Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


jeudi 3 juillet 2008

Ces craintes qu'on tait

Deux inconnus. Un homme musclé comme j'en vois rarement. Une femme bien en chair et souriante. Elle entame une conversation sans prévenir.

- Ça fait longtemps que tu t'entraînes?
- Trois ans.
- Wow! (La femme poke le bras de l'homme musclé. Il y a vraiment des gens qui pokent les autres à l'extérieur de Facebook.) Ta blonde, elle doit être contente, hein?
(Subtil, me dis-je)
- Hmm...
- Pis t'es comme ça partout?
- Ouais. (Et il se met à rire.)

Je me perds dans mon univers. Fixer la feuille qui tremble. Ce ne sont pas mes doigts, mais la ligne verte qui en est l'unique responsable. Marquer le calendrier imaginaire de chaque observation. Tous les jours se terminent en potentiel danger. Chaque petit carré est une bombe à retardement. Le pénis devient alors un corps étranger menaçant. Le sperme se fait l'ennemi craché qui peut chambouler bien des vies. J'ai maintenant peur de baiser. J'apprivoise doucement mes envies et je traîne un calendrier dans mon cellulaire pour me rappeler l'importance des mathématiques au secondaire. C'est une question de tangente.

La femme raconte à l'homme musclé comment un homme avec un corps semblable au sien, l'avait prise par la gorge et tenté de l'étrangler. Je ne remets même pas son histoire en doute. Sur la ligne verte, il faut savoir que tout est possible. Je me dis que sa soudaine approche doit faire partie d'une démarche thérapeutique ou d'un processus pour vaincre ses peurs. Puis je me dis que j'ai de drôles de façons d'affronter, de vouloir contrôler et de vaincre les miennes.

Cet été, je marcherai sur le Pont. J'irai même m'y installer au milieu d'araignées pour un soir de feux ou deux. À la maison, bien peu me sépare du cirque qui prend en otage les rues de mon quartier la nuit. Me voilà enfin décidée à aimer avec la même puissance d'abandon, mais toujours réveillée par des cauchemars en pleine nuit. Des rêves affreux de mon ventre qui tire de l'intérieur et de ma propre mort. C'est un temps de changement, de renouveau. Je suis heureuse, je souris. Ma peine, je la confine à mes écrits. Et je continue de baiser.

Posted by Miss Klektik :: 17:51 :: 4 commentaires
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