Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


samedi 30 juin 2007

Circuler

Comme dans une série télévisée, on devrait avoir un aperçu du passé des gens pour mieux apprécier leurs qualités, embrasser leurs défauts et leurs réactions avec un peu plus d’aisance et de compréhension. La capacité de visionner des épisodes présélectionnés en fonction de la curiosité se répandant à l’intérieur du corps à travers les veines et circulant avec le sang qui se précipite là où la nuit perd son règne. La confiance que deux personnes établissent entre elles, ce rapport particulier de l’un à l’autre qui fait que l’on devine si la personne est honnête ou non qu’avec l’intonation de la voix ou le mouvement des pupilles face à la lumière des faits exposés. Une saison en télé. Six mois en réalité? Est-ce réaliste sachant que même après toutes ces fréquentations, toutes ces conversations, encore bien peu aura été dit? Les premiers mots sont si faciles, ils servent souvent à faire fuir. Une onde de choc pour repousser ceux qu’on ne veut pas près de nous. Et sur le nombre de croisées, bien peu survivront. Cependant, alors que les liens se créent et que la confiance n’est pas encore tout à fait installée, les mots échangés deviennent prudents pour s’éviter des déceptions et des déchirures alors qu’on tente de conserver ces contacts humains à portée de coeur même s’il ne s’agit pas d’amour. Parce que tout le monde préfère l’affection au néant. Ce n’est qu’une question de conditionnement et de temps.

Posted by Miss Klektik :: 17:56 :: 2 commentaires
---------------------------------------

jeudi 28 juin 2007

La première fois

Je sais que tout semble avoir découlé de cette histoire, mais il en est autrement. Ça ne dilue pas l’intensité de l’aventure dysfonctionnelle que tu as choisi de poursuivre avec moi parce que tes démons continuaient de te hanter. Parce que tu es devenu le mien, tu as su t’en débarrasser. Tu m’as causé ma première overdose, tu m’as instruite. La première fois fait toujours plus mal même si ce n’était pas la plus brutale. J’ai bien tenté de t’expliquer tes effets de pervers sur mon âme entière qui ne supportait pas seule ce combat. Tu as répondu que ce n’était pas ton problème. Les mots si clairs résonnent encore parfois comme un écho dans mon crâne. En effet, il ne t’appartenait plus puisque tu en avais fait le mien. Aujourd’hui, ton récit devenu mien t’appartient encore un peu. On a tous les deux nos raisons de s’en souvenir. Ça ne m’empêche pas de t’aimer. Ça ne t’empêche pas de m’aimer. Et d’être là l’un pour l’autre dans les temps difficiles. Je n’ai pas oublié. Toi non plus d’ailleurs. On a partagé bien des choses, mais le regret restera à toi. Parce que moi j’aurai été au bout de tout ce que je connaissais pour mettre un terme à ces archives pour qu’elles trouvent leur fin avec ma génération. Divulguer l’infâme et m’approprier le noir en bêlant ma fierté d’avoir fermé le cercle, bouclé la boucle. Et parfois j’ose croire que je suis encore ta fierté à toi.

Posted by Miss Klektik :: 22:45 :: 5 commentaires
---------------------------------------

mercredi 27 juin 2007

L'amour en première

Mon garçon attire les filles. C’est assez impressionnant à quel point d’ailleurs. Moi, je faisais fuir les garçons ou je suscitais une admiration éphémère, souvent le temps d’une consommation légère comme un été ou un printemps. Une douce brise passagère multipliée sous les regards indiscrets car déjà, je rêvais d’être une star. Je suis si heureuse d’avoir un garçon. Je serais probablement encore plus nerveuse si j’étais maman d’une petite fille autant courtisée.

Bref, ménage dans les nombreux papiers de fin d’école, je tombe sur deux cartes. Une écrite par Marie-Ange une jeune haïtienne de deuxième année qui y a inscrit : « Je t’aime. Tu peux sortire avec moi? Réponse : oui, non. Tu peux me donner un bisou xxxx » Mon garçon a coché oui, même si j’ignore quand il a l’intention de lui rendre. À la rentrée? Puis une deuxième carte écrite par mon garçon à une Michelle… « Michelle, tu est belle comme une fleur d’amour. Veux-tu sortire (tiens, la même faute d’orthographe ici) avec moi. Oui, Non. »

C’est anodin me direz-vous. En effet, ce le serait s’il n’y avait la petite Mya blonde aux yeux bleus qui est officiellement sa copine depuis qu’ils ont tous les deux l’âge de marcher. Ce le serait s’il n’y avait pas eu cette histoire de jalousie en début d’année avec une autre petite fille dont je tairai le nom et qui a menacé de faire une poupée voodoo à l’effigie de mon garçon pour se venger après l’avoir surpris en train de parler amoureusement d’une autre à ses amis garçons. Ce le serait si, dernièrement, il ne s’était pas vanté à sa maman d’avoir embrassé Keira dans la salle de bain sans que son professeur ne s’en aperçoive.

Alors je lui ai parlé de monogamie et de respect. J’ai fait de la transposition, tenté de retourner la situation pour qu’il comprenne qu’il se doit de faire un choix pour éviter de blesser. Après les « Mais maman, c'est les filles qui m'aiment, je n'ai rien fait moi! », il m’est revenu avec une solution. Heureuse, je l’ai écouté. Il a avoué à sa principale copine, Mya (c’est dur à suivre, je sais), qu’il avait plein de « filles » (c’est comme ça qu’il les appelle, « ses filles »), mais qu’elle restait toujours sa préférée. Elle a accepté de le partager, considérant elle-même l’éventualité d’aller se chercher un deuxième copain pour combler les absences de mon garçon qui lui, accepte également la situation.

Je suis restée là un gros deux minutes après qu’il soit parti dans la même position à fixer le vide, la bouche ouverte. Je devrai bientôt embaucher une préposée à l’agenda et non une babysitter.


Posted by Miss Klektik :: 20:18 :: 10 commentaires
---------------------------------------

mardi 26 juin 2007

Les cycles inachevés

À celles qui osent se pêter la gueule à répétition.

Sous la lune, je m’habille, me parfume, enfile des sous vêtements qui me crient qu’ils ont envie d’être découverts. Je ravale les larmes avant qu’elles ne se cristallisent en m’habillant en pensant au moment où j’ai choisis ces vêtements, pourquoi je les ai sélectionnés eux parmi tant d’autres. Je pensais à lui, je voulais tant lui plaire. Tenter de me surélever comme lui l’avait fait par des moyens passionnés, pas nécessairement les meilleurs j’en conviens, mais ceux que je connaissais le mieux. Je me demande s’il a vraiment déjà compris à quel point je pouvais tenir à lui et pourquoi parfois j’espaçais nos rencontres sans raison apparente, faisant place au flou par peur de m’emmêler dans mes mensonges, incapable d’avouer plus d’une fois l’effet qu’il avait sur moi. L’orgueil féminin reste parmi les incompréhensions existentielles de l’être masculin.

Je me dirige à cet endroit parce que j’en veux un autre comme lui et les hommes comme lui, je n’en ai vu que là. Quand les verbes côtoyer et observer se transforment dans l’esprit en verbe avoir. Je consommerai suffisamment pour ne pas remarquer les différentes intonations, les subtilités du regard. Il sera semblable, mais jamais tout à fait la copie conforme de celui que je tenterai d’oublier. Étrange. Comme si je pouvais l’oublier en le cherchant dans les autres. Je sais que je ne retrouverai pas cette façon qu’il avait de me toucher, de me caresser facilement. Tout ça pour ne pas dire jamais. Éviter à tout prix les extrêmes du vocabulaire, apprendre à doser les mots avant la peau. Cette façon qu’il a de dire et de faire les choses, tout ce qui m’a gagnée avec le temps et qui m’a conduit tout droit à ma perte.

Je voudrais qu’il vienne me chercher. Qu’il me prenne par la main, qu’il m’emmène à l’extérieur sous les néons de la ville et qu’il m’engueule s’il le faut. Qu’il m’offre un dernier verre et m’offre de me prendre encore après. Je voudrais qu’il voit à quel point j’ai besoin de lui en ce moment même ne serait-ce que pour plonger dans ses yeux et qu’il réponde à mes plaintes taciturnes par un dernier baiser faisant frémir la plus frigide des femmes. Même si je fais tout pour me cacher de ma maladresse intuitive dans les rapports humains et l’expression de ces derniers. Tout sauf sombrer dans l’oubli dans la nuit sans avoir pu dire au revoir.Les débuts font peur, les fins font mal et pourtant, sans savoir vraiment pourquoi, on cherche toujours à recommencer.


Posted by Miss Klektik :: 20:37 :: 9 commentaires
---------------------------------------

lundi 25 juin 2007

L'introduction tardive

Quel est le souvenir le plus ancien dont vous pouvez vous rappeler?

Mon enfance n’est qu’une série d’images floues sans importances. Je ne sais plus quelles sont les histoires de ma vie et celles auxquelles j’ai rêvé. La mince ligne tracée à la craie pour conserver un minimum de dignité dans ces souvenirs a été effacée à coups de traumatismes sur le tableau de mon berceau.

J’avais des photographies de cette partie de ma vie oubliée. Des symboles jaunis d’une vie que je ne reconnaissais pas. Pourquoi conserver le reflet d’une existence qui ne m’appartenait plus? Envolée, parmi les contes de fées auxquels il faisait toujours aussi mal de croire. J’ai pourtant toujours conservé, parfois en secret, l’espoir et l’acharnement de voir mon héros des temps modernes arriver à pied et m’emmener loin de mon vide, dans son monde à lui.

Je me souviens de la douleur, mais les papiers glacés ne faisaient que projeter la lumière à l’aide de sourires franchement convaincants. Je me suis débarrassée de mon musée d’ombres et de soleils ne conservant que ce que mon cerveau pouvait et voulait contenir. C’est donc d’un instrument totalement mien et faussement neutre que je vous raconte un peu tous les jours l’histoire d’une femme devenue fille.

On croit parfois que la vie commence lorsqu’on prend notre premier souffle à l’extérieur de celle qui nous a porté. D’autres croiront que la vie commence bien avant sans toutefois arriver à savoir si elle se divise ou si elle se multiplie car deux deviendront un pour former un troisième. C’est facile de s’y perdre même si les nombres restent premiers.

Le vie d’une artiste, elle, commence et se termine dans chaque création. Dans chaque portion de sa personne livrée sur un médium quelconque, portrait de l’intérieur offert en format grandiose pour les spectaculaires. C’est pourquoi qu’une histoire linéaire ne pourrait pas plaire aux générations « Pulp Fiction » et « Memento » dont je fais partie.

L’artiste sait que son œuvre n’a pas de point de départ précis ni même une fin. Il y aura toujours des tableaux inachevés, des paroles qui n’auront pas trouvé la bonne musique, des vers qui n’auront pas les justes rimes… et moi j’aurai toujours des mots pour décrire et écrire tout ce que je vois et tout ce que je ressens. Tant que mes sens ne seront pas brûlés par l’expérience, mais si au contraire, ils s’en imprègnent pour accorder sagesse et volupté à mes lettres rondes. Je m’autoproclame messagère de l’humanité modernisée et même informatisée par endroits.

Ma vie je la vois en distance. Elle offre tant de possibilités. Des autoroutes droites, des chemins rocailleux, des routes sinueuses… alors que le temps est limité à couler et à se laisser observer sans que l’on puisse en faire quoique ce soit. Il n’est pas assez malléable pour ma vie. À des kilomètres de mon pouvoir.

C’est l’histoire de la cité. Celle que je me suis créée, celle que je me suis inventée pour survivre à l’asphyxie des corps en trop grand nombre. Oubliez le temps. Ici, il n’existe pas.


Posted by Miss Klektik :: 20:15 :: 7 commentaires
---------------------------------------

dimanche 24 juin 2007

L'intersection

Je disais que je vivais sans regrets. C’est vrai. Mais je me demande souvent comment les choses se seraient passées si, à ce moment précis, j’avais fait un autre choix. Surtout lorsque je suis seule et que l’obscurité couvre le ciel. Lorsque je me permets de me laisser aller en écoutant un film ou une série télé un peu trop près de la réalité. C’est souvent à minuit le soir qu’on laisse voir notre vrai visage. Et ce n’est parfois qu’au bout d’une saison qu’on s’attache aux gens qu’on voit et qu’on apprend à connaître de semaine en semaine. Si on ne donne pas le temps aux gens, si on ne leur donne pas un peu de soi, ils peuvent partir aussi vite qu’ils sont entrés dans nos vies.

« J’ai une proposition à te faire. Je ne peux plus continuer de te voir et de te partager avec tous ces autres hommes. Quitte tout. Tout ce que tu connais. Cet appartement, ce métier, ce monde dans lequel tu circules tous les jours. Quitte tout et pars avec moi. Je te rendrai heureuse. Je t’aimerai pour toujours. Tu m’aimeras aussi, à ta façon. Je m’en contenterai. On écoutera cette musique ensemble encore et encore, nos chansons à nous. Quitte tout pour moi et je te donnerai tout ce que j’ai. »

Ses yeux éteints plein d’espoir, sa tête blonde légèrement levée de l’oreiller. Son corps nu et sa révélation inattendue le rendaient si vulnérable. Il n’était plus un homme, il était un garçon. J’ai souri, tâté sa douceur. J’ai hésité une micro seconde. Renoncer à tout pour lui? C’était prétentieux à mes yeux quoique charmant, mais son tout n’était pas encore assez pour quitter ce monde qui m’apportait tant jadis. J’ai refusé. J’ai vu la déception envahir son visage puis ses yeux ont retrouvé le vide que j’avais vu la première fois que nous nous étions parlé. C’est la dernière fois que nous nous sommes embrassés. La dernière fois que nous avons baisé. Les derniers vingt qu’il a déposés sur mon matelas. Et c’est ce soir-là que la vie s’est accrochée à l’intérieur de moi.

Posted by Miss Klektik :: 23:24 :: 0 commentaires
---------------------------------------
Jamais fidèle

Quand j’étais plus jeune, je fredonnais souvent les paroles de “Jamais Fidèle” parce que j’avais réellement un problème à me concentrer sur une seule personne. Je voulais vivre et revivre ces moments brillants, renier routine et habitudes.

Je me souviens de ce Français qui a cru qu’il pouvait me faire chanter une autre chanson, traversé l’océan dans un élan de folie. Je lui ai dévoré le cœur sans remords. Les hommes sous-estiment parfois l’impact de leurs prédécesseurs. Certains croyaient qu’on pouvait emprisonner mon cœur en emprisonnant la femme. Je me suis éclipsée, les poignets ensanglantés, que pour partir cherchant par la suite à ce qu’on m’attache à nouveau.

Torturer avec le premier ainsi que le dernier coup pour être celle à en ressortir la tête haute. Ce n’est pas un secret, j’ai blessé plus souvent que je ne l’ai été par les hommes. J’en aurais pour ma vie entière additionnée au début de la prochaine à en subir les conséquences si le karma existait.

J’ai su, avec mes dernières fellations, que je suis maintenant capable de dévotion et de monogamie et même, que c’est ce que je souhaite sérieusement même si l’idée d’un harem fait sourire et provoque de belles conversations de terrasses. L’exclusivité n’est plus une entrave à ma liberté. Je veux me laisser enivrer par les saveurs et les odeurs de l’autre, arrêter de chercher à nommer tout ce que je ne peux pas voir ni avoir. M’imprégner de l’instant présent pour ce qu’il apporte maintenant mêlé à ce désir étrange de vouloir appartenir à l’autre sans vœux de quoi que ce soit. Reconnaître la grandeur de ce que je tiens entre mes doigts, garder la paume de mes mains vers le ciel pour le laisser s’échapper s’il désire s’envoler ailleurs. Peut-être me permettre une légère pression au bon endroit pour souligner le fait que cette fois, ça me ferait vraiment de quoi de le voir partir sans avouer réellement tout ce qu’il brasse à l’intérieur. Juste pour dire...


Posted by Miss Klektik :: 08:38 :: 6 commentaires
---------------------------------------

samedi 23 juin 2007

Vivre en épisodes

J’écrivais il n’y a pas si longtemps, que je fonctionne par phases en me comparant à cette Charlotte. Voilà maintenant qu’on me compare à celle que je croyais avoir enterrée pour de bon, cette chère Samantha. Je croyais la transformation plus subtile, mais elle ne l’est pas. C’est étrange lorsqu’on accepte l’abandon, de voir tout ce qu’un homme peut éveiller en nous, mais surtout les différences dans les similitudes et les ressemblances dans les contraires. Loin d’avoir récupéré mon assurance et mon corps d’avant toutefois, me voilà donc à m’imaginer cinq ans plus tard non pas à savoir où je serai dans ma carrière, mais quel type d’homme je laisserai partager mes nuits. Je les observe en marchant, j’essaie de me représenter comment leurs visages se contorsionnent lorsqu’ils font l’amour. J’hésite sur un visage plus jeune, serai-je une Samantha jusque là? J’observe toujours le visage, puis le corps. Vient en dernier les doigts à la recherche d’une bague. Alors qu'autrefois, j'aurai lancé un arrogant "Je ne suis pas jalouse" je me permets maintenant des restrictions au nom de la solidarité de mon genre. J’observe de près ou de loin, persiste à dévisager jusqu’à ce qu’on comprenne que j’ai envie d’écouter, que j’ai envie de me faire désirer aussi. J’ai envie de jouer, me perdre dans ces histoires que je lis et que j’écris parce que c’est de là que je retire ma plus grande satisfaction même si elle est parfois entremêlée d’une étrange douleur parce que je suis femme. L’avantage, c’est toujours un choix de la femme, ce pouvoir si immense que les hommes nous cèdent sur la fréquence et le temps alors que notre vulnérabilité se terre loin derrière. Ça fait partie de l’application du féminisme, le droit de jouir comme on l'entend. Pourtant, je me sens si fragile lorsqu’il pose ses mains sur moi et qu’il m’expose des parties de son sourire si particulier lorsqu’il perd le contrôle. J’imagine alors que je suis la première à les voir, la première à les explorer, ressentant ce besoin étrange de solidifier cette union ou plutôt de me donner une certaine importance à ces yeux que je n’arrive pas à lire. Jouer avec les sens, se priver volontairement pour accentuer la dépendance. Il y aura toujours chez moi une partie de femme pour espérer, mais... Non, il n'y a pas de mais. Elle est là, à l'intérieur, cette femme qui veut toujours the whole package deal, mais avec l'âge elle a apprit à choisir où, quand, comment, sur quoi, mais aussi avec qui elle choisit de faire des compromis. Jusqu’au prochain épisode...

Posted by Miss Klektik :: 08:31 :: 4 commentaires
---------------------------------------

jeudi 21 juin 2007

Ses yeux

Dans ses yeux, je voyais tout et je ne voyais rien. Je pouvais deviner l’authenticité, mais je n’arrivais pas à percevoir l’émotion. Je découvrais toute une vie sans en connaître les évènements. Incertaine de vouloir les discerner. Je me plongeais tout de même dans ces distances pour redéfinir mes idées d’amitié et de modernité. Rapetisser le rêve, dilater les pupilles pour inspirer la vie sans la filtrer. Ses yeux pénétraient en moi en profondeur laissant des traces visibles de l’extérieur. Une façon unique de prendre les gens. Un regard aussi fort que le reste de son corps dont chaque centimètre allumait mes flammes et réunissait ce que j’avais consenti à éparpiller dans un dernier effort pour arriver à prétendre la moralité. Se comprimer pour ne pas se faire à nouveau compartimenter. Puis… ses yeux pour éveiller en moi ce qui somnolait. Dans ses yeux, c’est là que j’ai appris à nouveau comment arrêter de respirer sans me tuer. Dans ses yeux, je m’y voyais et c’est là que je me suis perdue avec plaisir.

Posted by Miss Klektik :: 19:57 :: 7 commentaires
---------------------------------------

mercredi 20 juin 2007

Un verre de trop

Je pourrais passer ma vie à retirer des morceaux de verre de mes genoux ensanglantés de trop avoir imploré. Je pourrais passer ma vie à essuyer ces traces de combat dont les souvenirs me permettent de me cloîtrer dans un monde qui n’est pas le vôtre. J’essaie de cacher les cicatrices qui décorent mon corps, mais lorsque j’ose me confronter devant le miroir, ce sont elles qui se manifestent les premières. J’avale, j’inhale, je lèche et je mords pour ne pas retrouver cet état de contemplation qui sensibilise les milieux. Je cherche à provoquer les sensations aux extrémités. Éviter de sombrer dans une démence affective. Ces hormones féminines… Ah! Ce que je vous maudis! Je voudrais parfois pouvoir penser en homme. Je bois de ce liquide effectif d’un bleu comme les mers du sud. Ce soir, je prendrai ce liquide bleuté comme confident pour lui raconter mes gains et mes pertes, mes joies et mes peines… sans censure. Comme nulle part ailleurs. Laisser couler les mots comme je n’ose jamais faire trembler mes cordes vocales. La vérité sans témoin comme cet arbre qui tombe sur le sol dans une forêt abandonnée, personne pour l’entendre, doit-on supposer son inexistence? Et c’est dans ces instants de solitude un peu trop bleue pour des raisons trop bêtes et absurdes que je lui en voudrai toujours d’avoir détruit par jalousie en si peu de temps l’entourage qui m’avait pris une vie à construire. Mon Stanley sans amour aussi efficace et fidèle que mon vieux vibrateur. Ma Kay passionnée qui embrassait en posant ses mains sur mes seins lorsque nous étions seules toutes les deux. Mon Thomas aux cheveux frisés qui voulait se faire comprendre en métaphores, il nous suffisait que d’un joint pour planer sur la même planète. Mon guizmo qui m’aurait décroché la lune que pour un sourire et dont je me servais pour tester ma capacité à surprendre. Ce soir, je m’ennuie de mes irresponsabilités, des mes folies et de mes excès. J’aurais aimé quelqu’un pour me dire « Viens, on va fêter » sans se douter qu’il y avait de quoi à fêter. Quelqu’un qui aurait pu voir ce sourire avant de le ternir avec ces gorgées à outrance et cette musique qui me rentre dans la peau et qui me fait le même effet qu’une poignée de sel sur une plaie ouverte. Ce sera toujours une fête différente que j'inspirerai et dont je me nourrirai. Ma bénédiction est aussi ma malédiction. Et étrangement, c'est là que je me sens chez moi.

Posted by Miss Klektik :: 21:48 :: 2 commentaires
---------------------------------------

mardi 19 juin 2007

Les barons

Moi, baronne au treizième coup de bâton et ce jusqu’à ce que je réalise ma féerie avec les noms. J’ai renoncé à mon titre pour des promesses fragiles.

Je connais les barons, ils ont longtemps été mes compagnons. Certains des hommes de gloire, des hommes de classe qui déposaient leur pauvre fortune sur mon cul blanc comme la neige qu’ils avaient aspirée. D’autres plus subtils, mais jamais transparents pour autant.

Les barons n’appartiennent à personne et pourtant le monde leur appartient. Ils naviguent de femmes en femmes, s’accostent parfois même à un homme pour un temps avant de repartir. Ils cherchent toujours un sentiment plus fort, l’extase sans cesse grandissante, jamais décente, jamais suffisante.

Les barons ne regardent pas la femme qu’ils courtisent comme les restes d’humains. Ils l’élèvent à un niveau impossible à conserver pour n’importe quel mortel. Ils l’élèvent que pour la voir tomber avec grâce, sonnant l’annonce de leur départ. Mais la femme laissée derrière ne conservera jamais d’amertume, que le souvenir de ces instants passés à se sentir si pleine de vie et d’assouvissement.

Les barons ne sont jamais seuls, mais ils sont solitaires avant d’être solidaires. Les dangers sont multiples. Devenir insensible par la puissance des plaisirs. L’exposition des mêmes terres à répétition, la sécheresse pourrait se présenter avant qu’ils puissent la prévenir. Errer sans jamais trouver. Errer après avoir trouvé sans jamais être capable de le reproduire. Si certains se perdent dans ces recherches d’intensité, qu’advient-il des autres? EX-baronne à la recherche d’un eX-baron avec qui je pourrais sans cesse réinventer la compleXité et l’intensité nécessaires à la survie de mon âme, nécessaires à mon envie de rester. Les trois X placés dans une phrase pour bâtir quelque chose de lisible autour. Savoir jouer des lettres, des mots sans jouer des gens, sans déjouer complètement ses plans.

Moi, baronne au treizième coup de bâton et ce jusqu’à ce que je réalise ma féerie avec les noms. Je pourrais faire des autres des barons pour justifier l’inaccessibilité et retrouver mon titre. Échanger le rose pour le rouge. Neutraliser l’impénétrable. Pour apprécier pleinement les pouvoirs si particuliers des barons.


Posted by Miss Klektik :: 19:32 :: 6 commentaires
---------------------------------------

lundi 18 juin 2007

J'en ai vu...

J’en ai vu se détruire par tranche de décennies parce qu’il faut aimer, bien ou mal, pour permettre la douleur infligée sans chercher à fuir. J’en ai vu s’oublier à force de se côtoyer comme on ne remarque plus l’odeur particulière du métro de la ville quand on y passe trop de temps, usagers du 9 à 5 par ricochet et pas nécessairement par objectivité directe portant le poids des choix de l’autre. J’en ai vu se perdre, les yeux collés par l’habitude alors que tout avait commencé dans la béatitude. J’en ai vu se détester, encourager leur rage parce qu’ils se sentaient tous les deux en cages, incapable de rendre à l’autre sa liberté. J’en ai vu pleurer ensemble tous les malheurs testant ce qui les avait unis, ébranlant leur confiance, instaurant les doutes l’un après l’autre. J’en ai vus, séparés par la mort, attendre leur tour patiemment pour rejoindre l’autre dans un monde auquel je ne crois même pas.

Alors, pourquoi je les envie quand même?

Peut-être parce que j’en ai vu se supporter l’un et l’autre à tour de rôle naturellement. Peut-être parce que j’en ai vu se souvenir de leur premier rendez-vous même un demi siècle plus tard. Peut-être parce que j’en ai vu rire ensemble et devenir complices comme s’ils étaient les meilleurs amis, faisant abstraction de leurs différences. Peut-être parce que j’en ai vu accepter des partages de pouvoirs inégaux pour ensuite se les échanger. Peut-être parce que j’en ai vu prendre plaisir à se réinventer un peu tous les jours pendant si longtemps… comme si l’imaginaire n’avait pas de barrière. Peut-être parce que j’en ai vu s’admirer mutuellement, se renforçant exponentiellement.


Posted by Miss Klektik :: 22:18 :: 2 commentaires
---------------------------------------
Incertitudes

J’ai un formulaire à remplir. Tout simple. Tout est fait sauf les questions qui me bloquent depuis longtemps. La durée et le pourquoi. Je devais attendre la célébration de son anniversaire avant l’envoi, mais maintenant que c’est passé et que le reste est rempli… comment expliquer qu’à l’endroit où devraient se trouver les réponses, il n’y a que du blanc? J’y ai quand même songé, de tout laisser ce blanc, de l’envoyer tel quel… pour m’acheter encore un peu de temps.

Est-ce que je choisi la continuité du mensonge? Les cachotteries? L’annonce de la vérité? Je pensais tout lui dire cet été pendant les vacances. J’ai peur que ça ne passe pas. Qu’il ne comprenne pas. Ou qu’il se mette à me détester. Que ça change nos liens, la confiance qu’il me porte. Il me dit tellement de choses. À faire envier n’importe quel parent, je vous jure.

Bon d’accord, je n’aurais peut-être pas dû y aller avec l’alcool fruité hier soir pour accompagner mon questionnement. Pardon, mon questionnaire. C’était ça ou une clope…


Posted by Miss Klektik :: 05:57 :: 7 commentaires
---------------------------------------

dimanche 17 juin 2007

Dix vagues

J'aime retrouver de vieilles idées, de vieux textes. J'en ai tellement jeté, je ne croyais pas pouvoir m'en refaire une autre série presque aussi grande. J'en ai jeté pour mettre fin aux histoires puis parce que les yeux indiscrets voulaient toujours voir. Moi aussi je me demandais ce que l'autre pouvait bien cacher dans cette énorme boîte en bois fermée à clefs. Un jour, j'osai demander. Toujours s'assurer avant de poser une question, que l'on soit prêt à entendre la vérité. Parfois, je décide pour les autres, de ce que je crois qu’ils peuvent ou veulent entendre. Ou les deux. Alors je m’impose des silences ou je m’autocensure au nom d’une fausse normalité. Partagée entre celle que je suis, celle que je crois que je devrais être, celle que j’aimerais être et celle que j’ai été… je me demande combien de temps…

J’ai une envie de m’envelopper dans ce que ces sons provoquent en moi. Besoin parfois des extrêmes pour apprécier et me sentir en vie. Ce besoin de recréer et d’espacer encore ces palpitations cardiaques. Besoin de soleil et de mélancolie. Les deux à la fois. Les deux en même temps. Je pèse mes mots comme jamais, mais je n’ai pas la force d’être vulnérable tous les jours. Je sais que seule dans le noir, je ne peux pas me mentir. Je change mon discours. Si je quitte avant le lever du soleil alors je reste la maîtresse de la situation. C’est quelque chose que les hommes m’ont appris. Les matins m’adoucissent et ma folie me codifie.


Posted by Miss Klektik :: 09:48 :: 8 commentaires
---------------------------------------

mercredi 13 juin 2007

L'histoire de la clôture

Les mains agrippées à la clôture en acier. La tête baissée. Les yeux clos. Le vent sans direction précise formant une tempête dans mes cheveux qui s’emmêlent dans tous les sens. Je reste accrochée à la structure argentée en silence. Derrière moi, il se tient droit. Son arme à la main, je sais qu’il me regarde, mais je ne sais pas comment. Je sens son hésitation sans la voir. Les larmes coulent sur mes joues creuses de toutes mes privations sans faire un bruit. Je voudrais qu’il m’afflige ce dernier coup parce que c’est lui qui me ressemble le plus, parce que c’est lui qui se laissait battre par mon petit moi qui se pensais si grand dans la cour car il m’aimait bien. Je me demande si je sentirai mon corps capituler ou si le son se fera entendre en premier. Je me demande combien de temps je resterai volontairement enchaînée. Je serre les mains jusqu’à laisser une marque de ce grillage sur ma peau. J’impose ma carcasse à la barrière pour m’assurer qu’il reste encore quelque chose à sacrifier. Le moment me semble si près et si loin à la fois. Son corps se rapproche du mien. Je l’entends craquer. « Je n’y arriverai pas » qu’il me murmure à l’oreille avant de s’écrouler au sol complètement trempé, mais mes mains n’ont pas envie de lâcher... pas même pour le consoler.

Posted by Miss Klektik :: 20:04 :: 8 commentaires
---------------------------------------
Le Plateau et ses plateauriens

Ces temps-ci, j’aimerais retourner sur le Plateau. C’est peut-être à cause que je vieillis et que je veux me rajeunir. C’est peut-être parce que je n’ai plus peur de croiser K. en marchant sur Mont-Royal même si je préfère Laurier maintenant. C’est peut-être parce que je veux offrir un petit plus à mon garçon que mon quartier ne peut pas offrir. Il a la base, maintenant je pourrais lui offrir un autre côté à son éducation en faisant une immersion Plateaurienne. Ou bien je pourrais sortir n’importe quel prétexte pour me déplacer dans ce coin, là où j’avais choisi de vivre mon émancipation.

Je les ai fuis parce que j’en avais plus qu’assez de les entendre avec leurs restos, leurs cafés, leurs endroits si branchés. De la pure jalousie je l’avoue car on est tout sauf branchée lorsqu’on est une nouvelle maman, surtout seule et c’est malheureusement le genre de chose qui se remarque assez rapidement. Et je dois dire que j’en avais un peu contre le Plateaurien célibataire et sans enfants moyen, mais ils semblent bien vieillir sans nécessairement s’assagir ni perdre de ce qui les sépare des tartistes des autres quartiers. Mais voilà, ça me manque. Peut-être bien l’an prochain que je me dis… Une résolution que je n’aurai pas tenue cette année.

Et mon gars qui me dit : « Et si on déménageait à New York maman? »


Posted by Miss Klektik :: 05:51 :: 5 commentaires
---------------------------------------

mardi 12 juin 2007

Les mouches

Ça fait bzzzz dans mon crâne. Trop d’idées se bousculent pour ne laisser place qu’à l’une d’elles. Je les laisse aller, j’observe comme si je n’étais pas la propriétaire de cette tête un peu têtue. Je n’ai qu’une envie : profiter du bruit.

Et puis je me trouve amusée par des mouches qui copulent sur des mots écrits dans une langue étrangère. Les lettres parlent peut-être de ces mouches qui se chevauchent sans se questionner sur les pages noircies par des idées fortes et probablement saugrenues pour inciter ces bestioles à se livrer ainsi. Deux minuscules esprits qui pourtant, resteront vierges grâce à ces milliers d’yeux analphabètes.

Mes yeux à moi se posent sur sodomiser les diptères à la recherche d'expressions nouvelles pour détailler le monde que je vois, pour que mon esprit pense en synonymes aussi vite que le tir de Lucky Luke. Décidément, la langue française a de ces bijoux qui me feront toujours sourire.


Posted by Miss Klektik :: 19:54 :: 0 commentaires
---------------------------------------

lundi 11 juin 2007

La victimite aiguë

Je cache mes yeux bouffis et rougis sous des épaisseurs de maquillage et derrière des lunettes qui ne sont pas assez opaques. Je voudrais croire qu’un jour les rayons du soleil traverseront ce corps usé et abusé, mais je n’y crois plus. Je ne fais qu’attendre dans un état semi comateux que les clous de cercueil ferment définitivement ma dernière demeure. Je repasse ma vie en images. Je suis morte tant de fois, mais quand je meurs, il n’y a que moi pour donner ou retirer l’importance de mon assassin. Ce n’est pas le temps ni le vent, c’est moi. Que moi. Le pouvoir est encore mien même lorsque mes mains sont vides.

Des années plus tard, je ne tolère toujours pas les crises de victimite aigues qu’elles soient féminines ou masculines. Je n’irais pas avec une phrase typique à la « on a le pouvoir de choisir » parce que je me souviendrai toujours de cet homme qui disait que les enfants morts-nés n’avaient probablement pas fait ce choix pas plus que ceux qui sont nés handicapés. Et de penser que ces gens naissent que pour donner une leçon de vie aux autres, c’est encore plus triste que de s’avouer que la vie et la mort n’ont pas besoin de raison pour exister, créer et détruire.

Il m’a eue. J’ai lu cette phrase quelque part en me promenant plus loin que mes lectures habituelles récemment. C’est plus fort que moi, ça reste coincé au travers de la gorge. Je donnerais volontiers un coup de bâton à celles qui croient que l’univers conspire contre elles. C’est peut-être parce que je viens de si loin, d’un endroit si noir – le néant - que les bonheurs et les plaisirs aussi petits puissent-ils être arrivent à m’arracher un sourire facilement. C’est peut-être parce que j’ai vu la mort de si près qu’elle ne m’effraie pas plus que lorsque je l’attendais les yeux grands ouverts en souhaitant qu’elle me gobbe toute entière en un rien de temps. Le temps qui tue la verve? Non, il ne fait que l’enrichir. Ce n‘est qu’une question de perspective. Et puisque j’ai le pouvoir de choisir, j’assume aussi mes choix.


Posted by Miss Klektik :: 22:28 :: 6 commentaires
---------------------------------------

dimanche 10 juin 2007

Petites bulles

Noyer les œstrogènes dans les corps, c’est ce qui me va le mieux, c’est là où la complexité laisse place à l’inventivité d’une cité aventurière. L’immense talent de me décorer de barbelés parce que les murs prennent trop de temps à faire tomber. Je n’abandonnerai jamais totalement, mais je reviens rapidement à cette pensée que l’on ne me laisserait peut-être pas circuler librement si je vidais ma tête facilement sur les trottoirs de la ville. Les éclaboussures de roses et de noirs pourraient s’entrechoquer et choquer les pauvres habitants habitués à la grisaille et à la froideur des constructions vitrées.

J’ai la chance d’avoir l’inspiration partout autour de moi. Des bulles qui éclatent au contact d’autres dimensions. L’artiste torturée qu’on m’a gentiment pointé. C’est peut-être le mot artiste qui me fait sourire. Ou les souvenirs de Virginia Woolf en mots et en images reconstruites. Il y a tant de choses qui fascinent. Tant de gens. Tant d’émotions. La vie est riche, mais parfois avare de ses richesses. Et moi, je suis avare de ces pensées, de ce monde qui m’appartient. Parce que c’est là où je m’enfuis avec papiers et crayons lorsque l’intensité surpasse en électricité le voltage recommandé. Et c’est dans cet endroit que se terre ma plus grande intimité.


Posted by Miss Klektik :: 20:41 :: 2 commentaires
---------------------------------------

samedi 9 juin 2007

Shop-o-holic

Moi qui pensait avoir fait un pas de géant avec mes quelques chandails laissant entrevoir… non, en fait à ce stade on ne parle plus d’entrevoir ni deviner… laissant paraître les deux énormes melons faisant office de poitrine. Eh bien il ne suffit que d’une soirée magasinage un quart centre-ville au milieu des bronzés du grand prix et trois-quarts plaza pour recevoir une bonne dose de réalité au visage.

- Ça ne fait pas madame?
- Euh… eh bien non.
- Vous me permettez de vous demander qu’est-ce qui ne fait pas au juste?
- Ça. (Et je lui fais un encadré de mes seins avec les doigts.)
- Je vois, qu’il me dit en souriant. Ce n’est pas vraiment un problème. Je vais essayer de trouver quelque chose pour vous cacher ça, qu’il continue comme si chaque nouveau mot ajouté était un prétexte pour continuer de regarder sans passer pour le pire des cochons. (En fait, je sais, c’est toujours pareil à cette boutique et c’est pourquoi j’y retourne toujours, même si je n’y ai jamais rien acheté. Le linge ne fait qu’aux filles à petite poitrine, mais le monsieur est si gentil et il m’a dit qu’il aime les gros alors j’arrête à chaque fois dans l’espoir de me trouver un morceau éventuellement ainsi que pour me remonter l’estime en passant quand j’en ai besoin.)

Puis, dans une autre boutique…

- Je peux vous aider?
- Tout à fait. Je cherche quelque chose de joli pour les yeux, discrètement sexy, rien de trop trash ni trop voyant, quelque chose qui passe partout, mais qui ne se fond pas nécessairement dans la masse. Idéalement quelque chose de noir… j’accepte aussi le rose. Quelque chose qui avantage, dans ma taille. Peut-être un peu classique ou un peu funky. (Je suis un vrai cauchemar pour ces vendeuses qui osent offrir leurs services.)
- Essayez donc celle-là.
- Nah. Je peux te dire tout de suite, le décolleté, oublie ça. Ça me fait trois pouces de craque. J'en ai essayé plein. Le boobs show extrême, je te dis. Ce n’est pas moi. Une fois de temps en temps. Au bon moment et au bon endroit, mais pas cette fois. Je pourrais y perdre ce que je mange trop facilement et devoir aller le rechercher à deux mains.

Les filles étaient mortes de rire. Mon gars, au bord du désespoir. Après tant de boutiques, tant d’arrêts, tant d’essayages. Tout ça pour trouver le nouveau morceau cute, mais pas trop. Quand on ne trouve rien de beau après autant de boutiques, c’est un signe qu’on magasine trop à l’intérieur d’une même saison. Et oui, finalement, mes boobs et moi avons trouvé le vêtement idéal.

Posted by Miss Klektik :: 08:49 :: 4 commentaires
---------------------------------------

jeudi 7 juin 2007

Broder rend corps à sa propre caricature

J’ignore ce qu’elles trament dans mon dos. Ce pouvoir qui refait surface sur ces eaux tumultueuses. Une main qui confesse sa volonté dans la noirceur la plus incertaine. Une mèche de cheveux colorée qui tombe devant les yeux pour voiler un regard étoilé qui laisse deviner une trop grande sensibilité. Je ne veux pas qu’on voit, mais mes talents de comédienne sont plus que limités. Gonfler sa poitrine à l’écoute de ceux et celles qui racontent des histoires dans lesquelles on se reconnaît. Laisser entrer un peu d’air pour oxygéner la sensualité puis s’en priver pour la signification. Se noyer dans la mélancolie des autres. On vante la force et la puissance du verbe être en dénigrant l’avoir alors qu’au fond de nous l’être ne peut pas continuer de rêver sans avoir… On s’invente un début, une histoire et une fin pour satisfaire sa faim. La mort est éminente et inévitable, je le sais et je l’attends, mais elle ne sera jamais surprenante. Et c’est toujours au son du Tic! Tac! que s’effacent les restes d’espoirs accrochés à la peau.

Je déteste tant ce temps qui tend à métamorphoser mes figures de style, ma figure, mon style. Ces tracas anciens qu’il laisse sur mon corps. Cette bataille perdue d’avance des tissus qui se disputent pour rester fiers. Je m’obstine au combat en me fouettant le cerveau d’images lascives, de mots euphoriques et de sons avoués. Je recrée sans cesse l’expression de ses lèvres, de ses yeux sur ma chair dénudée qu’il aura soigneusement déshabillée de ses talents d’artiste caché. Dévoilant ainsi l’évidence de sa connaissance ou savoir exactement où creuser pour trouver l’essentiel. Juste là, au milieu de ce corps pour lequel j’avais accepté l’introduction de la torpeur. Il n’y a qu’en tentant de lire Racine que je ne vois pas le temps s’évader petit à petit.


Posted by Miss Klektik :: 19:53 :: 2 commentaires
---------------------------------------

mercredi 6 juin 2007

Parce que ce n'est jamais simple

Ce matin, j’ai oublié pourquoi j’écris…

Posted by Miss Klektik :: 06:25 :: 5 commentaires
---------------------------------------

mardi 5 juin 2007

Le sommeil

Le sommeil, cette étrange bibitte qui nous glisse parfois des mains. On a beau avoir de la difficulté à soutenir la tête avec notre cou, si elle décide qu’elle se roule dans des idées, il n’y a pas grand-chose pour la calmer.

Alors la pauvre propriétaire de ce corps gentiment épuisé se trouvera à souffrir sous une masse immense de pensées philosophiques et existentielles pour des raisons précipitées ou accentuées par les hormones femelles. Ces femmes qui ont toutes de la grande dramaturgie qui circule dans les veines. Surtout celles qui écrivent parce que ça prend un côté théâtral pour s’écrire des histoires et y croire.

La nuit durant, la bibitte tentera de s’échapper à intervalles irréguliers pour rappeler que sa présence n’est jamais certaine. Les chiffres changeront, mais le temps semblera s’étirer. Plus il passe, plus la nuit sera courte et plus elle raccourcit, plus il devient difficile de s’imaginer que le bruit désagréable du cadran saura nous tirer du pays des rêves. Puis au matin, la bibitte s’installera dans un coin du corps et laissera un visage cerné et des yeux rougis nécessitant une fois de plus des doses exagérées de caféine pour arriver au bout de la journée.


Posted by Miss Klektik :: 05:46 :: 6 commentaires
---------------------------------------

lundi 4 juin 2007

Parce qu’on m’a taguée aussi…

Deux fois en plus. Ghost. Et puis Chocolyane. Vous n’en aurez pas quatorze quand même.

Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «tagués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. Vous devez «taguer» sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Vous laissez alors sur les blogues de ceux que vous souhaitez «taguer» un commentaire leur indiquant qu’ils ont été «tagués» et les intimant à lire votre blogue.

  1. Je suis une impatiente qui s’impatiente à juste essayer de patienter.
  2. J’ai déjà cru que je pouvais tout faire, que la vie ne m’imposerait jamais de limites. Et parfois, ça me pogne encore.
  3. J’aime apprendre et je déteste les gens qui sont confortables dans l’ignorance depuis aussi longtemps que je me souvienne.
  4. Ça fait plus d’un an que j’ai arrêté de fumer et j’en fumerais encore une maintenant. Ce n’est que l’orgueil qui m’en empêche parce que je ne veux pas recommencer à compter de zéro.
  5. Je suis maladroite dans mes contacts avec les gens. Parfois maladroite tout court. Les craques de trottoir et les talons de mes bottillons préférés sont incompatibles. Il faudrait refaire les trottoirs de la ville.
  6. Si vous voulez me faire faire quelque chose, commencez par « J’ai un défi pour toi… » ou « T’es pas game de… ». C’est assuré que vous réveillerez quelque chose en moi au détriment de la logique et du bon sens (et parfois même du bon goût).
  7. Je développe facilement des dépendances à des saveurs et des odeurs, mais j’ai assez de volonté pour m’en défaire lorsque vient le temps de lâcher prise. Malheureusement, je n’ai pas encore la sagesse pour empêcher ces dépendances avant qu’elles louent une partie de mon être.

Je me suis demandée qui participerait de bon cœur. Et je n’en ai pas trouvé sept. Alors ceux qui en ont envie, allez-y.


Posted by Miss Klektik :: 18:14 :: 5 commentaires
---------------------------------------

dimanche 3 juin 2007

Elle

Elle et ses histoires inventées. Pour un mot, un monde. Une phrase, un univers. Elle, toujours à moitié nue devant l’individualité à se donner des raisons de garder couvert ce qu’elle aime de l’humanité comme si ses goûts et ses attraits seraient si uniques. Comme si on ne pouvait pas aimer chez elle ce qui la fascine chez les autres. Une vision qui lui est propre, tordue par d’autres réalités qui perdent de leur valeur au fil du temps. Les traces des passages qui s’effacent. La nuit, elle regarde parfois ce ciel qu’elle connaît vaguement aux étoiles qu’elle peut compter sur ses doigts. Elle sait que leur destin est intimement lié. Briller, brûler et s’éteindre pour ne laisser qu’une ombre que seuls ceux qui l’auront vue, ou qui entendront son histoire, seront en mesure de reconnaître. Il n’y a que le sommeil qui manque à l’équation pour lui permettre de se recréer sur papier des centaines de pages d’elle littérairement modifiée. Elle veut laisser tomber sa tête et savoir qu’il y aura autour d’elle à son réveil, ce qui existe et ce qui résiste… sa vie à elle.

Posted by Miss Klektik :: 20:14 :: 2 commentaires
---------------------------------------
In a moment



Elle le désire. Elle l’entrevoit. Elle le crée. Elle se l’invente. Elle court. Elle fuit. Elle hésite. Elle fige. Elle revient. Elle croyait être la seule… avec ce moteur qui carbure à l’essentiel.

Inadaptée égoïste, elle a accusé les chocs intérieurs de lui créer des peurs pour des riens qu’elle rempli d’autres riens jusqu’à ce qu’elle tienne un ballon de n’importe quoi dans ses mains. Elle a envie de le lancer, de le crever, mais elle le regarde le visage froid. Sa véritable envie n’a pas encore trouvé sa voix. Sa gorge qui agit à titre de sphincter pour ces eaux usées qui veulent s’échapper. Elle donnera le droit de passage qu’à l’une d’entre elles et elle la tuera de sa main pour se faire croire qu’elle a encore le contrôle.

Effrayée, elle s’est laissé raconter l’histoire du bol de café jamais soulevé. Ce même moment, les mains de femmes tremblantes parce qu’il n’y a tant d’intensité dans cet instant précis quand il peut se vivre ainsi. Les yeux comme dans les dessins animés japonais. Cet espace où elle choisit volontairement et pleinement de dire « Je suis à ta merci » non sans avoir livré bataille une dernière fois à celui qui crie de l’intérieur et qu’elle a essayé de taire.


Posted by Miss Klektik :: 12:30 :: 3 commentaires
---------------------------------------

vendredi 1 juin 2007

Citation of the day

My own brain is to me the most unaccountable of machinery - always buzzing, humming, soaring roaring diving, and then buried in mud. And why? What's this passion for? (Virginia Woolf)

Posted by Miss Klektik :: 06:00 :: 2 commentaires
---------------------------------------