilité. On le reconnaît lorsque les insuffisances sont fictives et les obsessions charmantes. Incapable de résister malgré tous mes efforts. Incapable de renoncer à ce confort de l’essence qui trouve tout ce qui n’a jamais été nommé. Parce que j’ai plus d’expérience en indifférence, difficile d’admettre que les images et les métaphores m’appartiennent et que le coeur de ma tête n’est pas aussi limpide que dans les films et les chansons qui m’arrachent encore trop de pelure, coinçant les mots au centre de ma gorge. Aujourd’hui, j’ai arrêté un ingénieur pour lui dire de cesser de m’imposer toutes ces barrières. Et il m’a répondu d’interrompre leur alimentation pour taire leur existence. Pas la mienne.

Posted by Miss Klektik :: 22:08 :: 0 commentaires
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L'Amérique

Je trouve le sommeil d’une façon singulière. J’avais encore des restes d’humains que j’avais dévorés au coin de la bouche. Des restes d’enfer qui me brûlent encore la plante des pieds. Usée, je suis une espèce ré usinée. Et c’est sous un amas de nouveautés que je perds doucement ma vieille peau pour ne garder que la nouvelle. Semblable à l’œil nu, mais en transformation. C’est que depuis peu, les gens ont gagné en humanité ce qu’ils ont perdu en beauté. Tous si petits si j’ose les mesurer. Je voudrais que l’impératif ne soit pas aussi expéditif. Je voudrais que l’abandon des corps glacés et brisés se fasse en collision avec la capitulation du milieu. Les lèvres bouillantes pour un baiser enflammé qui cache égoïstement ces songes qui durent plus d’une saison. Je me sens comme l’Amérique de Colomb. Pourtant, les mains sur la cause de tous ces mots, je sais que j’ai atteint l’incomparable. Je suis en extase si intensément que je pourrais finalement n’accepter que l’infime partie infirme ou difforme, me laisser compartimenter pour une fois si tel est mon destin en conservant ce sourire parce que ce sera toujours plus que toutes mes légendes urbaines.

Posted by Miss Klektik :: 05:54 :: 0 commentaires
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lundi 28 mai 2007

Écrire pour soi

J’ai une liste de sujets sur lesquels je pourrais écrire. Encore. Pourtant, aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire un post. Je n’ai pas envie de faire quoi que ce soit d’autre que d’écrire ailleurs et décrire l’ailleurs. Pas le passé, pas le futur. Ni même le présent. Que l’ailleurs qui est pourtant si près de moi. Juste laisser couler les mots, les laisser toucher une feuille de papier électronique comme le vent qui a soufflé et a touché ma peau sans prévenir. Je changerai les couleurs de la feuille imagée et j'oserai altérer celles des mots afin de formuler des réponses pour ensuite créer les questions. Merci pour l’inspiration.


Je me sens définitivement étrange. Je n’arrive même pas à décrire le fond de ma pensée correctement sans voir une paire d’yeux devant moi qui me regardent avec embêtement, incompréhensifs. Est-ce que mon cerveau fonctionne si différemment des autres?

Posted by Miss Klektik :: 19:13 :: 3 commentaires
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Mon dimanche

Entendu dimanche en file pour un musée..

Bruit d'un enfant qui crache par terre à répétition.

La mère : "Arrête ça. On ne crache pas à terre à Montréal!"

J'ai voulu lui demander, mais je n'ai pas osé. C'est où que les gens crachent comme ça par terre?

...

Un autre musée. Une autre foule. Un homme derrière moi qui saute sur place et qui crie "Des planètes! Des planètes!" comme un enfant en tappant des mains. Mon gars le regarde et rigole. L'homme, visiblement fier de son effet. Sa conjointe visiblement fière de son homme. J'ai eu un soupir un peu trop fort. Ils me l'ont retourné en sourires.

...

Mon soupir s'est étiré jusqu'à la maison, jusqu'à mon lit où je n'ai pas pu m'empêcher de prétendre, différemment. J'ai donné la place à tout ce que je laisse derrière en m'imaginant que le reste du monde faisait de même. C'était beau comme lorsque la présence remplace l'absence. Jusqu'à la mort de tout ce qui fait de moi une femme, je me laisserai envahir avec le sourire. Le bout des doigts cherchant encore à caresser des morceaux de ce qui résonne en moi.

Posted by Miss Klektik :: 05:51 :: 0 commentaires
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samedi 26 mai 2007

Just enjoy

Lorsque vient le temps de volontairement dépouiller l’extra pour sauver l’ordinaire. Si, même seul, il préserve toutes ses propriétés uniques en silences et en musiques. On sait qu’il survivra. Et je voudrais qu’il subsiste le plus longtemps possible dans l’extra, dans l’ordinaire et dans tout ce qu’il y a autour. Même si pour ça, je dois me contenter de tracer les contours.

Dans le coin de mon œil moins fatigué, reflet de mon hypersensibilité plutôt inavouée. Ma tête ne peut plus contenir ces pensées, le crayon souffre de toute cette pression. À un grain de sable de présenter le débordement au grand jour. Ce n’est ni la marche ni la direction qui effraie. C’est de s’y rendre seule et d’y arriver avant de le constater.

Quand on touche aux adjectifs scintillants et qu’on en tient dans le creux de sa main ne serait-ce qu’un tout petit peu, alors on se garde de questionner d’où ils viennent et là où ils vont même si on voudrait savoir, car on sait que tôt ou tard, ils partiront. On retient son souffle pour ne pas effrayer. On ouvre les yeux pour observer la beauté et on les ferme pour lui donner un aspect intemporel. Just enjoy.

Posted by Miss Klektik :: 17:28 :: 5 commentaires
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jeudi 24 mai 2007

Peeling

Du néant à l’océan, nager entre les nuages et jouer à la marelle sur les étoiles. J’ai passé une bonne partie de ma vie à scruter le ciel. J’ai porté une paire d’ailes à chaque occasion de me costumer. Là-haut, les gens ne voient que la beauté de l’irréel. C’est la valse de tout ce qui est éphémère. C’est mon chemin facile. Ma fuite à moi. Quand tout reste en surface, on ne s’écarte pas vraiment de la route de briques jaunes, mais on s’égare de ce que nous sommes.

Encore et toujours effrayée à l’idée de me déshabiller ou que mes vêtements ne soient pas appropriés, trop ou pas assez ajustés. Trop ou pas assez. Je suis une catastrophe dans la cuisine – et partout ailleurs – car je ne sais pas mesurer les quantités. Je garde un œil sur mes souliers aux talons musicaux parce que je voudrais m’empêcher de trébucher encore et encore me demandant qui est-ce qui a bien pu m’apprendre à marcher.

Une femme hurlant que ses mots sont tombés comme une pile de briques laissés dans son salon. Un homme aussi maladroit, aussi craintif. Un court moment paraissant pourtant banal. Sa vie, son théâtre à elle, son acteur principal, ses spectateurs ou peut-être des figurants au rôle muet… Un seul baiser pour tout expliquer. Et moi, une main qui tente de retenir ce mouvement intérieur en exerçant des pressions sur ma peau aux endroits stratégiques. Ça doit être la fatigue qui fait que ça me touche autant.

Posted by Miss Klektik :: 19:01 :: 0 commentaires
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The Friday girl

Une femme rencontre une ancienne copine et collègue. Après le boobs hug, on prend des nouvelles de ce qui a toujours nourrit nos conversations : les hommes. Ceux qui passent, ceux qui restent, ceux qu’on aurait aimé voir partir plus rapidement, ceux qu’on aurait souhaité voir rester plus longuement.


- Parfois, j’ai cette pensée tordue qu’il pourrait y en avoir une différente à chaque jour de la semaine...

- Pffft! So what. Fuck them si c’est le cas. You’re the Friday girl! Everyone wants to be THE Friday girl.


Posted by Miss Klektik :: 06:42 :: 0 commentaires
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mercredi 23 mai 2007

Héros

Il s’est fait dire qu’il était un héros. Je sais, ce n’était qu’un scénario. Un perso toxico, accro à l’héro, mais la vie a tout de même fait de lui le héros de quelqu’un. Préserver la sécurité. Agir au lieu de fuir. Capable de tout dire d’un regard. Une expression qui vient tordre les tripes. Des héros comme lui, on en croise tous les jours. Mais l’autre soir, alors que je n’arrivais plus à contrôler mes larmes devant autant de grandeur humaine même si ce n’était qu’à travers un téléviseur, comme si c’était moins froid que mon ordinateur, j’ai eu une pensée pour ces héros – particulièrement les miens – qui bravent la vie et la partagent au-delà des mi. Et puis une pensée pas si gaie qui devrait tout de même rester. Ferait-on fait les choses autrement si nous savions que c’était peut-être notre dernière journée? Quatre vingt treize journées pour un baiser. Qu’est-ce que je ferais, qu’est-ce que je dirais si je savais que c’était ma dernière? À travers tant d’histoires, des récits dont certains se détachent, je reste figée, mais pas de glace.


Posted by Miss Klektik :: 23:03 :: 2 commentaires
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Cent talents

Les gens qui se croient sans talents sont souvent ceux aux talents multiples. Une pièce musicale, une toile, une danse… ils laisseront toujours place aux diverses interprétations. Les démarches artistiques deviennent parfois une œuvre théâtrale pour accompagner le n’importe quoi en espérant que quelqu’un appelle le n’importe quoi du grand art pour empêcher l’estomac de grouiller et de gargouiller.

Un des véritables talents qui gagnerait à être reconnu est celui de se donner ainsi que de se permettre de recevoir. Écrire une histoire de son introduction à la conclusion sans sauter le développement qui peut s’étendre sur des pages et des pages voire même sur plusieurs romans. Sauter à pieds joints dans ces débuts sans promesse de lendemain en conservant la sagesse du passé, mais pas ses archives. Savoir réinventer la roue alors qu’elle a déjà été pensée, dessinée, créée, utilisée... Peindre comme si la toile pouvait contenir tout ce qui nous rend humain, ce qui nous donne notre force et la reprend aussitôt. Danser jusqu’à sentir son cœur sortir de sa poitrine, s’approprier les mouvements et les répéter avec une subtile différence pour conserver l’éclat de sa beauté. Parce que ça ne suffit pas de maîtriser son art, il faut aussi le vivre. Et ceux qui arrivent à faire de la vie dans son plus simple costume une œuvre inachevée d’une intensité aveuglante pour les autres – parfois même sans le savoir - sont sans contredit des gens avec un talent incomparable.

Posted by Miss Klektik :: 18:58 :: 0 commentaires
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Sometimes people should forget

- I remember us…
- I don’t.
- I remember you…
- I’m not the same anymore. So many years ago…
- How was I?
- I’ve forgotten.
- You were the only one I could always remember clearly.
- I’m sorry for you.

Après tous ces changements, après toutes ces années, après tout ce qui a été vécu… Je sais que les souvenirs qui hantent ses pensées sont loin de ceux que je pourrais créer maintenant. Loin de ce que j’ai désormais envie de composer.

Posted by Miss Klektik :: 06:46 :: 2 commentaires
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mardi 22 mai 2007

Vive la ville

Alors que la moitié de la ville prenait plaisir à rager contre les employés de la STM (en pensant, la grève est celle du personnel d'entretien... sachez faire la différence pour ces chauffeurs et mes pauvres oreilles le matin s'il-vous-plaît) moi j'ai ragé contre l'inégalité des trottoirs et d'une paire de souliers qui vient de rendre l'âme.

Pourquoi ces évènements doivent toujours se vivre devant témoins?

Posted by Miss Klektik :: 17:11 :: 4 commentaires
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lundi 21 mai 2007

Chaos mensuel

Parfois je déteste mes réactions. Je m’autocritique à la seconde avec trop d’instants de décalage, juste assez pour manquer ma chance de les contourner. Je déteste pleurer sans raison. Pleurer sans larmes, en silence. Je pense à me mettre devant l’un de ces films tristes pour m’en donner n’en serait-ce qu’une.

Parfois. Je suis une victime du désastre du SPM. Des hormones sur le speed, d’autres sur l’ecstasy au milieu d’un rave et qui dansent au son des battements du cœur qui donnent le beat comme si les percussions m'avaient suivie. Des hormones entièrement femmes qui tournoient sur elles-mêmes et en tout sens offrant une drôle de vision de l’extérieur. C’est toute la complication de mon être en puissance exponentielle.

Ce que j’aimerais trouver confort et réconfort ailleurs que dans le fond d’une bouteille ce soir, tenir entre mes mains l’inaccessible. Fabriquer l’impossible à partir de morceaux de rêves déchirés. Les articulations rouillées, je laisserai tomber ma tête lourdement sur l’oreiller ce soir en murmurant des images pour les conserver près de moi.

Posted by Miss Klektik :: 20:54 :: 0 commentaires
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Un dimanche sur la montagne

En marchant, on entendait la ville trembler. C’est ainsi qu’un touriste anglophone a décrit son expérience en se rapprochant des sons des instruments de percussion. Plus le bruit était fort, plus mon garçon accélérait le pas. Son tam-tam minuscule, fait pour des mains d’enfant, dans son petit sac à dos que tante NYC Girl lui avait offert. Il se sentait grand. Ça se voyait dans ses yeux.

Arrivés à destination, j’ai tenté de cacher ma déception. C’était plus harmonieux dans mes souvenirs. Moins éparpillé. J’ai vu une fille probablement complètement stone danser comme si le bruit de la musique était ce qui la maintenait en vie. Mon garçon aimait sa façon de danser. Puis j’ai vu une africaine habillée en québécoise avec une québécoise habillée en africaine faire une danse de ces sympathiques sauts en jouant de leurs pieds et de leurs mains. Il y a un vieil homme pas tout à fait au même endroit que nous qui s’est étouffé longtemps sur une bouffée qui se voulait pour impressionner un groupe de jeunes avec leur pipe. Ils ont ri ensemble, se sont partagé une bouteille d’eau.

Puis, nous nous sommes installés un peu à l’écart. J’ai sorti l’instrument du sac à dos de mon garçon avec deux consignes.

1) Écouter le rythme, tenter de le suivre avec toutes ces subtilités, tous ces sons.
2) En profiter pour faire du bruit.

Assis dans le parc, mon garçon a pu enfin explorer tous les sons qu’il pouvait créer. On a extrapolé. En commençant si jeune, peut-être pourra-t-il jouer avec tous ces gens prochainement. « Ce n’est qu’une question de rythme mon ange. Je te montrerai. »

Puis, juste avant de quitter, nous avons tous les deux été interpellés par un groupe nouvellement formé. On s’est approché. Ils étaient probablement les meilleurs musiciens, tous de nationalités différentes. Des hommes, des femmes… Ils ont fait danser les gens comme nulle part ailleurs sur la montagne cet après-midi là. Même un homme qui a abusé du chimique, nu pieds à faire danser sa main plutôt que le reste de son corps. Quand le silence est revenu, mon garçon a applaudit en criant « Encore! » spontanément. On est resté à écouter jusqu’à ce qu’il me dise qu’il voulait partir. Il me confia alors que la musique résonnait dans son cœur. Je lui ai souri en me disant que j’avais accompli exactement ce que je voulais. On s’est entendu pour revenir plus souvent. Avec suffisamment d’observation, je pourrais peut-être finir l’été en ayant appris quelques mouvements de danse africaine et donner enfin un nouveau sens à ces rassemblements dans mes souvenirs.

Posted by Miss Klektik :: 07:52 :: 2 commentaires
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dimanche 20 mai 2007

L'observatrice touchée

Taxi pour l’aller. Un homme visiblement impatient. Des soupirs puis de lourds silences imposés par les paroles des chansons tristes qui sortent de ses haut-parleurs et qui racontent sûrement une histoire semblable à la sienne parce qu’il se tient la tête solidement d’une main comme s’il craignait qu’elle quitte son cou. Je lui ai donné plus qu’à l’habitude et je lui ai dit que ça va aller sans savoir de quoi je parlais. Il m’a remercié et m’a dit de garder ce sourire. Je croyais que c’était ce nouveau gloss. Endless Kissable avec NEW écrit sur le haut. La boite toute rose. Le nom Rose Envy. Pas du tout influencée par le marketing. Mais il m’a dit que c’était au-delà de la couleur et de la texture, ce petit quelque chose qui, parait-il, dit l’évidence à ma place. J’avais envie de lui demander de me raconter pourquoi et comment il avait perdu le sien, mais le compteur devait continuer de tourner de son côté.

Les employés du café comptent leur pourboire. « Nous sommes riches! …Riches comme des enfants qui se croient riches. » Une femme pleure au comptoir. Son homme la prend dans ses bras sans qu’elle ait prononcé un mot. Elle oublie les gens autour, mais pas sa peine. C’est son homme qui verse le cacao sur son café ce soir comme s’il s’agissait d’une poudre aux pouvoirs surnaturels lui permettant de retrouver le sourire et de sécher ses yeux. Je la jalouse. Même si ses malheurs sont énormes, elle n’en porte pas le poids complètement seule. Je les regarde s’enlacer, partir ensemble. Je me demande où ils vont, ce qu’ils feront. Et au moment même où j’écris dans mon nouveau cahier de notes noir et rose que je me souhaite un homme qui en ferait autant, je lève la tête de mes gribouillis…

Une femme qui fait jouer la même chanson un peu trop souvent. Elle marmonne des trucs incompréhensibles un peu trop fort. Le nez plongé dans un cahier spiralé à peine entamé. Elle pourrait répondre à toutes les questions et les affirmations. Elle se repasse un best of en sons et images dans sa tête. Le contenu déborde.

Posted by Miss Klektik :: 09:52 :: 4 commentaires
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vendredi 18 mai 2007

Je suis la vague... en retard

Vous pensez me connaître?


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Posted by Miss Klektik :: 16:24 :: 4 commentaires
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Souhaitez-moi…. MERDE!

Je serai en train de passer des examens dont un sur la qualité de mon français afin de retrouver cette partie de moi qui avait l’impression de changer la face du monde un peu tous les jours avec ces sourires d’accomplissement il y a de cela près de dix ans. Celle qui a voulu emprunter un détour qui, finalement, s’est avéré beaucoup plus long que prévu.

J’ai étudié le passé pas si simple, le futur composé, le présent et même le subjonctif imparfait. Les adverbes, les pronoms démonstratifs et possessifs. Je me suis couchée en pensant à conjuguer à la première personne du pluriel, même si je n'aurai peut-être pas à le faire, savoir où placer le i qui apparaît et disparaît d’une personne à une autre. Je me suis souvenue que ce qui s’accorde avec "il" finit par d-a-t-e. Et toutes ces règles, ces exceptions… ce matin ma tête est pleine, mais heureuse.

Je crée tranquillement, à petits pas, mon propre bonheur. À travers ce chemin qui a pris tant d’années à explorer, je me demande si les petits bonheurs comme ça ne viennent pas par deux. Puis, si la vie décide de me gâter ainsi, alors je n’aurai d’autres choix que de commencer à éparpiller des sourires contagieux partout où j’irai mettre les pieds. Pour leur rappeler et me rappeler que même si l’on reconnaît leur caractère éphémère, lorsqu’ils sont ici, en nous et autour de nous, il faut savoir les saisir comme il se doit et se plonger dedans.

Posted by Miss Klektik :: 06:12 :: 5 commentaires
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jeudi 17 mai 2007

Se noyer

J’en ai fait une overdose avant de savoir le conjuguer. Puis je suis allée à l’extrême opposé. J’ai atteint un niveau d’indifférence déroutant et, étrangement, jouissif autant pour eux que pour moi. Fuir les flammes pour ne pas me laisser éteindre. Parce que je ne voulais pas qu’on puisse m’atteindre. J’ai tenté et tâté l’équilibre en me laissant tomber tranquillement. Ses bras étaient là, mais il les a retirés juste avant l’impact. J’entends encore le bruit sourd de mon écrasement parfois. Cacher les égratignures sur ces genoux qui ont implorés maintes fois en secret. Puis tomber dans le piège de vouloir accorder un nom et non le sujet du verbe. À force de souhaiter, j’ai donné vie à l’inertie. Je me suis relevée, j’ai continué à marcher et je poursuivrai mon chemin parce qu’une vie sans tout ce qui compose une phrase, c’est vivre à moitié. Formuler les questions, panser les réponses. Je n’ai plus besoin de convaincre qui que ce soit. Je me noie tous les jours dans ces idées de bonheurs. L'eau qui ruiselle sur mon corps, refroidit ma peau... juste avant de laisser tomber ma tête sur l'oreiller quelques secondes avant d’entamer ma journée, le souvenir d’un baiser au coin des lèvres.

Posted by Miss Klektik :: 05:36 :: 4 commentaires
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mardi 15 mai 2007

Pensée

Écrire consiste à rêver avec une intensité telle que nous parvenons à arracher au monde un morceau.

Si j’écris sur moi, est-ce donc à moi que j’arrache un morceau à coups de crayons et de flots sur ces touches froides transformées en lettres pour cet écran qui ne me retourne que la mémoire des distances?

Posted by Miss Klektik :: 22:11 :: 8 commentaires
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lundi 14 mai 2007

Immortaliser sa vie aux yeux de tous

Quand j’ai accepté de faire partie du projet, je croyais que ça ne jouerait qu’une seule fois. On m’avait parlé que ce serait sur un réseau privé en français, peut-être sur une chaîne anglophone, que personne ne regarde. Je ne sais pas s’ils ont sous-titré mes propos ou s’ils m’ont prêté une voix pour l’occasion. Mais voilà, ça fait plusieurs fois qu’ils le remettent en rediffusion et il sera encore à l’antenne prochainement. J’ai pu voir et lire que ça fait encore couler un tout petit peu d’encre. Ça fait pourtant trois ans déjà. C'est étrange de se voir ainsi. J'imagine que ça fait le même effet si on relit des textes d'il y a trois ans sur son propre blog.

Ce matin-là, je venais de quitter le lit de mon vulgarisateur de nanotechnologie. Il m’avait fait des crêpes pour déjeuner avec un énorme bol de fruits alors que j’étais dans la douche. Présentations à sa colocataire qui me regardait à peine. C’est à ce moment que j’ai commencé à douter sur la différence entre le nombre qu’il me disait et celui que la colocataire devait voir passer pour se soucier si peu du partage de son espace à cette heure matinale. Il y avait des phrases, des poèmes écrits sur son frigidaire avec des mots aimantés. Je n’en saisissais pas le sens, mais lui s’y attardait un peu trop. Pourtant, j’étais arrivée sur le plateau de tournage encore sous le charme de son intelligence qui faisait déborder ma tête d’apprentissages à prévoir. J’ai su, heureusement pas si tard, qu’il n’en était qu’à oublier celle qui l’avait quitté. Drôle d’histoire. Moi, je voulais plus. Alors je suis partie.

Mais revenons donc au sujet principal : ce tournage. Je m’étais habillée d’une robe bleue scintillante qui m’avait été donnée en cadeau par cette fille… Ne vous en faites pas, je ne m’égarerai pas une seconde fois. Ils voulaient que nous ayons un look classe de soirée, mais sexy. Enfin, c’est ce qu’ils m’avaient demandé. J’avais les cheveux coiffés légèrement, à peine maquillée car je savais qu’ils s’en occuperaient.

Sur les lieux, une immense salle avec des planchers en bois. Tout au fond, une chaise, un miroir et quelques vêtements. Mes talons faisant Clac! Clac! Clac! Il m’était impossible de cacher mon arrivée. Nous parlions la maquilleuse et moi, la réalisatrice et moi... Chacun avait son mot à dire, son compliment à ajouter. Ils avaient hâte de m’entendre, ils avaient entendu parler de moi, de ma facilité à parler de ces choses. C’est ce qu’ils me disaient, probablement pour me mettre en confiance car c’est tout de même impressionnant de parler de soi sans pudeur devant autant de gens, mais aussi devant une caméra. Entre chaque question, l’équipe technique me parlait, me regardait. Sous les projecteurs, je me sentais reine, je me sentais belle. Les caméramans ont cette façon de regarder, comme les photographes d’ailleurs, qui fait qu’on se sent immédiatement plus jolie et en confiance. (De mon expérience, c’est un effet plutôt pervers.)

Je l’ai écouté à nouveau ce soir. Encore. Ce que j’en dis des imbécilités entre quelques phrases bien choisies. Je leur suis reconnaissante qu’ils n’aient pas gardé mes espoirs au montage. C’aurait été un coup de poignard à chaque écoute. J’en conserve un souvenir, mais rien de visuellement associé.

Mais ce soir, j’ai accroché sur ses propos à elle. Celle dont j’admire la langue et l’écriture pour sa folie et ses névroses parce qu’elle parle comme elle pense, elle qui a une pensée ouverte sur le monde et tournée sur elle-même. Ce qu’elle disait alors, je commence à peine à en ressentir les tremblements. J’aimerais lui dire que je comprends et la remercier d’imposer ces questionnements au peuple québécois, mais je me dis à chaque fois qu’après je tournerais les talons en me disant « Quelle grande femme » parce qu’elle est encore à mes yeux une femme d’un pouvoir extraordinaire même si nos opinions sont parfois opposées. Aurais-je quelque chose à ajouter? Je sais où nos ressemblances se limitent et où nos différences s’imposent. Je me demande si elle se permet aussi de rêver quand vient le printemps.

Posted by Miss Klektik :: 20:38 :: 3 commentaires
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dimanche 13 mai 2007

Amoureuse

Je crois que je peux officiellement dire que je suis amoureuse maintenant. Amoureuse du thé. Je suis allée dans cette petite boutique près du marché Jean-Talon, chose que je voulais faire depuis des semaines. C’est ma fête alors je voulais m’offrir ce petit bonheur tout simple. J’ai été initiée au thé avec des odeurs et un goût si particulier, je voulais retrouver la même sensation à la maison, un voyage sur toute ma langue et pour mon nez qui raffole de ces subtiles différences.

J’étais sur le bord de l’extase à goûter, à sentir tous ces thés que la dame me conseillait. Je lui ai dit que j’ai plutôt opté pour des thés au nom inspirant auparavant puisque je n’y connaissais rien. Elle m’a dit que je ne m’étais pas beaucoup risqué. Elle m’a offert une sélection. Un thé velouté avec une fragrance fleurie, un autre plus terreux, un qu’elle me déconseillait pour une novice et finalement un thé noir classique qui exprimait une volonté à se risquer sans sauter dans les extrêmes. Alors voilà j’ai choisi Assam Banaspaty, un thé noir de l’Inde.

Mon garçon a été impressionné par les couleurs, les senteurs, la tranquillité qui régnait en ces lieux. Il a reconnu ces boules de thé qui font des fleurs… la dame a souri. Je lui ai expliqué qu’on m’a baptisée en grand. Je crois qu’elle a compris. Que je venais chercher un peu de lui dans ce thé, un peu plus fort que ce qui m’aurait normalement attiré. Je crois bien en faire une habitude, un rituel. Alors que le thé me permet de goûter et d’humer des nouveautés tout en me permettant d’approfondir ma culture d’autres pays ainsi que d’ingrédients qui m’étaient même totalement inconnus… Parce que le thé ce n’est pas que de la consommation rapide, c’est une possibilité d’élargir ses horizons. On prend le temps de me dire d’où il vient, comment il a été choisi et par qui. J’apprends à ralentir. L’heure du thé est un moment privilégié, un moment de détente fort agréable. Lorsque je tiens mon thé entre mes mains, je me sens exactement comme lorsque je fumais ma cigarette. Je prends le temps de m’arrêter, de respirer, de savourer… sans avoir tous les effets néfastes de la fumée.

Posted by Miss Klektik :: 20:12 :: 7 commentaires
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La fête des mères

Une de mes pires craintes en lien avec ce que je suis et ce que je fais c’est d’être une mauvaise mère. Parce que la mienne n’est pas un modèle à suivre et je n’ai pas beaucoup de femmes dans mon entourage qui parviennent à bien jouer tous les rôles dans la vie d’une mère de la façon dont je l’entends. Ma maman à moi je ne la fêterai pas et probablement plus jamais. Même si elle revenait à moi aujourd’hui, elle a détruit en me reniant, tout ce qui me restait de bons sentiments envers elle.

J’aurais pu fêter aujourd’hui avec toutes les mamans de l’autre côté de la famille, mais je voulais rester seule avec mon petit homme. Il m’a offert une plante qu’il a préparée à l’école. Il me regardait le visage avec ses yeux de petit observateur pour s’assurer que je sois bel et bien heureuse de son présent. Puis il y avait une carte. Sur le dessus, moi toute de noir vêtue avec mes cheveux noirs. Ça recommence. Il ne me dessine plus en couleur. À l’intérieur, un poème. Je n’ai pas pu m’empêcher d’échapper un rire lorsque j’ai lu comme il aimait mes yeux bleus. J’ai les yeux verts. Mais si vous aviez vu comme il était fier! Je n’ai rien dit. Un simple merci. Un câlin et un baiser sur la joue. C’est notre fin de semaine à nous, pour se gâter, ce moment qu’on prend pour s’amuser et jouer parce que je sais et ça me fait un petit pincement au cœur de l’entendre dire, compréhensif, «maman n’a pas toujours envie de jouer».

Alors aujourd’hui, j’aurai une pensée pour les gens qui, comme moi, auraient aimé avoir une vraie mère à fêter plutôt que de se faire rappeler une fois de plus que la nôtre n’a pas toutes les qualités que ce rôle exige. En souhaitant de tout cœur qu’aux yeux de mon petit bonhomme, j’aurai été à la hauteur.

Posted by Miss Klektik :: 07:03 :: 8 commentaires
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vendredi 11 mai 2007

Les fleurs peuvent-elles donner la mort aux peurs?

Je me suis efforcée pour vous donner de la lecture, mais aussi pour susciter l’intérêt si ça peut se faire émoustiller. Je n’avais pas envie d’écrire. Je ne pensais pas écrire. Je pensais à ma paranoïa, mon angoisse. Parce que je peux me faire des tonnes de scénarios avec et pour une même histoire. Parce que le besoin a rejoint l’envie. Parce qu’on m’a redoré ma vie alors que je m’apprêtais à tuer ce qu’il en restait dans ma quête et les conquêtes. Complètement chavirée à peine la faculté de se l’avouer parce qu’il y a toujours ce moment redouté où il peut s’envoler loin de notre portée, loin du regard et de tous ces sens nouvellement éveillés. J’ai lu quelque part un jour que ce sera mon insécurité qui me mènera à ma perte. Alors que je tentais de taire mes inquiétudes, je commençais à trouver mes ongles étrangement alléchants comme petit déjeuner.

Je pense que j’ai crié quand j’ai vu mon nom sur le bout de papier. J’ai souri. J’ai rougi. J’aurais pu chauffer le bureau à moi seule et j’ai même fait rire le livreur de petits bonheurs. De minuscules joyaux se sont formés au coin de mon œil si rapidement qu’ils n’ont pas échappé à l’une de mes collègues qui s’est occupée de moi toute la journée. Celle qui coordonne sa pause café avec la mienne les lundis matin pour me regarder les yeux. Le matin à fixer le vide trop souvent par inquiétude. L’après-midi à contempler ce qui a décoré mon bureau et suscité des joies et des commentaires tout le reste de la journée. Même mon garçon a eu une réaction. Je l’ai vu comme une façon délicate et agréable de s’intégrer à ma vie.

De ce bouquin qui était entre ses mains. De son explication sur les différences entre les arbres et les papillons. Je l’appelle dans tous mes écrits, Racine. Je ne lui ai pas donné vie immédiatement ici puisque je ne pouvais pas me contenter d’une simple énumération. Je voulais que ce que j’allais écrire soit à la hauteur de ce que je vivais. Mais voilà. Chaque fois, la barre s’élevait. Et elle s’élève toujours. Bien modestement, je ne pourrais pas décrire sans en échapper un peu. Un jour peut-être je vous raconterai comment… Pourquoi aujourd’hui me direz-vous? Parce que j’ai eu peur.

Posted by Miss Klektik :: 20:20 :: 7 commentaires
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jeudi 10 mai 2007

La bibitte de l'autobus

Une dernière fois parce que je ne supporte plus aussi bien les bas et les hauts de coeur. C’est le corps qui vieillit, qui s’épuise, mais qui se refuse à vivre sans électricité.

Un micro-insecte sur le bord de la vitre, à peine perceptible. Je ne le pitchnoterai pas lui que je me dis à moi-même un peu trop fort en souriant. Je le regarde grimper la vitre avec ténacité. J’ignore où il se rendra, le sait-il lui-même? J’admire sa volonté. Je l’ai aidé à grimper. Il s’est rendu au sommet. Je crois bien que je l’ai vu faire une petite danse lorsqu’il avait atteint ce point assez haut pour que les autres humains ne puissent plus l’atteindre. C’est là que je lui ai dit au revoir. Il était sain et sauf maintenant. Et moi je devais descendre de l’autobus pour retrouver ma vie quotidienne. Je prendrai le même siège demain. Je regarderai au même endroit. Il ne sera probablement plus là, ils disparaissent souvent après avoir atteint ce but qu’ils ne connaissaient pas avant, mais s’il est toujours là alors je saurai que j’aurai un ami parfois aussi silencieux que moi pour m’accompagner dans mes aventures à bord du bus magique.

Posted by Miss Klektik :: 19:02 :: 4 commentaires
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Peut-être

Peut-être que je serai toujours impatiente. Peut-être que je donnerai toujours vie à des choses qui n’existent pas. Peut-être que je suis condamnée à créer pour les autres jusqu’à ce que mort s’en suive. Peut-être que ma passion nuit plus qu’elle m’avantage. Peut-être que les gens préfèrent l’image à la réalité comme je l’ai souvent préférée. Peut-être que je laisse mes choix – et ceux des autres – m’affecter un peu trop. Peut-être que je m’emballe trop vite et me déballe trop lentement. Peut-être que je devrais me discipliner à me coucher plus tôt. Peut-être que je bois trop de café. Peut-être qu’à force de prétendre, je me suis octroyée une force que je n’avais pas. Peut-être que je n’aurais pas dû me débarrasser de mon trench coat. Peut-être que je passe trop de temps à écrire comme je parle et pas assez à parler comme j’écris. Peut-être bien qu’aujourd’hui, je ferai encore semblant que je n’ai pas peur.

Posted by Miss Klektik :: 06:16 :: 7 commentaires
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mercredi 9 mai 2007

Des couleurs qui passent inaperçues

J’ignore si c’est le temps ou l’officiel qui creuse un précipice entre les interprétations. Je suis sûre que si on laissait aller les gens de la ville, on verrait des pieds et des mains sortir par les fenêtres des autobus et des taxis. Le corps a son langage à lui et le talent d’être écouté. De tous ces visages que je croise, combien sont des hommes? Combien sont des femmes? Quand je regarde autour et que je ne vois que des gens oubliés ou effacés, je pense à ces rares qui m’entourent et qui prouvent au monde entier que les œuvres d’art ne sont pas toutes que des créations de l’esprit, mais aussi des expressions d’un ou de plusieurs sens particulièrement sollicités.

Posted by Miss Klektik :: 22:45 :: 0 commentaires
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mardi 8 mai 2007

Le plus pire

Normalement je ne parle pas des histoires des autres, que les miennes, celles qui m’appartiennent. Aujourd’hui, je fais exception pour vous parler d’une chose toute simple : on ne peut pas chercher qui a la pire histoire. On me l’a dit assez souvent, je le sais aussi, je l’ai eu rough. Beaucoup d’autres aussi. C’est peut-être une question de génération, mais certainement pas une question de sexe.

J’ai eu un copain qui avait des spasmes nerveux la nuit parce qu’on avait déjà déposé un fusil sur sa tempe pour une histoire de dope, substance qui avait aussi légué un bagage physique et émotionnel.

J’ai vu un gars couché sur le plancher de la salle de bain avec une aiguille enfoncée dans le bras, oublier où il était. Le même gars qui avait marché du centre-ville à notre résidence sur la Rive-Sud pour avoir plus d’argent pour se payer son prochain fix. Ses yeux et son sourire froids comme la mort. La dernière fois que je l’ai vu, il me demandait ce qui lui restait qu’il pouvait encore vendre en se tortillant les mains, incapable de penser de lui-même.

J’ai connu un gars prendre les coups pour sa mère, pour sa sœur, pour son frère. J’entendais ces coups quand il laissait le téléphone ouvert pour je j’écoute son calvaire et les pleurs de sa petite sœur de trois ans qui regardait en criant que ça s’arrête. J’ai voulu l’aider. On l’a changé de famille. L’histoire ne s’est que répétée. Il m’a dit un jour : « Tant qu’à me faire battre, je préfère que ce soit par mon père. »

Et il y a S. Tombé dans l’héro pour je ne sais trop quelle raison. La recherche de sensations fortes je crois car il ne touchait même plus à une goûte d’alcool de peur que ça la ramène à son ancienne vie. Il a perdu tout ce qu’il a tenté de bâtir dans un accident bête de la route. Sa vie amoureuse, sa vie familiale.

Alors qui a la pire histoire? Eux, vous, moi? Tout ce que je sais, c’est que ça ne va pas au mérite.

Posted by Miss Klektik :: 19:28 :: 4 commentaires
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lundi 7 mai 2007

Du guts? Remixed

Doser. Toujours doser. Doser sa sexualité. Doser ses envies. Doser ses baisers. Doser ses écarts de conduite. Doser son amour. Doser ses élans de passions. Doser sa rage. Je ne voulais pas doser pour ça. Un ami qui sait lire et dire au-delà des mots m’a conseillé de ne pas doser, mais d’utiliser mes mots au lieu de ceux des autres. Oser.

Tout a commencé avec un questionnaire qui m’a fait rire. Puis songer à la pertinence de l’exercice. Il y avait définitivement quelque chose à raconter, mais changer la forme pourrait rendre les choses plus intéressantes pour moi. J’ai apprécié me prêter au jeu et je ne nierais jamais les qualités de celles qui se permettent d’être elles-mêmes jusqu’au bout des ongles même si cela inclus une partie théâtrale.

Je sais pertinemment que je ne suis pas nymphomane. Hypersexualisée, mais pas nymphomane. Je suis aussi une amoureuse des sens et des plaisirs de toutes sortes, mais pas tout à fait hédoniste. Je peux séparer les sphères de ma vie, mais l’intensité atteint son apogée que lorsque je réussi à tout combiner pour en faire des démonstrations parfois veloutés parfois endiablés de la passion qui circule dans mes veines. Et si je retrouve dans la complexité de l’autre un désir aussi ardent animé par de nobles intentions, je joins mes fantasmes à la réalité.

Je suis donc une baiseuse passionnée qui n’a pas de besoins typiquement féminins selon les livres de 1920, mais qui admet tout de même qu’il y a plus dans l’abandon de soi à tout ce qui fait de nous des humains plutôt que le simple abandon du corps au rythme de l’autre. Je suis éclectique dans ma vie, mes envies, dans mes romances, dans mon lit. La romantique qui se laissera séduire à la lueur des chandelles ou qui craquera pour un massage ou une soirée poésie. Un côté plus olé olé qui aime expérimenter et qui conserve des idées pour la personne qui saura jouer avec moi sans m’opprimer. Un côté voyeur. Exhibitionniste si je me sens assez bien avec l’autre. Ils sont tous moi, mais rarement en même temps.

Je considère que l’amour, qu’il dure une nuit ou une vie, ça se mesure autrement qu’en minutes et en heures. Je peux craquer pour un regard, une façon de dire les choses, mais la façon de toucher – je suis si sensible à la façon si particulière que les gens ont de se toucher – reste pour moi une manière privilégiée de voir ce qui ne paraitrait pas autrement.

Posted by Miss Klektik :: 20:22 :: 9 commentaires
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Fatiguée

Je suis fatiguée. Je dormirais n'importe où. Mais je ne suis pas épuisée. Et j'ai encore toutes ces couleurs, ces odeurs, ces histoires dans la tête. J’ai vraiment ressenti la fatigue ce matin. Je devais être sur un de ces highs toute la fin de semaine pour ne pas la sentir comme je la sens maintenant. Je me suis couchée tôt pourtant. Je devrai me coucher encore plus tôt ce soir, mais surtout bien le cacher au boulot. Comment leur expliquer que je n’ai pas su profiter de mon long congé pour me reposer? En fait, si, je suis reposée, moins stressée… mais je dormirais. Je sais que les mentalités diffèrent. Je devrai donc me promener avec mon café par intraveineuse pendant toute la journée. C'est lundi et une nouvelle semaine commence. Je regrette que personne n'ait encore inventé des capsules de sommeil qui permettraient de faire croire à notre corps qu'on a dormi douze heures. Alors pour aujourd'hui : éviter de fermer les yeux dans l'autobus pour ne pas me retrouver à l'autre bout de la ville.

Posted by Miss Klektik :: 05:41 :: 7 commentaires
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dimanche 6 mai 2007

Éveillé

Le temps d’un battement de cils, les pieds glissent et j’échappe le peu de contrôle auquel je restais accrochée. Les yeux légèrement bridés, la sexualité complètement débridée. Ça me vient d’une rue sombre et étroite en plein coeur du centre-ville qui appelle tout ce qui a de plus primitif en moi. Du rouge de cette lampe qui éclaire la pièce de cette couleur si débordante de passion, de ce libertinage qui entretient ce feu qui bouillonne à l’intérieur. Des rêves d’eau fraîche auparavant sans visage entrecoupés de ces puissantes pulsions qui me ramènent toujours aux lèvres, les miennes que je tente sans grand succès de modérer, les siennes desquelles je m’abreuverais lorsque la soif se ferait sentir.

Je vie en proses, en noir et rose, dans mon esprit sinueux aux courbes qui font sourire lorsqu’elles se juxtaposent aux lignes que je n’ai pas prononcées. Les yeux fermés, j’utilise mes mains pour lire comme si le braille était sur tout ce que je touche. L’éveil des sens peut se faire doucement, brutalement ou en alternance. Je succombe aux plaisirs en me régalant de me savoir si pleine de vie là où elle se crée. Terrain inexploré, je fais face à l’inconnu au nom de la reconstruction et parfois même la conception des premières.

Posted by Miss Klektik :: 15:24 :: 0 commentaires
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samedi 5 mai 2007

Trouver la raison

J’ai la tête qui va m’exploser, les extrêmes trop bien ancrés à l’intérieur de mon corps. Pleine de contradictions, de paradoxes… Je voudrais retrouver là maintenant ce que je viens tout juste de quitter. Je serais restée une éternité à observer même si la contemplation me torture puisque je sais d’où elle provient et où elle s’en va. Je serais restée là sans bouger alors que je me sentais incapable de rester. À me rappeler qu’on a tous de drôles de réactions. À me demander pourquoi certaines personnes sont plus difficiles à lire que d’autres.

Les verbes se fusionnent et forment des mots que je n’ai jamais entendus auparavant. Mon moi tout entier déshabillé et déstabilisé, je me demande non pas quand, mais si… car l’arrêt pourrait être aussi étourdissant que l’avancement. C’est à ce moment précis, dans l’entre-deux, que surgissent de toutes parts questions et sophismes. Puis-je survivre à mon propre raisonnement?

Le matin comme le soir. Je le vois grand, je le vois fort. Et moi, bouche béante devant autant de puissance qui s’érige devant mes yeux. Je voudrais être possédée, m’abandonner à lui sous ses doigts de virtuose qui pincent avec douceur les cordes de son instrument. Je n’ai pas cette dextérité, ma maladresse est née de la mort de la manipulation de l’objet. Il ne reste plus que moi et mes mots trop nombreux pour trouver leur raison.

Posted by Miss Klektik :: 13:06 :: 0 commentaires
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vendredi 4 mai 2007

Day and night

Pouvez-vous bien me dire pourquoi nous, les filles, on a des petits kits parfaits pour le jour et des petits kits parfaits pour les soirées, mais rien qui nous permet de passer harmonieusement de l'un à l'autre? Eh kliss dit-elle après avoir étalé sa garde-robe dans toutes les pièces.

Posted by Miss Klektik :: 12:52 :: 2 commentaires
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It's a beautiful day

Alors que vous vous dirigiez vers le travail en vous disant : « Thank fucking God it’s Friday », moi je marchais tranquillement jusqu’au café du coin pour aller me chercher le corsé du matin. Je me suis offert ce petit cadeau : une journée pour moi. Après les obligations professionnelles et familiales, c’était devenu nécessaire à la conservation de mon sourire et au maintien de ma santé mentale si fragile.

Je pensais féminiser mon appartement un peu, on croirait que deux hommes célibataires y vivent… elle est passée où cette discipline que j’avais alors que je m’entraînais tous les soirs jusqu’à ce que je tombe à terre d’épuisement, tout ça pour être la meilleure en quelque chose? J’ai débuté en enlevant cette tonne de papier qui cache mon Bilal qui me fait étrangement penser à Racine. Quand je fais un tour rapide de ce que j’ai à faire, je regrette d’habiter un logement aussi grand. Je préfère me plonger dans mes pensées pour la journée.

Ensuite, je sortirai pour profiter du dehors, de la beauté de la ville un vendredi après-midi. Ne vous en faites pas, je penserai à vous dans vos tours à bureaux lors de mon escapade au soleil pour, avec de la chance, faire taire ces rumeurs qui disent que j’ai les pieds extrêmement blancs. Et puis non, je l’aime mon teint de lait d’ex-goune, mais je ne traînerai pas ma crème FPS hyper puissante qui non seulement ne fait pas bronzer, mais blanchi. C’est comme un pari avec le soleil. Je le laisse me bronzer légèrement tant qu’il n’en abuse pas.

Oui, c’est vendredi. Mes journées préférés de la semaine ces temps-ci. Ces moments passés où j’oublie tous mes questionnements de la semaine, toutes mes inquiétudes et mes peurs que je laisserai derrière moi, à la maison. Je n'emmène que papiers et crayons. C’est vendredi. Je danse dans mon appartement en pensant à ces gens que j’aime bien et qui m’aiment bien. Ces gens qui prennent soin de moi et qui me donnent envie à chaque fois d’être une meilleure personne. To be a better version of me. What a beautiful day.


Posted by Miss Klektik :: 10:24 :: 2 commentaires
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mercredi 2 mai 2007

Quitter le nid

Je me demande parfois si c’est typique aux banlieusards ce départ précipité de la résidence familiale. Il est certain que ça change une personne, que ça permet de donner des forces et un peu de sarcasme à ceux qui ont opté pour le sac à dos (ou la petite valise ou les sacs verts – selon l’histoire) un peu trop rapidement. __________________________________

Je sais que je quitte pour de bon cette fois. Par politesse et pour ne pas l’inquiéter, j’appelle mon copain Draven pour lui annoncer que je quitte pour le centre-ville, que j’irai me réfugier dans les rues le temps qu’on m’oublie et que je finisse par me refaire une vie loin de la cause de mes cauchemars. Il comprend, il m’a vu pleurer plus d’une fois pour une respiration ou une main posée sur mon corps de façon trop similaire. Il refuse de me savoir seule en plein centre-ville. Il me prend alors chez lui avec sa famille : ses parents, sa sœur, le copain de sa sœur et un nombre incalculable de chats. Je pars en disant à mes parents que je vais jouer de la guitare sur le Mont-Royal. Ma guitare est cachée dans ma garde robe. Mon case de guitare et mon sac à dos sont remplis de linge. Je pars sans même verser une larme. Je pars en me disant que je vais enfin pouvoir trouver une sérénité d’esprit. Je pars sans même regarder en arrière. Je m’offre un nouveau départ, une nouvelle vie parce que celle que je laisse derrière moi ne peut plus rien m’offrir. Je ne sais pas combien de temps ça durera. Je ne sais pas combien de temps je pourrai rester avec ceux qui m’acceptent si gentiment, mais j’ai la certitude que je fais ce que je devais faire. Pour moi. Mon anniversaire arrive rapidement. J’ai un gâteau McCain marbré avec mes dix-sept chandelles et une carte. Et ce sera l’un de mes plus beaux anniversaires de ma vie parce que mon cadeau c’était d’être avec eux à ce moment-là. Rien de plus. Rien de moins.

Posted by Miss Klektik :: 19:33 :: 5 commentaires
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Listen to Jazz

C’est elle qui m’avait lancé dans les bras de l’enchanteur il y a de cela quelques années. Elle s’en était voulu, mais je l’avais remerciée parce que grâce à elle, j’avais pris le risque de m’ouvrir, chose qui ne m’est vraiment pas facile. Je croyais m’avoir guérie de ça, mais les récents évènements me prouvent le contraire. Elle m’a rappelé que j’avais fait les meilleurs choix possibles à l’époque, mais que je ne pouvais pas sauver ce mec de lui-même. On s’est souvenu de cette fois où elle lui avait parlé parce que j’en étais rendue à lui lancer des assiettes tellement j’étais fâchée. Elle lui avait dit de me dire « T’es belle » en me regardant dans les yeux jusqu’à ce que je me calme. C’était dur d’avouer que ça fonctionnait. Je ne peux pourtant pas passer à côté de cette fois où il m’avait dit qu’il savait qu’en sortant avec moi, je remonterais son estime personnelle. On s’est parlé des mécanismes de défense, des miens qui sont dangereux, mais que je réalise alors j’ai la chance de pouvoir agir contrairement à ces gens qui se regardent se détruire sans bouger. Hier, avant de lui parler, je m’appelais moi-même The Great Destroyer. Maintenant, j’ai repris mon nom avec ses forces et ses faiblesses. Et ses paroles se répètent dans ma tête depuis.

- Laisse-le donc mettre de la couleur dans ton monde, laisse le peindre ton tableau... On s’invente toujours des raisons pourquoi on ne peut pas... À trente ans, des valeurs ça ne se bâti pas... Sti qu’on fait ça compliqué nous, les filles. On veut tout améliorer. On change tous les processus, on se demandait pourquoi tout allait si mal et que tout était compliqué au boulot. C’est parce que 75% des gestionnaires étaient des femmes et qu’on veut toujours tout améliorer. On va jusqu’à dénaturer les choses, mais ce n’est pas grave parce qu’on les aura améliorées... On dirait qu’on t’a lancé une patate chaude et que toi, parce que tu ne sais pas quoi en faire, tu la garoches n’importe où... Tu te sens bien. Tu te sens sexy. Complètement, pour une fois. Alors profites-en.

Vous avez une personne comme ça vous, qui peut arriver au bon moment, vous dire exactement ce qu'il faut quand il le faut pour vous ramener?

Posted by Miss Klektik :: 05:49 :: 4 commentaires
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mardi 1 mai 2007

Rire jaune pour laisser s'échapper d'autres couleurs

- Pour une fois, tu en vois un comme ton égal! Tu ne le regarde ni de haut ni de bas. Qui sait, c’est peut-être ton alter ego?
- Come on. Tu exagères. C’est trop gros.
- De quoi? L’alter ou ton égo?


Et soudainement le sourire revient. Parfois ça prend une folle pour brasser une autre folle. Pour s'autoriser à se planter. Ça ne change rien à la mentalité, ça ne fait qu'en alléger le poids. Et c'est pour ça qu'une fille a besoin d'amies de filles qui n'ont pas la langue dans la poche.

Posted by Miss Klektik :: 22:11 :: 0 commentaires
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Autodiscipline

Ce matin, Trent dans les oreilles pour me forcer à oublier ce tourbillon qui voudrait m’emporter et qui s’empare de chaque partie de mon corps petit à petit. Je lui ai donné coups de pieds et coups de poings tentant de l’assommer, de le repousser le plus loin possible des spectateurs, moi comprise. De là probablement ce silence. Pour éviter les risques d’exposition, les risques que ce tourbillon fasse son chemin jusqu’à leurs yeux, vos yeux, ses yeux… Quand j’y pense, j’ai l’estomac qui se vire à l’envers, qui se noue et joue avec tous les organes de mon corps. J’ai pensé ouvrir mon ventre pour sortir le coupable, mais j’ai eu peur de ce qui pourrait se déverser. J’imagine trop bien le dégât… des entrailles en bouillies pour le petit déjeuner. Mais je ne l’avouerai pas. J’entends le compte à rebours dans ma tête, je vois les grains de sable tomber de mon sablier.

Trent dans les oreilles, c’est la dévergondée que ces rythme tribaux interpellent. Celle qui se contente de nuits animales sans noms, sans promesses parce que ça je connais et ça ne surprend pas. Au beau milieu d’une autoroute, j’ai le choix de continuer à me pervertir sur une lancée, commencer une nouvelle collection qui ne fera que prolonger ma dette karmique ou bien transformer ma peur comme j’ai déjà réussi à le faire en quelque chose de grandiose pour me donner à chaque jour, une nouvelle raison de sourire.

Partagée entre l’envie de crier « Fuck me » et « Love me » I want them both but can I really handle it?

Posted by Miss Klektik :: 19:25 :: 0 commentaires
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