Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


vendredi 27 juin 2008

Déménagements

C'est bientôt l'heure de partir. Quitter cet endroit pour m'installer ailleurs. On ressort les souvenirs que l'on aura laissés dans les fonds de garde-robe. (Merde! Ce qu'il en a des affaires tassées là-dedans!) Moi qui n'avait pas fait de ménage de printemps exprès. Alors j'ai repensé à toutes ces fois que j'ai déménagé. Ceux que je me souviens. Ceux que j'ai fait depuis que j'ai quitté le domicile familial.

J'avais seize ans presque dix-sept. Toutes mes affaires étaient dans d'immenses sacs verts sur le bord de la porte. «Tu peux aller voir en bas s'il y aurait des choses qu'on aurait oubliées.» Retrouver ma chambre complètement vide. La soeur en train de manger qui me croise et qui dit «C'est qui elle?» parce qu'elle ne me reconnaît plus depuis que je suis partie.

De Mascouche à Longueuil. Le peu que je possèdais rentrait dans une voiture. Puis dans les quatre tiroirs qui m'étaient réservés dans la maison d'hébergement pour jeunes en difficultés. Partir de là quelques mois plus tard, émancipée à dix-sept ans. Me retrouver dans un petit logement sur le Plateau avec un bel avenir devant moi. C'est là où j'ai croisé la route de Kamel, sur un coin de trottoir sur Mont-Royal.

Parcourir les petites annonces pour vivre en colocation. Tomber sur une photographe anorexique. Parcourir les petites annonces pour vivre en colocation. Tomber sur le meilleur coloc ever. Recevoir une invitation de colocation d'une amie du secondaire. Retourner sur la rive-sud. Perdre son amitié et faire de nombreuses variations de colocs et autres histoires intéressantes. De mon angle, écrasée à terre. Partir sans savoir où aller. Me retrouver juste à côté. Puis déménager encore juste à côté. À pieds.

Quitter encore pour revenir en ville à quelques rues du nouveau prétendant. Partir en milieu d'année pour vivre avec le nouvel amoureux. Retourner à l'ancien logement par obligation. Parce qu'on aura crié trop fort «Ben c'est ça, je vais déménager!» pour gagner une dispute et s'étonner qu'il n'y ait que le silence pour riposter. Partir pour plus grand, pour respirer et retrouver une liberté qui s'est échappée. Rester cinq ans à contempler des murs blancs.

Et maintenant, me rapprocher du coeur de la ville par amour. Celui que j'ai pour Montréal, sa diversité, mais surtout... l'amour que j'ai pour mon garçon et la qualité de l'éducation qu'il pourra trouver dans l'école que j'ai choisie. Je n'aurai jamais déménagé pour une aussi bonne raison. Mais ils disent que c'est l'un des pires quartiers de la ville. À suivre...

Posted by Miss Klektik :: 07:16 :: 6 commentaires
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