Name::Miss Klektik From::Montreal, Québec
Pas toujours jolie. Not always flying. Mais toujours cette joie de partager de petits et de grands morceaux de ce moi en deux couleurs. Reborn after a creative literary suicide. View my complete profile
Je sors de la rue. Je pose le symbole de mes revendications secrètes sur ma tête. Mon rose est mat, même mes lèvres perdent de leur éclat.
Je perds mon temps à creuser à l'intérieur de corps vides, des cadavres animés par leurs souvenirs qui viennent continuellement les dévorer jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Je cherche l'invisible alors que mes mains se brûlent dans l'acide chaque fois que je veux m'échapper de cette prison organique.
Peut-être est-ce mon corps qui, au-delà de sa propre capacité, est bourré de leurs saloperies. Mais moi au moins, je suis en vie. Je sais que tu m'envies.
Garde-moi de mes désirs ardents. Le feu en moi devient incontrôlable et c'est maintenant à moi de te refroidir.
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23:29 ::
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Un monde à mon image
C'est maintenant que je voudrais te voir. Alors que tu regardes en arrière et que je suis toute à l'envers. Cet instant précis où nos rêves et nos échecs nous définissent. Il n'y a que ce moment pour nous promettre une réelle amitité. Quand tout semble aller de travers, quand on se perd et qu'on voudrait être partout sauf à l'endroit où on se trouve. En passant une main doucement sur mon ventre lorsque la soirée avale mes dernières heures de sommeil, je sais que je n'ai plus la force de m'engager. Allons se réfugier ensemble dans le fond des bouteilles et racontons-nous nos plus belles histoires. Et si on réinventait le monde à notre façon, selon nos propres couleurs? Ma terre serait rose est mes eaux seraient noires. Peux-tu saisir l'importance de mes silences et ces mots que je prononce? Viens prendre un verre avec moi, j'ai besoin d'oublier qui je suis.
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06:13 ::
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lundi 25 février 2008
Fast lane
Elle n'a pas changé. Elle s'emporte une autre fois un peu trop vite. Elle n'est plus aussi frivole qu'il y a longtemps, mais elle est encore folle. Elle tremble devant une chute présumée alors elle se précipite d'elle-même dans le vide en se fermant les yeux. Et que dire de l'angoisse que le train lui passe sous le nez, alors elle cherche à foncer, mais la dépêche n'est plus à la mode. Chaque fois, elle se retrouve le nez sanguinolent de s'être attaquée à un mur de briques rouge des précédents accidents. Un jour, son temps viendra. C'est ce qu'on lui dit lorsqu'elle se morfond dans son ennui et cette confortable mélancolie. Elle ne compte plus sur personne parce que les jours ne font que passer et se ressemblent tous un peu trop, comme les gens. Elle s'hasarde à sourire au soleil, mais elle sait qu'elle demeure une créature de la nuit et personne pour oser l'approcher. Ce soir, elle n'aurait qu'une seule envie. Que quelqu'un la prenne dans ses bras et lui dise qu'elle est belle, désirable et aimable dans la même phrase, pour faire résonner en elle ce qu'elle s'acharne depuis toujours à ne pas laisser crever.
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22:41 ::
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dimanche 24 février 2008
Là-bas, ici, où on s'en va
Combien de désappointements avant de les iradier complètement de nos coeurs? Petit à petit, ils s'effacent d'eux-mêmes. Pour apparaître comme pour disparaître, ils sont l'emblème du moindre effort. Ces hommes qui nous ont enseigné à jouer les insensibles, ont appris de nous à mentir, mais ils ne savent pas encore comment s'en servir. Ça fait longtemps, mais cette fois, je refuse d'ajuster mon regard pour simplifier ce qu'ils rendent compliqué. Et ils m'ont rendue exténuée.
Leur language me colle à la peau. Les filles sont belles et m'interpellent. C'est comme si le printemps arrivait plus tôt cette année. Cette quête tranquille où je ne me sens plus essouflée, éveille en moi de vieux souvenirs. La légèreté gagne un nouveau sens lorsqu'elles s'ouvrent avec ces sourires coquins. On dirait que tous les mots reprennent leur subtile différence. Je poserais mes lèvres sur les siennes sans considération pour le monde extérieur. Même si l'exploration est rouillée, le présent se prête plus que ce que je croyais et ce qu'on m'a fait croire à l'abandon. Je me laisse glisser en écoutant mes instincts. Je marche enfin dans une direction dans laquelle je n'ai pas besoin de jouer à être quelqu'un d'autre.
Lorsque les prémices laissent des traces dans la neige froide, les mots se font timides face à un chemin dont personne ne connait encore l'aboutissement. Peut-être n'y aura-t-il rien à raconter au bout du périple, mais l'instant présent fait revivre des joies inespérés en cette période de l'année. Me voilà donc à nouveau devant l'inconnue à accorder différemment, enfin, les adjectifs qui soulignent mes paysages incertains. Des promesses crééent de toutes pièces pour satisfaire mon imaginaire. J'ai peur, plus que jamais, d'emprunter cette voie. De choisir les yeux ouverts et le sourire aux lèvres, cette route complexe et délicate. À notre image, probable. Définitivement ou pas. Je me dirige, à chaque pas, la tête haute. Je désire être la sommme de mes choix et non la résultante d'une série d'actions sur lesquelles je n'avais aucune maîtrise. Et si je n'avais jamais autant été moi-même qu'à cet instant précis?
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mercredi 20 février 2008
Whatever you like
Je décrirai comme je m'estime. Ressentir les ondulations invisibles d'une vie passée à écrire. Étourdie, je trébuche sans cesse sur ces souvenirs qui dirigent ma conduite. Je m'éventrai publiquement et j'emporterai avec moi des morceaux de tous ceux qui se sont évaporés. Des coups de poignards dont vous m'avez affligés jusqu'aux coups tard le soir que vous m'avez forcée à quêter. Je n'en suis pas à mon premier péché. Les paumes sur le plancher, je n'ai qu'à me retourner pour observer le soleil sans craindre la gravité, sans appréhender la tombée. Je vous regarderai brûler en attendant mon tour. Je ferai parfois comme si vous n'aviez jamais existé pour jouer à faire semblant. Incapable de me dissocier de mes désirs transformés, je me dessine en cible pour les mésadaptés. C'est ma chanson. Elle sonne sur mon cell depuis des mois quand vous m'appelez et je n'ai toujours pas envie de la changer. Allons danser.
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21:28 ::
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mardi 19 février 2008
Facebook
Je déplace le curseur dans le rectangle blanc en faisant glisser ma souris de la main droite. J'aurais aimé être gauchère ou gauchiste, ça m'aurait permis de faire les choses autrement. J'ouvre ma liste. Vous savez, la liste? Comme celle de Vicky Miner dans Reality Bites. Sauf qu'en plus, j'en ai fait une brève analyse en débutant par des pourcentages. 10% se sont produit sans mon consentement, 20% étaient des artistes ratés, 90% étaient des hommes... Je parcours donc cette liste et je retrouve quelque part vers le bas de l'énumération chronologique (c'est que je suis d'une sagesse depuis qu'il s'est enfui), l'enchanteur. J'écris son nom aussi vite que possible pour m'éviter de changer d'idée. J'appuie sur entrée en fermant les yeux. Et lorsque je les ouvre, je le retrouve. Comme j'avais rêvé de ce moment, j'ai maintenant l'impression de nager en plein cauchemar. Ce visage froid, ces sourcils épais, ce regard constamment à la recherche de quelque chose, fuyant même l'objectif de la caméra. Je pourrais m'arrêter là, mais je pousse encore. Je lis chaque information, extrait le moindre détail. Devant son activité favorite, je fige. Il aime jouer avec son enfant pour passer le temps. J'aurais voulu qu'il n'ait jamais d'enfants, qu'il ne connaisse jamais les joies d'être parent. J'ai soudainement l'envie de le détruire. De le séduire. De l'amener au bord du gouffre et de le laisser tomber. Le regarder tomber. Je me contente de fermer FireFox et d'écouter une série américaine pour lesbiennes.
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19:05 ::
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lundi 18 février 2008
Pourquoi je marche avec des talons au milieu de la voie ferrée
Engloutie, dans l'abysse de mes réflexions. L'univers s'obstine à me rappeler son absence. Je ne veux pas passer ma vie à oublier. Alors je cours sans remords afin de le semer. Traverser cette frontière qui me séparera enfin de ce qu'il a déjà été. Ce qu'il n'est plus ou ce que je ne vois plus. Lorsque les déceptions se succèdent, l'authentique déclin ne décoit plus. Je ferme les yeux pour m'empêcher de regarder. Je compose industriellement avec les mots pour occuper mes doigts aimantés aux numéros. Encore et encore cette faiblesse stupide. J'ai peur de tuer l'avenir en décrivant mon imaginaire alors je m'oriente vers un passé récemment décédé. J'assassine. J'écris pour abattre alors que j'avance doucement sur la pointe des pieds. Subtilement pour qu'on ne me voit pas avancer vers elle. Meurtres et douceurs m'accablent d'une vérité que je souhaiterais balayer. La convoitise, la muse, je m'égare, mais son visage m'enchante. Mensonges et résolutions à moitié tenues, je cherche mon coin de paradis perdu dans un contenu littéral, une enveloppe opposée. Mais malgré ma timide agilité, j'ai peur que tout glisse et entendre une fois de plus le son du verre brisé.
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18:39 ::
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samedi 16 février 2008
Qui suis-je?
Blogueuse? Raconteuse? Écrivaine? Journaliste? Recherchiste? Relationniste? Secrétaire? Adjointe? Exécutante? Avenante? Je veux me forger les moyens de décider de mon identité professionnelle. Je veux retourner à l'école, à l'université.
Au coeur du Village. Est-ce que je sais d'avantage ce que je veux sur la plan personnel? Un homme ou une femme? Mon regard s'égare encore. Cette jolie brunette a la poitrine qui repondit à chaque pas qu'elle fait. Ça ne m'en prend pas plus. Je veux une femme. Un homme rappelant vaguement un coup de coeur intense passe devant moi. Peu importe l'âge, je flancherais. Les résolutions changent au gré des visages. Et puis, la conversation tourne autour de Luc qui devient Lucie la lesbienne les week-ends et avec qui je partagerai bientôt un souper et...
Dans une taverne entourées de mâles effiminés, New York City Girl prend un Cosmo, je prends une Molson Dry. Je m'adapte à mon environnement. J'aimerais une coupe de cheveux comme Shane. Elle dit que j'aurais l'air d'un garçon, que je devrais opter pour Alice la bisexuelle devenue lesbienne. Elle prétend être la fille. Je prétends être le garçon, mais je sirote encore ma bière comme une fille, dans un verre.
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vendredi 15 février 2008
Réflexions de fin de soirée
Tristesse incompréhensible pour le commun des mortels. J'erre encore, à l'abri des nouvelles interactions. Je réchauffe mes mains sur ma théière pour laquelle je choisi les infusions en fonction de sa mémoire. Je me demande pourquoi je n'en ai pas fait autant pour moi. J'ai peur de retomber amoureuse. Coupée du reste de l'humanité, le nombril qui saigne. Ma perception passe encore par la vision du monde. Si je modifiais mon attrait des hommes, changeriez-vous votre éducation?
On se prend un nom inventé pour ne pas avoir à défendre une identité virtuelle, mais voilà que la blogosphère nous accable d'une réputation. Facile. Ce soir, je me plonge dans un roman. Je m'évade de vous. De vos regards. De vos jugements. Ce soir, je m'allonge dans mon lit trop grand et trop froid, le seul endroit où je me permets encore de rêver à quelque chose de grand. En attendant l'homme qui sera capable de me prendre complètement. D'ici là, je m'éparpille en fragments et je ne me donnerai jamais entièrement. Vous ne pouvez pas me juger, c'est vous qui m'avez appris comment.
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20:54 ::
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Touchée
J'ai commencé à lire ses quelques mots et je n'ai pas su m'arrêter. L'histoire de la petite Pas ok qui devient Poquée. Flash-back en arrière.
Dans les banlieues, les parents veulent des enfants parfaits à l'image des gazons qu'ils entretiennent. C'est pourtant dans ces endroits que se cachent les plus grandes imperfections. Derrière ces sourires charismatiques, des centaines d'histoires qui finissent par se ressembler et autant d'impuisance. Ils disaient aux jeunes de parler à un adulte de confiance, mais les adultes ne voulaient pas entendre. Ils ne voulaient pas entendre toutes les horreurs de nos vies en apparence confortables. Les silences étaient alors synonymes d'indifférence, croyait-on. Avec le temps, on comprend nos carences et les vôtres, mais on ne vous oublie pas. De juste avoir été là, quelques fois. Puis on apprend à saisir, le coeur toujours un peu lourd, que nos récits nous appartiennent. Tantôt valise, tantôt boulet, c'est à nous seuls de les transporter du mieux qu`on le peut. Merci à tous ces enseignants...
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16:04 ::
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jeudi 14 février 2008
Joyeuse St-Valentin
Je couche mon garçon un peu plus tôt. Je prends le temps de me faire jolie. J'enfile un vêtement pas trop confortable, mais sexy. Je me coiffe rapidement, je me maquille légèrement et je me parfume aussi. Je place quelques chandelles autour de mon écran d'ordinateur. Je tappe des lettres que je n'avais pas mises ensemble depuis un certain temps. Un quatrième nom, mais c'est toujours la même fille qui se cache derrière. Un dernier coup d'oeil au miroir. Je mets en marche mon appareil technologique, cadeau empoisonné de mon dernier amant de passage. J'applique mon gloss rouge et je discute calmement avec les gens présents. Ils sont maintenant quelques dizaines. Bukkake virtuel dans une salle pleine à craquer. Ma soirée de St-Valentin? Ni ennuyante ni déprimante, les moyens de noyer une solitude parfois trop pesante.
Je me suis presqu'étouffée avec ma gorgée de bière lorsqu'un ami m'a envoyé ça. Est-ce que mes amis me connaissent trop ou est-ce les filles qui se ressemblent toutes un peu trop?
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22:31 ::
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Useless post de mi-semaine
Il y a une vieille blague qui dure depuis que je la connais. Chaque fois que je vais quelque part avec New York City Girl, il se passe quelque chose d'étrange. Mettez-la n'importe où, dans n'importe quelle situation, les bizzaroïdes sont toujours attirés vers elle. Comme des aimants.
34 minutes dans un autobus nous emmenant d'un quartier d'ouvriers pas trop culturés à un quartier de gangsters de différentes nationalités.
Un téléphone cellulaire sonne. Tellement fort que la vibration de la sonnerie aurait pu ébranler un sourd qui dormait à l'autre bout de l'autobus. Instinctivement, je cherche du regard le propriétaire de cette arme sonore. Un vieux modèle LG, trois fois l'épaisseur de mon cellulaire-so-2006. La main qui le tient est plutôt neutre, mais la vision du reste m'enchante. Un manteau vert lime sur fond beige sali. Une tuque bleu marine avec des motifs en zig-zag à la base, comme une couronne de drag. Un visage caché derrière une barbe de négligeance pesonnelle et non de style. Et sur ses cuisses en jeans, un journal de Montréal. Je lance à New York City Girl: «Ce n'est visiblement pas un businessman.» Elle se retourne avec cette subtilité qu'on lui reconnaît et me répond: «C'est peut-être le VP de Greenpeace.»
Mais voilà qu'une mutinerie se déclanche à bord. Les passagers, manteau sur le dos, ont trop chaud. Le chauffeur essaie d'expliquer les raisons de cette chaleur estivale en plein autobus lorsque les protestations de font déjà entendre de toutes parts. «Vous êtes mal chaussés!» que lui lance une dame âgée lorsque le chauffeur tente de raisonner les passagers sur son besoin de conserver ses pieds au chaud. Le chauffeur propose une alternative invitante: faire un sondage à l'intérieur de l'autobus afin de déterminer démocratiquement la température ambiante à adopter, allant jusqu'à dire qu'il se rangerait du côté de la majorité.
Au beau milieu de cette cacophonie, nous pouvions entendre une personne qui avait le hoquet et qui semblait avoir oublié comment fermer la bouche. À chaque son, je ne pouvais pas m'empêcher de rire comme une gamine. Puis, il y avait cette rousse affreuse à côté de moi qui me faisait rire tout autant par sa laideur insoutenable. Pire que l'homme aux sourcils que j'ai reluqué trop vite après une soirée de beuverie. Alors que je cherchais mes mouchoirs de mon sac à main pour essuyer mes yeux tellement je riais, le téléphone de New York City Girl se mit à sonner. Et c'était nul autre que Linda.
Linda est une amie de New York City Girl que j'ai rencontré au travail, à l'endroit même où NYC Girl et moi sommes devenues amies. Par la suite, Linda et moi avons également partagé un travail: celui de gestionnaire de centre d'appel. Nous n'étions pas dans le même bâtiment, mais dès que l'occasion se présentait, j'allais la saluer et je vantais constamment son professionnalisme au travail. Quand j'ai quitté ce boulot, j'ai appris de source sûre (un homme qui potine comme une femme, c'est génial) que la dite Linda me détestait. Bitch. Alors depuis, je la déteste. Tout simplement parce qu'elle me déteste. I know, so mature. Mais une femme en PMS (ou qui se croit en PMS ou qui se dit en PMS) a tous les droits.
Physiquement, Linda ressemble à une femme ronde aux plus que généreuses courbes. Bref, une taille de Miss Klektik = une cuisse de Linda. Et cette dernière de dire «Ouf! J'ai tellement mangé que je pense que je vais avoir de la difficulté à rentrer sur la chaise au cours de ce soir» mais personne n'a encore osé lui dire qu'elle n'avait déjà qu'à peine une fesse pour tenir en équilibre sur la chaise en question. La prochaine fois, je prends le téléphone.
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19:57 ::
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mardi 12 février 2008
Les yeux fermés
D'aussi longtemps que je me souvienne, je n'ai jamais redouté son baiser. Je la cherchais, les yeux fermés, en traversant des routes peuplées de différentes mécaniques. Machinalement, j'avançais sans m'arrêter comme si ma course trouverait sa raison d'être dans le pouvoir des autres à m'achever, juste avant mon arrivée. Mais sans destination précise, mon périple n'arrivait jamais à terme avant ma déchéance.
J'écrivais l'ailleurs, le meilleur et je dessinais les autres sans visages et sans pieds. Des formes obscures commes des fantômes errant sur des terres inconnues. Je souhaitais que tout autour de moi disparaisse ou alors me fondre dans un décor en deux dimensions et aux lignes minimalistes.
Il n'y avait plus d'endroits où me cacher. Pas même derrière mes longs cheveux trop foncés. Et pourtant, je me heurtais aux portes que l'on fermait devant moi. Comme si je n'existais pas, déjà. Je souhaitais m'échapper, mais je restais sur place, contemplative, à regarder les symboles de ma haine sur le bord du quai. Je ne voulais pas finir comme eux. Je ne voulais pas perdre mon identité au profit des jours heureux.
Parfois, encore, je traverse les routes les yeux fermés. Pour l'affronter. Pour lui faire un pied de nez. Parce que je n'ai jamais eu peur qu'elle vienne me chercher.
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21:07 ::
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lundi 11 février 2008
Je marche encore
J'aurais aimé ressentir un léger pincement. As-tu seulement remarqué la distance que j'ai parcourue, ce qui nous sépare? Il y a longtemps que ton odeur n'est plus synonyme de réconfort. Chaque pas est une nouvelle émancipation de toi.
Je ne t'ai jamais dit que nous fréquentions les mêmes endroits. Tes copains et toi vidiez vos bourses alors que mes copines et moi encaissions les coups. Un secret mieux gardé que celui que tu m'avais demandé de conserver.
Nous nous relançons les blâmes et les torts silencieusement depuis trop longtemps. J'ai peur que plus rien n'arrive à rebondir à l'intérieur de cette relation hermétique. L'obligation prime sur l'intérêt. Mais moi aussi parfois je m'ennuie. Et ça me fait mal à chaque fois que je te le dis.
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21:13 ::
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dimanche 10 février 2008
Mes fantasmes
Les rêves ne se réalisent que lorsqu'on les crée. Alors je sors mes pinceaux, j'aiguise mes crayons et je recommence. Voilà que des fantasmes se dressent devant moi et se mettent à danser sous mes yeux curieux qui hésitent entre la satisfaction du moment et l'alimentation douce et longue de ce dernier. Mes fantasmes ne sont pas toujours des histoires que je peux raconter, parfois ils ne sont qu'un corps, un visage, une idée qui aura germée. Je n'écoute pas toujours et mes yeux fixent les lèvres qui forment les mots. Je deviens vite monosyllabique et je dois me concentrer pour ne pas me perdre dans les récits que je me raconte dans ma tête. L'éthique ne semble plus adhérer à ma peau et mes envies deviennent hors de contrôle. Les jambes molles, je tente de marcher avec la même assurance. J'ignore quelle partie de mon corps me trahira en premier. Dois-je cacher ces désirs au monde entier? La passion et la sensualité de ces arrêts souhaités m'animent et m'inspirent lorsque je rentre chez moi après ces randonnées désespérées. Dois-je continuer de m'accrocher à ces utopies particulières ou les transformer en os et en chair, en quelque chose de tangible? Et cet étrange sentiment de vouloir savoir si mes fantasmes me sont inaccessibles ou s'ils me laisseraient les entraîner là où personne n'a véritablement envie d'aller. Ne me laissez pas succomber.
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14:11 ::
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jeudi 7 février 2008
On se moque de moi
Je pensais rester bien sage ce soir, ne pas me laisser aller à l'écriture orgueilleuse et prétentieuse, centrée sur moi-même et vaguer à d'autres occupations. C'était la raison pour laquelle je vous ai sorti une vieille et longue histoire. Vous occuper et m'acheter du temps dans ce tourbillon stimulant de création. C'est que j'écris maintenant pratiquement 24 heures sur 24. Je ne vois plus le visage des gens ces temps-ci, je ne vois que des mots qui s'enlignent en fonction des personnalités. Des mots qu'on me dit, mais surtout ceux qu'on me dit pas. Ce qui paraît dans les yeux et qui traverse la peau pour arriver jusqu'à moi. Même si c'est une hallucination.
Mais voilà, je suis tombée sur une caricature bloguale qu'on a fait de moi. Allez lire et osez me dire sans rire que ce cher Y-Man n'a pas réussi à cerner quelques détails déroutants de la personnalité de Miss Klektik... ou de l'auteure qui se cache derrière.
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17:54 ::
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The Masseuse
Le 25 octobre 2006, je publiais une histoire sur la «part un» de mon blogue, qui allait attirer l'attention de plusieurs. On m'en parle encore à l'occasion. J'ai longuement hésité, mais après toutes mes conversations d'hier soir, je me suis dit qu'il était temps de dépoussiérer une seconde fois cette histoire.
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"Urgent. Recherchons masseuses. Formation non nécessaire. 17$/h. 555-NAÏVE."
Tiens! C’est bon ça. Masser des gens pour dix sept piastres de l’heure. Ce n’est pas trop forçant et c'est mieux que le MC Do au salaire esclave. Je me lance tête première. J'aurai une formation gratuite et ils m'assurent que c'est non sexuel. S'ils le disent, c'est que c'est vrai.
Salut, mon nom est Miss Klektik et je suis masseuse. Ça sonne bien, c'est cool. Je dois me pratiquer, trouver des cobayes. J'appelle Stanley. Je prends ma voix mielleuse. Stan, je suis masseuse maintenant. Oui, c'est nouveau. Oui, c'est génial. Veux-tu être mon premier cobaye? J'ai besoin de prendre de l'expérience. Je sais que l'idée te plaît. Je sais que tu vas venir vite. Dans les mots cobaye et massage, il y a une forte connotation sexuelle. Stanley est un amant plaisant. Il est toujours à ma disponibilité. Nous nous voyons à ma convenance et il ne me refuse jamais une soirée remplie de sexe. C'est agréable lorsqu'on est célibataire d'avoir un mec toujours prêt, toujours partant pour une nuit chaude.
Au boulot, je désenchante rapidement. Je gagne dix sept dollars de l'heure quand j'ai un client, mais sur une journée de huit heures, si j'en ai trois je suis chanceuse. Ça ne me rapporte pas autant d'argent que ce que j'espérais. Le patron charge 40$ aux clients, nous donne notre petit 17 et il garde le reste. Les clients sont tous gros, vieux, laids et puants. Des bonhommes de construction en sueur, c'est le plus gros pourcentage de la clientèle. Je n'ai même pas besoin d'huile pour faire glisser mes mains sur ces corps mal entretenus. Où sont-ils les hommes d'affaire dans la trentaine? Je commence à trouver ça dur. Je me mets à boire après la job pour oublier, puis avant pour me donner le courage d'y aller. Puis pourquoi pas un petit joint pour relaxer entre deux clients? Baccardi Lemon. Marie-Jeanne. La paie ne sert plus qu'à ma consommation personnelle. Le nom des clients change, mais c'est toujours pareil. Toujours les mêmes journées. Les mêmes corps flasques et suintants.
Le patron veut attirer plus de clients. La grande idée! Il veut qu'on dise aux gens qui appellent qu'on fait des complets, des massages sexuels, mais qu'on refuse leurs avances lorsqu'ils sont sur place. Nullement besoin d'avoir un quotient intellectuel très élevé pour sentir les problèmes de loin. Ça fonctionne, c'était une bonne stratégie du point de vue marketing, mais de nombreuses filles se font rentrer dans les murs. Les clients sont trop gros, trop grands et trop forts alors elles se disent qu'il vaut mieux faire quelques fellations par jour et avoir un petit pourboire plutôt que de finir la journée avec des ecchymoses sur tout le corps et un oeil au beurre noir. On commence à être plus occupées, la paie augmente, mais ma consommation aussi alors il ne me reste pas plus d'argent à la fin de la semaine. Maudit cercle vicieux. Maudite gang de vicieux.
Une des filles et moi décidons de déjouer le système, de baiser le patron dans le sens figuré évidemment. Nous gardons l'argent complet des massages et nous laissons croire au patron qu'il n'y avait pas de client à cette heure-là. Nous commençons avec un par jour. Puis deux. Puis trois. Puis quatre. Là, le patron commence à se douter de quelque chose. Il décide de transférer tous nos appels à une autre fille de Montréal afin que ce soit elle qui cédule les rendez-vous. Nous ne l'avons jamais vue, nous ne la connaissons pas, mais nous l'haïssons et nous aimons la détester. Notre petit manège ne fonctionne plus. Nous buvons, nous fumons, nous nous crinquons. Et si nous faisions ça de chez nous? Nous aurions l'argent complet et nous clarifierions les choses à notre façon. Elle n'ose pas trop, mais je décide de foncer. Encore, sans vraiment réfléchir. Je sacre mon camp.
Comment faire maintenant? Je suis quand même novice. Je ne veux pas mettre d'annonce dans les journaux, c'est trop risqué. Internet! L'Internet n'est pas réglementé, il n'y a personne qui contrôle l'information qui y circule. Pourquoi pas? Je laisse un petit message sur un site d'annonces classées et sur un site de rencontre. J'y inscris que je suis masseuse, le prix que je demande et je précise que c'est non sexuel. J'attends. Les minutes passent. Je ne reçois aucun appel, aucun email. Les heures passent, puis les jours et je ne reçois toujours rien.
Je retourne sur les sites ou j'ai laissé mon annonce et j'enlève le non sexuel pour le remplacer par sensuel. J'ai besoin d'argent pour ma drogue, pour mon alcool. Tant qu'à baiser avec n'importe qui, des hommes différents dans mon lit à toutes les fins de semaine, aussi bien en tirer un avantage. Utiliser les hommes comme ils m'ont utilisée. Garder le contrôle de la situation, de mes émotions. Je ne serai pas qu'une simple masseuse, je serai celle qui réalise les fantasmes. J'aime l'idée. Ça me plait. Le téléphone sonne. On demande à parler à Carol-Ann. L'aventure commence...
C’est une femme. Je suis agréablement surprise. Une femme d’affaires de Plattsburg. Elle vient à Montréal le lendemain pour affaires. On se fixe un rendez-vous. Je me sens excitée par cette nouvelle vie, cette nouvelle cliente. Je suis flattée que cette femme me choisisse parmis tant d’autres masseuses.
Elle arrive. Elle est un peu vieille, mais vêtue de son tailleur et avec ce sourire, elle est charmante. Nous montons rapidement à ma chambre. Elle me demande deux serviettes qu’elle dépose sur son corps pour cacher ses seins et son sexe avant de s’allonger sur la table de massage pendant que je mets de la musique. Dead Can Dance. C’est de la musique douce, sans être trop connue. Une musique que personne ne connait, que personne ne peut fredonner et qui me fait rentrer en trance à chaque écoute. Je commence mon massage doucement en commençant par les épaules. En descendant, tout doucement, j’effleure volontairement ses seins. Je masse ses bras, son ventre... Je remarque, qu’étrangement, plus mes mains se déplacent vers le bas, plus la serviette cachant son sexe bouge. Elle se met carrément à danser. Au lieu de me rendre à l’évidence, je me questionne intérieurement quelques secondes et je me décide à retirer sa serviette. Quelle surprise! Ma superbe femme d’affaire est en fait... un homme! Je suis bouche bée. J’arrête de bouger. Elle retire sa serviette du haut et me demande de la toucher. J’ai beau avoir eu des expériences avec les deux sexes, je suis quand même inconfortable. Ma gêne semble lui plaire, elle prend un malin plaisir à me guider et moi je me laisse faire, encore ébranlée par cette nouvelle découverte. Je sens ses doigts en moi, ses seins contre les miens, son membre qui frotte mon clitoris. Je suis au paradis. Jamais auparavant je n’ai ressenti quelque chose d’aussi intense. Jamais auparavant je n’ai crié aussi fort aussi honnêtement. Elle quitte satisfaite, moi les jambes tremblantes.
Le téléphone ne sonne pas souvent alors je choisi mes clients directement sur les sites de rencontres et les salles de chat sur Internet. Je spécifie choisir car je regarde toujours une photo d’eux avant et je leur demande ce qu’ils veulent faire pour ne pas me retrouver à devoir faire face à des maniaques. Je me fis à mon jugement, à mon petit doigt. Je suis consciente des risques, mais je n’ai pas peur de la mort. Que je crève ou que je reste en vie, ça m’est égal.
J’ai mon petit rituel que je respecte à la lettre avant chaque client. Je saute dans la douche. Je m’épile en vitesse. Partout. Une vraie femme, ça n’a pas de poils. Juste de la peau. Il faut que cette peau soit douce et lisse. Vite de la crème. J’enduis mon corps d’un lait à la senteur de musc. La texture ressemble à du sperme et ça m’amuse l’espace de quelques secondes. Je me regarde dans le miroir. Ça va me prendre un petit remontant. Un peu de marijuana. Un verre de Baccardi Lemon. Encore un peu de marijuana pour me calmer. Je ris toute seule, c’est bon. Je me masturbe un peu en attendant le prochain. Question de mouiller un peu. C’est toujours mieux parce que les clients ne me font pas toujours mouiller et ça leur donne l’impression qu’ils m’excitent.
Un étudiant m’offre de me payer en marijuana parce qu’il n’a pas assez d’argent. Déjà qu’il doit se payer l’autobus de la rive-nord à la rive-sud pour venir me voir. Il me raconte qu’il a une nouvelle copine, mais qu’il n’a encore jamais fait l’amour. Il ne veut pas la décevoir et n’ose pas demander à une amie de le baiser pour pouvoir lui dire si ses performances sont bonnes ou mauvaises alors il se tourne vers moi. Initiatrice. C’est un nouveau rôle pour moi ça. Plutôt plaisant d’être payée pour dépuceler un petit jeune et lui donner une note sur dix par la suite. Quelques cris bien placés et le tour est joué, je remonte l’estime d’un petit bonhomme. Un peu trop peut-être car il laisse sa copine et me rappelle pour me proposer un trip à trois avec un de ces amis. C’est le double et cette fois il s’arrange pour avoir l’argent. Nous commençons à nous caresser alors que son ami reste assis sur une chaise droite à nous regarder. Lorsque j’essais d’aller le chercher du regard, il tourne la tête, gêné. Le petit étudiant a beau tenter de convaincre son ami, il n’y a rien à faire. Il se contente de nous regarder, la queue bien rangée dans son pantalon. Ça me fait rire, mais dans le fond je m’en balance car moi je suis payée pareil.
Puis il y a ces gens qui reviennent, ceux qui m’assurent une certaine stabilité dans cette vie d’aventurière.
Comme tout le monde, j’ai mon weirdo avec un rituel bien particulier. Il vient chez moi, monte à ma chambre, prends sa valise grise métallique, en sort des gants de chirurgien, m’examine, sert son équipement, lance mon argent sur le lit et s’en va. Lorsque ça n’arrive qu’une fois, on peut le prendre personnel, mais cet homme revient toutes les semaines. Il vient chez moi, monte à ma chambre... cette fois, il n’a pas sa valise. Je le regarde en me demandant ce qu’il peut faire. Je ne le comprends pas et j’ai un peu peur de lui. Il cherche quelque chose, s’arrête et me dit : « As-tu un objet avec lequel je pourrais te pénétrer? » Je sursaute. C’est la première fois qu’il me parle... mais qu’est-ce qu’il me dit là lui? Je n’ai pas d’objet. Ses yeux cherchent encore et s’arrêtent sur mes maracas. J’éclate de rire. Non. Voyons. Franchement. Il prend mes deux maracas, m’en insère une dans le vagin et l’autre dans l’anus puis il insiste pour que je bouge mon bassin pour que ça fasse du bruit. Je me sens ridicule, je suis au bord des larmes tellement je trouve cette situation drôle et embarassante, mais lui il jouit devant moi. Il repart après avoir lancé un peu plus d’argent que d’habitude sans dire un mot.
Le photographe Égyptien a de la classe, il me plait beaucoup. Il vient toujours me chercher avec sa belle bagnole luxueuse, m’invite à son appartement, m’offre un verre de vin rouge, choisi de la musique d’ambiance, me parle de lui et de son travail exigeant. Il me montre des photos de ses voyages autour du monde, des objets qu’il rapporte. Il prend des photos de moi avec un polaroid pendant qu’il me baise par derrière et il les jette devant moi au fur et à mesure. Ça me donne l’impression de me baiser moi-même, c’est surréaliste. Je me surprends à jouir non pas de ses caresses, mais de me voir me faire pénétrer par lui comme si je nous voyais à travers ses yeux. Lorsque nous avons terminé, il me paie ce qu’il doit et me reconduit chez moi. Quand il me montre nos photos, il me lance toujours des compliments du genre « Regardes comme tu as un beau cul! ». C’est vulgaire, mais j’aime. Tout compliment, peu importe comment il est formulé est très bien accueilli. Avec lui, je ne me sens pas comme une prostituée, mais comme une maîtresse, une amie spéciale qui partage quelques moments d’intimité sans complications. C’est rafraîchissant. Il en redemande toujours encore. Et moi je lui réponds qu’il a bien le droit de faire ce qu’il veut de son argent.
On me dit souvent que je suis belle, que je suis désirable, que mes courbes sont parfaites. Je reçois tellement de compliments de tous les hommes que j’y prends goût. J’ai besoin de me faire dire ces choses continuellement. Pour moi ce n’est pas de la répétition, mais une confirmation.
Il y a un mec, plutôt discret. Un grand mince aux cheveux blonds avec qui je peux écouter Depeche Mode encore et encore. Un mec qui passe comme ça dans une vie sans qu’il y ait quelque chose de vraiment particulier à raconter. Un homme normal, une baise normale. Un homme si gentil, mais si vite oublié...
Tant d’histoires. Tant de visages. Tant de corps. Je deviens moins sélective. Je bois et je fume encore plus, c’est plus facile de m’imaginer que je suis ailleurs.
Quand j’ai un gros monsieur qui m’amène dans sa voiture pour une petite vite au milieu d’un champ et qu’il sue tellement que je reçois de grosses goûtes de sueur refroidies sur mon corps, je me ferme les yeux et je m’imagine comment je vais dépenser mon argent. Je m’offre de petits sourires artificiels et temporaires. L’argent qui se gagne facilement se dépense facilement.
Je sors m’acheter des galettes de riz. J’en mange à peu près la moitié d’une par jour et quelques miettes par ci par là. Je dépense tout mon argent en drogues, qui me font oublier que j’ai faim. Je maigri à vue d’œil, mais moi je ne le vois pas.
En faisant mes courses, je croise un vieux bonhomme moustachu aussi attirant et charismatique que Ron Jeremy. Il se présente et me donne sa carte d’affaire. Cet homme détient supposément un empire de sites pornos sur l’Internet, il veut m’offrir mon propre site et peut-être même un film. Instantanément, ma tête enfle. Mon propre site porno. Moi, Porn Star. Tasses-toi de là Jenna Jameson, j’arrive. J’appelle le bonhomme et il se pointe chez nous. Je dois lui montrer ma chatte. Je me tourne de dos, me penche vers l’avant et lui offre la meilleure vue que je peux lui offrir. Je l’entends se baisser les pantalons. Je me relève d’un coup sec. Pour je ne sais trop quelle raison, je ne veux pas le baiser lui et de toute façon, je n’ai aucune garantie que ce qu’il m’a dit est vrai. Il me dit qu’il doit tester la marchandise, qu’il est peut-être le premier à le faire, mais certainement pas le dernier. Je n’y arrive tout simplement pas. Je le mets à la porte. Je me trouve stupide et inconhérente de ne pas avoir réussi à me rendre jusqu’au bout avec lui.
Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais plus. Je suis cernée, j’ai les joues creuses et je n’ai personne autour de moi. Je n’ai personne à qui parler, personne à qui me confier. Tous mes amis ont réussis à me baiser, je n’ai donc plus leur respect et toutes mes amies ont peur de moi, peur de me présenter leur copain. Mes seuls amis sont une gang de junkies avec qui je fais du mush les fins de semaine. Je suis la pute de service, celle que tout le monde veut se tapper et que tout le monde se tappe. J’ai besoin d’arrêter tout ça, pour un temps du moins.
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mardi 5 février 2008
Demain c'est le Yulblog! Et j'y serai encore...
Il y a quelques mois, je magasinais les hommes sur un site de rencontre. Plusieurs refus, autant de courriels échangés avec de nombreuses possibilités, je me suis retrouvée à prendre le thé avec un étranger en face d'un ciné. Déception intellectuelle et baiser raté auront eu raison de ma volonté et de mes croyances quant à la facilité de remplacement ce soir-là et les suivants. Après une confidence fortement influencée par la consommation d'alcool, je me suis retrouvée sur un autre site, là où le magasinage ne s'effectue pas à partir des visages.
Demain soir, je prends un temps d'arrêt de cette course folle à essayer d'attraper ce que je ne voudrai pas conserver et je serai au Yulblog. Pour découvrir de nouveaux sourires et de nouveaux blogues. Pour voir des amis. Et si je rentrais chez moi après?
L'idée des identités multiples me fascine. L'identité réduite à sa plus simple expression n'est en réalité qu'une illusion. Tout est complexe et rien de se résume simplement. Surtout pas les gens.
Le jour, j'écris le rêve des autres. Je cache ce que je suis derrière un visage blanc agrémenté de poudre rosée afin que l'on m'évite temporairement un voyage à la morgue. La nuit tombe et emporte mes restrictions avec elle. Je me réfugie derrière un pseudo qui me ressemble un peu trop pour me raconter en deux couleurs. Parfois, je change les lettres, alors je me permets encore plus de libertés dans un univers où les corps ne s'entrechoquent jamais complètement. Entre les deux, mon écriture est paresseuse. Je me perds dans mes pensées amoureuses. Ces corps étampés maintes fois et devenus rouges d'écriture, tous ces prénoms dans lesquels ils se seront trempés. Doucement, les rôles se seront inversés. Les hommes sont des putes et je suis la consommatrice insatiable. Entremêler la clarté, l'obscurité et toutes ces personnalités qui se fondent dans un corps qui me semble soudé au plancher. Je ne suis qu'une femme qui a soif d'amour et d'aventures.
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Tag!
L'Obsessif s'en est pris à moi avec cette tag! Je n'ai donc pas le choix.
Règlements: * Mettre le lien de la personne qui vous tag * Mettre les règlements sur votre blog * Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même * Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens * Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées
Voici donc ces six choses/habitudes/tics non importants...
1. J'ai un début de collection de figurines de Lost et des Living Dead Dolls que mon garçon s'amuse à déshabiller. 2. Je mange toujours devant la télévision ou l'ordinateur. Ma table de cuisine me sert donc de comptoir. 3. Je me parle en me regardant dans le miroir. 4. J'espionne parfois mes voisins. 5. J'ai tendance à m'imposer des situations insolites ou de faire des choix en fonction de ce que je pourrais écrire sur le sujet. Ce n'est pas toujours la décision la plus intelligente ou logique. 6. La grosseur de mon sac à main est souvent proportionnelle à mes intentions sexuelles.
Les mensonges les plus fréquemment utilisés sont parfois nécessaires. Éviter un drame. Raccourcir une pénible conversation. Éviter de se faire questionner. Par simple politesse. Parfois c'est l'orgueil propre au blogueur. L'intonation fera toute la différence entre le mensonge qui veut se faire coincer et celui qui doit survivre.
Oui. Ça va. C'est ok. C'est tout oublié. C'est juste un ami. Ça ne me dérange pas. Ce n'est pas toi, c'est moi.
C'était bon. Je t'appelerai. Je t'écoutais, oui. Je regardais son sac à main. Le texto? C'est une invitation à déjeûner d'une amie.
Je n'y pense plus. Je ne t'en veux plus. Je n'écrivais pas à propos de toi.
En parlant de ce roman intriguant sur les tablettes de la librairie, mon interlocuteur me dit que l'auteure a peint un portrait plutôt négatif de la personne et que ce n'est pas toujours une bonne chose d'être immortalisé ainsi.
«Tu sais, les auteurs, écrivains et blogueurs... nous on écrit en changeant quelques trucs. On invente, on exagère, on diminue, on transforme. Tout ça pour faire plus joli. Ou du moins c'est ce qu'on dit.»
Je n'aime pas que les torturés, j'aime les relations tortueuses, houleuses.
Lorsqu'ils m'invitent pour un café ou à partager un déjeûner, j'ai envie de les embrasser et de les traîner dans une ruelle. Lorsqu'ils m'embrassent, je voudrais qu'ils m'invitent chez eux pour y passer la soirée à boire et à parler comme je pourrais le faire avec une fille. Lorsqu'ils passent la nuit à parcourir mon corps de leurs doigts agités comme ceux d'un adolescent qui touche le corps d'une femme pour la première fois, je voudrais les entendre me dire des mots d'amour. Lorsqu'ils me parlent en prose et qu'ils me font de grandes déclarations, je n'ai qu'une seule envie: prendre la fuite. Et lorsque c'est différent, c'est pour me retrouver devant un grêlon insensible à mes envies.
J'ai voulu m'écrire des mots sur la peau, me tatouer de toi, de ta présence, de ton absence comme cette photo que j'ai encore d'ailleurs. J'ai fait mon s à l'envers et j'ai décidé de laisser faire. J'ai pris deux bouquins de Ducharme après avoir hésité entre Dompierre et Mistral. Il y a si longtemps que je n'ai pas lu parce que les romans me rapprochaient trop de toi ou m'en éloignaient d'avantage. J'ai pris le temps de sentir les parfums usagés en me questionnant sur leurs précédents lecteurs. Puis, je me suis interrogée sur les muses, les inspirations derrière les personnages et les caractères en passant un doigt léger sur la couverture d'un roman de Nelly Arcan. Je me suis installée dans mon lit avec de vieilles chandelles sur ma table de nuit sans réaliser le temps séparant l'origine de la destination. Et ce moment de bonheur, loin de tout souvenir, n'a fait que réitéré ma position plus ou moins récente sur ma demeure. L'éphémère continuera dans le lit des autres et je conserve le mien pour l'histoire que je croirai, peut-être à tort, capable de traverser le temps.
Il y a de ces hommes qui arrivent à rattraper une balle qu'ils auront laissé tomber. D'autres regardent en l'air sans même se rendre compte de la chute de l'objet. Eh bien toi, tu es dans la deuxième catégorie.
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samedi 2 février 2008
Drôle de soirée
Tout a commencé avec ce lancement où je n'avais pas vraiment envie d'aller. C'est Panique et ses charmes qui m'ont convaincue, ainsi que les gens devant être présents selon Facebook, qui m'a tout de même fait quelques fausses promesses. Alors que je regardais les gens sans vraiment écouter, à la recherche d'un visage familier ou d'un éventuel intérêt à développer, je n'avais que cette citation tirée de la série télé The L Word qui me bourdonnait dans les oreilles:
"Yes! I think that your story, um, evokes Henry Miller. I actually think that it's Henry-Miller-lite. No, but seriously, seriously. Because in your story, all your women, you basically turn them into these nameless, faceless, body part... whores! Your main character, Jasmine, she, like, opens up Madelaine's world by giving her the best fucking orgasm she's ever had - which, I don't know if you know this, is the primary sex act that two women can actually have! And then you go ahead, and you belittle it by turning it into pornography, and I think that the reason why you're doing this is because men can't handle it the fact that these women can have this amazing, fucking, beautiful, mind-blowing orgasm, without a fucking cock!"
Direction : ce bar branché où j'allais avant lorsque les artistes en devenir m'impressionnaient. C'est probablement l'un des endroits qui a contribué à alimenter mon aversion des Plateauriens durant toutes ces années. Le sosie de John Travolta qui travaillait en cinéma. Le designer du Cirque du Soleil. Les employés de Radio-Can. Le vulgarisateur de nanotechnologie. C'est là où j'ai reçu en cadeau mon premier vrai roman de science-fiction anglophone. Ender's Game, avec un petit mot à l'intérieur. J'ai eu de nombreuses discussions intéressantes dans cet endroit, c'est ce souvenir qui fait que j'ose affronter cette drôle d'ambiance à chaque fois où je me sens confrontée à mon ancien et mon plus récent moi. Mais voilà, entourée de couples, je prend panique. L'émotion et non la blogueuse dans ce cas précis.
Direction : ce bar branchouille réputé pour être un bassin à one night. Je n'y ai jamais mis les pieds, mais on m'a vanté plusieurs fois la facilité avec laquelle les femmes pouvaient trouver de quoi les occuper pour une soirée. Après She Wants Revenge, l'endroit s'est transformé alors que le D.J. modifiait sa sélection musicale. La piste de danse de la grandeur de ma salle de bain a été envahie par un groupe de filles s'amusant à jouer les bisexuelles alors que les hommes, attroupés autour de la piste avec leurs verres, reluquaient les filles en passant leurs commentaires. On pouvait en voir partir quelques-uns parfois après 3-4 mots échangés dans l'oreille. L'absurdité de la chose et la musique à cent lieues de celle qui m'allume m'ont totalement déprimée. Heureusement, les textos pervers de Panique et les verres de Scotch Bowmore choisis exclusivement pour le nom et ce qu'il m'inspirait ont réussis à me sortir de cet état de désespoir dans lequel j'aurais sombré si j'avais décidé d'affronter cette foule trop jeune totalement seule. Je n'ai jamais eu l'esprit de compétition à ce niveau.
Soirée 90s. Je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi que de voir danser deux hommes avec intensité sur «I'm too sexy» me fait saliver. Un homme beaucoup moins charismatique s'arrête devant moi et me dit : «Hey! On ne se connaît pas tous les deux? Je suis certain qu'on s'est déjà vus quelque part.» L'angoisse. Le quand et le où se font persistants... jusqu'à ce que je réalise qu'il ne s'agissait que de sa phrase-clé pour aborder les jeunes filles. Plus tard, deux échapées de la planète Lesbos nous ont dévisagées trois fois. Une motarde brune ainsi qu'une folle blonde aux yeux écartés. Nous les avons tous semés.
Rentrée en taxi. Déposée devant ma porte. C'est à ce moment que je reçois the invitation. Un homme mignon marchant un peu croche dans la rue ne demande qu'à me suivre. Mais voilà, après tous mes efforts et mes espoirs de la soirée, alors que se dressait devant moi un mec fort potable près à me faire grimper au 7e ciel avant d'aller se coucher, j'ai refusé. Frustrée contre ma personne, j'ai vidé mes télécommandes de leurs batteries et je suis partie seule dans mon lit. Est-ce qu'on aurait pu mettre sous mon nez de façon plus claire mon ambivalence et mon indécision?
Posted by Miss Klektik ::
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vendredi 1 février 2008
La suite des choses
Pas de jeune technicien à mon arrivé. Il a quitté ou on l'a viré, ses collègues l'ont vite oublié. J'ai tout de même été cogné au bureau où il aurait dù se trouver. Je me suis assurée de faire claquer mes talons avant d'entrer pour avertir les hommes qu'une femme arrivait. Évidemment, l'accueil a été sensationnel, mais j'étais tellement déçue de ne pas retrouver mon jeune tech que je n'ai pas vraiment voulu me trémousser devant le grand roumain qui parlait de façon totalement incompréhensible, les yeux dans mon décolleté corpo.
Je me suis donc retrouvée face à mes idées perverses entourée d'hommes mariés et/ou engagés. J'ai bien essayé de trouver le mec qui serait célibataire en me promenant et en discutant de tout et de rien, mais je suis restée sur ma faim.
Un homme trop âgé et corporativement lié à moi s'est approché. Il m'a demandé : «Dites mademoiselle, j'aimerais connaître votre style d'homme, les femmes m'intriguent tellement...». J'aurais pu lui répondre à peu près n'importe quoi, mais je sentais le danger. J'y ai donc été d'une pauvre explication en ce qui concerne la facilité de comparaison avec de grands acteurs pour démontrer ce qu'une personne devrait dégager à mon avis. Clive Owen. L'homme idéal en ce qui me concerne. Il m'a alors répondu «Mais tu joues dans les grandes ligues!» Et je n'ai même pas parlé d'Angelina Jolie.
Posted by Miss Klektik ::
07:00 ::
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