Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


mercredi 30 avril 2008

Un chauffeur de la STM fait encore du zèle

L'autobus 26-015 s'arrête sur Jean-Talon à l'angle d'une rue trop à l'est pour être digne de mention. Près de moi, un couple en noir et blanc consomme une petite bouteille de vodka et rie aux éclats. Un chandail de Primus s'est égaré sur le torse d'un adolescent. Ça me fait sourire lorsque je vois des jeunes porter fièrement les couleurs d'artistes que j'aime encore. À l'avant, la scène commence. Je fais semblant d'écrire, mais je ne porte aucune attention à mes gribouillis. Ma voisine immédiate ferme sa musique hispano en continuant de bouger la tête. Elle aussi fait semblant de ne pas suivre l'épopée que je m'apprête à vous raconter.

Une jeune femme immobilise à elle seule le moyen de transport de plusieurs dizaines de travailleurs, majoritairement des ouvriers aux mains noircies. Les raisons sont toujours obscures, après trois lumières vertes que nous aurons laissé passer. Le visible gestionnaire du centre d'appel du coin d'avant demande des explications. Le chauffeur se contente de répondre: «On attend la police.»

C'est alors que la jeune femme tente de faire valoir son point. Elle se sert d'un transfert du même numéro d'autobus, en sens contraire. C'est contre le règlement de la STM, voyez-vous. À la Sous-section III – Privilège de correspondance du RÈGLEMENT R-037, on peut lire: Aucun de ces titres de transport ne permet d'effectuer un déplacement aller-retour sur les services d'autobus ou de métro de la Société. Ainsi que... De façon à lui faire compléter un déplacement unique et ininterrompu par l'itinéraire le plus direct ou le plus court, un billet de correspondance d'autobus confère à son détenteur, au cours de sa période de validité: a) le privilège de monter à bord de tout autobus de la Société d'un circuit autre que celui où il a été émis; b) le privilège d'accéder une seule fois à une station du réseau de métro située sur le territoire de la Société.

La jeune femme refuse de quitter. Elle refuse également de payer. L'autobus se vide de moitié. La jeune femme prise d'une compassion soudaine et d'une culpabilité évidente, décide finalement de quitter l'autobus. Impossible. Le chauffeur referme les portes de son véhicule et la tient prisonnière jusqu'à l'arrivée des représentants de la force et de l'ordre. Il va même jusqu'à empêcher une autre femme de sortir pour que sa captive ne prenne pas la fuite.

Je regarde la scène sans gêne maintenant. Je me dis que les cochons ridiculiseront le chauffeur qui fait du zèle pour moins de trois dollars, mais non. La jeune femme se fait escorter jusqu'à la voiture de police et ce n'est qu'à ce moment, avec les patients restant, que l'autobus reprend sa route. Avoir su, je lui aurais payé son déplacement.

Je me pose tout de même une question après 24 heures de réflexion. Est-ce que le chauffeur aurait fait tout ça si la femme avait eu la peau blanche?

Posted by Miss Klektik :: 20:08 :: 7 commentaires
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mardi 29 avril 2008

Fidèle

La fidélité est-elle utopique mademoiselle Klektik?

Lorsque je pense aux autres femmes, et aux hommes aussi, je ne fais pas fi d'elle. Suis-je infidèle en désirant ainsi le corps et l'esprit d'une autre? L'infidélité dans la pensée ou l'action, les lignes ne seront-elles donc jamais clairement tracées?

Qu'est-ce qui est vrai? Qu'est-ce qui est faux? La matière transformée, l'immuable liberté... mais quel est le plus grand mensonge? Mon regard ne connaît pas les mêmes barrières, les mêmes frontières, car mon horizon ne délimite pas la même région. M'imposeriez-vous des oeillères lorsque, face à l'humanité, je perdrai encore pied?

Je ne suis pas suffisament amoureuse pour contenir ce désir assassin. L'amour accessible, terroriste de ma constance. Les rapports humains sont trop complexes pour se soumettre à une seule équation et les variables nombreuses impressionnent par leurs multiples solutions. Alors il ne me reste qu'une chose à faire: provoquer les instabilités pour tester ma vulnérabilité et observer l'ambition des éléments dans la balance.

Posted by Miss Klektik :: 17:50 :: 8 commentaires
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lundi 28 avril 2008

Les enfants d'Ho-Ma

Mon père me disait que l'on choisit nos parents. Une espèce de contrat que nous aurions déterminé avec le grand barbu en fonction des alternatives et des routes à suivre. Il y en a d'autres qui disent que la vie met devant nous uniquement ce à quoi nous sommes capables de survivre. Ou alors on parlera de karma en se disant que la prochaine sera meilleure. On cherche souvent une raison à nos souffrances. Les antérieures, les présentes et celles à venir lorsque le ciel s'obscurcit. On rationalise avec nos yeux de grands en passant tout droit devant le plus important.

Sous le pont, l'eau a séchée. Il n'y a que le béton et la terre noircie. Une enfance déjà usée, ternie par des manques à combler. Dans les bas-fonds de la vie, il y a des coeurs solides. Il y a des réalités qu'on n'ose pas regarder, mais qui endurcissent même les plus fragiles. Au milieu de tout ce gris, au milieu d'estomacs qui crient, il y a des enfants qu'on oublie. Et moi, c'est pour eux que je m'attendris.

On a le droit de se sentir dépassé.
On a le droit de pleurer.
Mais moi ce que je veux, c'est juste les écouter.


Posted by Miss Klektik :: 20:12 :: 6 commentaires
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dimanche 27 avril 2008

C'est qui le mec?

Celle qui porte son chandail le plus près du cou?
Celle qui boit sa bière à la bouteille?
Celle qui agit avec la plus grande indépendance?
Celle qui crie le plus fort quand les Canadiens comptent un but?
Celle qui porte les talons les moins hauts?
Celle qui a les plus petits seins?
Celle qui a le poil le plus long?
Celle qui laisse échapper le premier bruit corporel?
Celle qui jouit plus facilement?

Le mec? Cherchez pas.
Parfois c'est elle, parfois c'est moi.

Posted by Miss Klektik :: 10:02 :: 6 commentaires
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samedi 26 avril 2008

Créature de nuit

Elle marche d'un pas léger sur Ste-Catherine. Elle observe les gens qui passent et provoque quelques ralentissements en jouant de ses lèvres. Le déhanchement n'est plus nécessaire et ses souliers à talons lui paraissent être un accessoire futile qu'elle conserve pour son propre fétiche. Elle passe devant une vitrine d'oeuvre d'arts. Des corps nus qui ne demandent qu'à être regardés. Elle se demande pour quelles raisons elle s'est privée si longtemps. Mais elle sait bien que c'était une question de facilité. Les deux pieds dedans, il n'y a toujours rien d'évident.

Ce n'est pas une femme de compliments et parfois elle prend du temps pour s'attacher aux gens. Elle les aime naturellement le soir, les rideaux tirés, à la lueur d'une chandelle. Elle aime les corps qui s'entrechoquent et les images que ses souvenirs invoquent. Et les matins, elle sort du lit avec mille et une raisons pour s'enfuir en courant avec l'arrivée du soleil.


Posted by Miss Klektik :: 20:13 :: 2 commentaires
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jeudi 24 avril 2008

Just me and you

On imite (le comportement et le style de) ceux qu'on aime. Un vêtement semblable au mien. Des cheveux d'une coloration audacieuse rappelant ce qui lui plaît chez moi. Un calme inspiré de sa douceur. Une confiance basée sur l'absence de questionnement. La perfection n'existe pas, mais nous nous retrouvons quelque part l'une dans l'autre. Dans le regard que l'on porte sur soi, mais aussi sur nous. Un verbe que nous conjuguons à tous les temps car les bescherelles sont souvent la source des peurs qui mènent aux échecs dans les parties que j'ai jouées. La complexité se retrouve dans le récit, mais pas dans son application. Le temps passe et je me dis que j'ai une chance d'avoir une grande insécure pour me rassurer. Enfin, je sais qu'il n'est pas encore question d'appartenance, mais c'est avec joie que je parle d'elle même si parfois, j'omets le e à la fin des qualificatifs pour faire croire aux gens que je mène encore une vie de bohème avec un fond de normalité. Alors qu'en réalité, je mène une vie bien normale avec un tas de détails éclatés.

Posted by Miss Klektik :: 21:59 :: 5 commentaires
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mardi 22 avril 2008

Briser le silence

SVP, passez le mot. Aux amies, aux parents, aux enfants qui vous entourent. Aux femmes, mais aussi aux hommes qu'on oublie trop facilement. Brisons le silence.

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Il fait soleil. Toute la famille part en voiture pour aller faire des courses. Les parents de ma meilleure amie, Lili, arrivent en voiture et s’arrêtent juste derrière l’automobile de mon papa. Ils débarquent et se mettent à crier. J’entends les mots, mais je ne les comprends pas. Ils ont le visage couvert de larmes. Mon papa parle avec eux. Sa voix se veut rassurante, mais je ne comprends pas l’ampleur de la situation. Ma maman ne cesse de répéter qu’ils mentent, qu’ils disent que mon papa a fait quelque chose qu’il n’a pas fait. Ils repartent. Je n’y comprends rien, mais je sais que ce n’était pas quelque chose de bien. Mes parents sont à l’envers. La vie continue pour moi, mais j’ai perdue ma meilleure amie sans comprendre pourquoi.

J’aime mon papa. C’est le genre de papa gentil et cool avec mes amis. Il est impliqué dans mes projets surtout à mes cours de danse. Il nous donne des permissions spéciales et il m’adore, je sais qu’il m’adore. J’ai onze ans et moi aussi j’adore mon papa.

Je suis dans mon lit et je n’arrive pas à dormir. J’entends mon papa fermer la télévision au sous-sol et monter les escaliers. J’entends ses pas se rapprocher. Je ferme les yeux parce que je ne veux pas qu’il sache que je suis encore éveillée, je sais qu’il va me chicaner. Je sens sa présence sur le bord de la porte de ma chambre. Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir qu’il est là, j’entends sa respiration. Je l’entends s’approcher de mon lit. Je crois qu’il vient me border. Il s’assied à côté de moi. Au lieu de monter mes couvertures, il les descend et il monte le haut de mon pyjama. Je ne comprends pas ce qu’il fait, mais j’ai froid. De ses doigts, il caresse le bout de mes seins développés bien malgré moi. J’entends sa respiration accélérer. Il presse mes mamelons entre ses doigts. Ce que j’ai honte. Je voudrais crier, mais je ne peux même pas bouger. Je souhaite que ça se termine rapidement. En même temps, un feu jaillit en moi. Pas le feu de la honte, celui du désir. Je ressens un plaisir coupable sous les caresses de mon papa. Il remet mon haut de pyjama et mes couvertures en place et s’en va. Je m’endors en me disant que je n’ai fait qu’un mauvais rêve. Mon papa ne peut pas avoir fait ça.

Je suis dans mon lit et je n’arrive pas à dormir. J’entends mon papa fermer la télévision au sous-sol et monter les escaliers. J’entends ses pas se rapprocher. Je ferme les yeux parce que je ne veux pas qu’il sache que je suis encore éveillée et j’espère m’endormir avant qu’il n’arrive à ma chambre pour ne pas être consciente de ses gestes. Je sens sa présence sur le bord de la porte de ma chambre. Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir qu’il est là, j’entends sa respiration. Je l’entends s’approcher de mon lit. Je sais qu’il ne vient pas me border. Il s’assied à côté de moi. Il descend les couvertures et il monte le haut de mon pyjama. Je ne comprends toujours pas ce qu’il fait, mais j’ai froid. De ses doigts, il caresse le bout de mes seins. J’entends sa respiration accélérer. Il presse mes mamelons comme de petits fruits exactement de la même façon. Je voudrais crier, lui dire d’arrêter, que je suis éveillée et que c’est mal, mais je ne peux même pas bouger. J’espère encore que ça se termine rapidement. Je ressens encore un plaisir coupable. Il remet mon haut de pyjama et mes couvertures en place et s’en va. Je ne m’endors pas. Je pleure en silence en écoutant mon hamster touner en rond dans sa cage. Pourquoi mon papa me fait ça?

Je suis dans mon lit et je n’arrive pas à dormir. J’entends mon papa fermer la télévision au sous-sol et monter les escaliers. J’entends ses pas se rapprocher. Je m’en veux de ne pas être encore endormie. Je prends un toutou que je serre de toutes mes forces contre ma poitrine. Il devra me l’arracher des mains s’il veut me toucher encore. Je sens sa présence sur le bord de la porte de ma chambre. Je n’ai pas besoin d’ouvrir les yeux pour savoir qu’il est là, j’entends sa respiration. Je l’entends s’approcher de mon lit. J’aimerais que ce soit pour me border. Il s’assied à côté de moi. Il descend les couvertures, il m’arrache mon ourson des bras et il monte le haut de mon pyjama. Je comprends ce qu’il fait et j’ai froid. Je croyais que mon toutou me garderait en sécurité. De ses doigts, il caresse le bout de mes seins. J’entends sa respiration accélérer. Il presse mes mamelons comme de petits fruits exactement de la même façon que toutes les autres fois d’avant, mais toujours avec une assurance qui grandit un peu plus chaque fois. Je voudrais crier, lui dire d’arrêter, que je suis éveillée et que c’est mal, que j’ai compris ce qu’il fait et que c’est mal, c’est mal, mais je ne peux même pas bouger. Je souhaite encore que ça se termine rapidement. Je ressens encore un plaisir coupable. Il remet mon haut de pyjama et mes couvertures en place et s’en va. Je ne m’endors pas. Je pleure en silence. Pourquoi mon papa me fait ça? Je me sens si sale. J’ai peur de lui, peur de la nuit. J’ai toujours peur de ne pas m’endormir assez vite.

J’ai une nouvelle amie, elle vient à la maison souvent. Elle me raconte que mon papa l’a touchée. Elle pleure et a de la difficulté à tout m’expliquer. Je comprends maintenant pourquoi j’ai perdu Lili. Frappée par un éclair, je comprends enfin pourquoi je ne peux plus la voir. Ma nouvelle amie tremble comme une feuille, c’est moi qui essaie de la rassurer en lui disant que pour moi ça fait déjà quelques fois. Elle me regarde et ne comprends pas pourquoi j’ai gardé le silence. Elle m’en veut un peu aussi parce qu’elle croit que j’aurais pu changer les choses, lui éviter ce calvaire. On décide de tout dévoiler à ma mère, ensemble. On attend impatiemment son retour du travail. Quand j’entends la porte, je me précipite sur elle en pleurant et lui raconte tout. Pour moi et pour cette nouvelle amie qui regarde la scène en retrait, silencieuse.

Posted by Miss Klektik :: 21:46 :: 14 commentaires
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Gloups!

J'aurais aimé écrire maintenant LezGirls ou son équivalent québécois, mais la communauté lesbienne n'est pas aussi accueillante que les séries peuvent nous le laisser croire. Me voilà au centre de l'histoire la plus tordue jusqu'ici connue.

Et pourtant, comme un poisson dans son élément. J'ai toujours dit que j'étais une créature étrange qui n'appartenait pas au monde rationnel. Non, vraiment, il faut être cinglé pour croire que je me contenterais d'une histoire droite. J'aime trop les courbes.

Mais mes doigts s'agitent le soir pour des universitaires bornés qui écrivent de longues phrases vides et laides. Ces gens ne connaissent même pas la règle d'or d'éviter le même mot à l'intérieur d'une page ou, du moins, à l'intérieur d'un même paragraphe, d'une même phrase. Alors ma créativité s'évade pour ne pas mourir et moi, je n'arrive plus à écrire. Vivement la fin de ce contrat accepté trop rapidement.

Posted by Miss Klektik :: 05:47 :: 5 commentaires
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lundi 21 avril 2008

Le gala de la frustrée

J'ai appris ici qu'un gala s'organisait ici. Si ça vous dit, allez faire un tour et votez dans les catégories qui vous intéressent. Pour ma part, c'est fait. C'est toujours une intéressante façon de découvrir de nouveaux blogues et d'en faire découvrir aux autres.

Posted by Miss Klektik :: 06:28 :: 1 commentaires
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dimanche 20 avril 2008

Déliée

Tout a commencé en mars. Concordance blogosphérique par pur hasard, je vous assure. Il s'était démarqué déjà de par son audace, son écriture... Ma curiosité voulait le rencontrer depuis des mois, mais j'étais au milieu d'une histoire où je croyais l'amour réciproque sans questionnement. Il ne l'était pas et ça m'a donné un coup sur l'orgueuil plus qu'ailleurs. Bref, une semaine après une déception étalée en posts dans mon ancienne demeure : Le monde de Miss Klektik.

Puis quand mon esprit se saisit et arrive à faire le focus, me voilà pervertie à nouveau. Je dois le rencontrer, lui plus que quiconque sans vraiment savoir pourquoi. L'instinct. Peut-être parce que je sens un certain intérêt, je me dis qu'il me serait plus facile de panser mes blessures avec une histoire d'un soir avec lui qu'avec un pur étranger. Je ne veux pas tomber en amour maintenant, je suis beaucoup trop craintive. Jamais je ne me serais douté alors que ce vendredi de mars serait le commencement d'une série de vendredis qui me feraient constamment nager entre l'espoir et le désespoir.

Je le vois. Il est là, droit devant moi tout près de la «puck» de la station Berri. Il me plait déjà. Sac d'intello écolo pour traîner ses bouquins de la grande bibliothèque. Ses cheveux et ses yeux sont foncés, comme je les aime. Quand je pense à tous ces gens à qui j'ai déjà donné rendez-vous ici. Tous ces gens qui se donnent rendez-vous la première fois. C'est vraisemblablement un endroit empreint d'histoires de toutes sortes. Je me souviens encore de ce que je portais. Du noir et rose. Classique.

Nous allons prendre un verre dans un endroit que j'adopterai par la suite. Puis, un café sur des chaises trop confortables au Second Cup angle Maisonneuve et St-Denis. Me voilà tourmentée. Cet homme qui se dresse devant moi n'est pas comme je m'attendais. Je souhaite déjà une histoire d'amour, mais je me dis que je prendrai ce qu'il me donnera. Que nous devenions amoureux, amis ou amants. Tout ce que je sais à ce moment, c'est que je veux le garder près de moi aussi longtemps qu'il me sera possible.

...Treize mois plus tard, enfin, je ne ressens plus rien en le regardant. L'indifférence jusque dans les jours qui s'écoulent entre ses besoins affectifs à combler. Même s'il alimentait mes plus jolis billets, ça fait du bien.

Posted by Miss Klektik :: 20:16 :: 0 commentaires
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samedi 19 avril 2008

Présentement

L'ambivalence est un cadeau de mes nombreuses morts et reconstructions. Un choix imposé par tout ce qui a laissé des traces sur ma peau. Comme une cicatrice, l'indécision me rappelle d'où je viens, mais aussi le chemin qui me reste à parcourir avant d'arriver à destination. Cet endroit que personne ne connaît, là où l'on est supposé savoir quand on doit s'arrêter de marcher.

Il restera toujours des craintes et des doutes. Et toi, ma chérie, tu te ronges les ongles d'insécurités. Ce soir, nous avons arrêté le temps pour se raconter. En surface, comme le fond les amants. Pour ne pas déranger les images, en attendant de s'aimer davantage. Car nous savons toutes deux que l'amour se construit de la volonté des gens ainsi que de nombreux autres ingrédients. Mais lorsque dans tes mouvements tu chercheras ma présence, je serai toujours ton amoureuse. Je ne connais pas la résistance de ce qui nous sépare, mais je n'ai pas envie de quitter tes lèvres et tes caresses sensuelles. Les incertitudes ne devraient jamais nous éloigner de l'instant présent.

Posted by Miss Klektik :: 23:09 :: 3 commentaires
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Go Habs Go!


Posted by Miss Klektik :: 22:17 :: 0 commentaires
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vendredi 18 avril 2008

La suprémacie de l'homme blanc

Lorsque la question à la saveur du jour est «Daiquiri fraise mangue ou bière allemande?», rien ne semble pouvoir ébranler les deux jeunes femmes dans la fin vingtaine. Rien... Jusqu'à ce qu'elles soient confrontées à la suprémacie de l'homme blanc.

Il ouvre machinalement la porte grinçante de son vieil autobus. Un ventre difforme entoure la partie inférieure du volant qui me laisse croire, pendant une courte seconde, qu'il est inséparable de son véhicule, amalgamé à la feraille et condamné à rouiller avec elle. Je regarde ailleurs. Sa moustache lui donne un air de Gaston. Son visage est froid et si gros, qu'il perd tout trait lui permettant de s'identifier au genre humain. Tout chez cet homme me déconcentre de ma mission première: payer mon droit de passage afin de me sauver de ce trou perdu et célébrer l'arrivée de l'été (ou est-ce le printemps?) en m'épuisant du regard sur St-Denis.

Mais l'homme en question, appelons-le Gaston, a une toute autre mission: nous empêcher de passer avec mon cinq dollars en papier. Malgré mon faible discours, prise par surprise j'en perds parfois ma verve, Gaston s'oppose au paiement parce que sa machine n'avale pas le papier. Gaston tient un discours à mi-chemin entre l'homme de cro-magnon et l'ours brun du Canada, il refuse de nous laisser passer. Nous devons abdiquer, nous descendons de l'engin.

Une jeune femme de minorité visible, descendue avec nous de l'autobus, se met à chercher dans son porte-monnaie pour quelques dollars, mais Gaston s'impatiente. Il claque la porte avec un cri d'effort à faire tressaillir de dégoût n'importe quel être normalement constitué juste après avoir lancé «Vous prendrez le prochain!» La jeune femme de minorité visible s'indigne plus que nous et elle nous fait cadeau des quelques pièces de monnaie nous assurant notre transport du point A au point D sans avoir à négocier la validité de l'usage du papier.

Le deuxième autobus arrive. Un sexy black nous accueille toutes trois avec un «Salut les filles! Il fait chaud, hein?» juste avant d'acquiescer en entendant la jeune femme sans nom de minorité visible lui raconter à quel point certaines personnes abusent de leur pouvoir. Puis, il nous laisse partir vers l'arrière de son autobus après un échange complice de sourires.

La morale de cette histoire? Ce n'est pas parce que les gens sont gros et laids qu'ils sont sympathiques pour autant.

Posted by Miss Klektik :: 23:09 :: 1 commentaires
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mercredi 16 avril 2008

Ça se passe dans le lit

Tournoie dans le lit. La peau qui s'ennuit. Mes rêves de toi sont sur un fond de musique jazz. Instrumentale. En noir et blanc. Et cette odeur qui m'est chère de ton désir qui te fait frisonner lorsque mes doigts te touchent. Ce soir, je te voudrais près de moi.

L'autre nuit, tu m'as dit « Ah! Comme tu maîtrises bien ta langue. » Je t'ai dit alors que c'était une question d'éthique professionnelle.

Après quelques questions, tu as remarqué que mon honnêteté est plus grande que ton désir de curiosité. J'ai souris et j'ai gardé le silence. Mon corps contre le tien sous ton édredon égyptien, j'ai su qu'aucune vérité ne peut détruire le monde que tu te bâtis avec intensité.

Suis-je vraiment l'architecte de tes rêves?

Posted by Miss Klektik :: 19:15 :: 7 commentaires
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mardi 15 avril 2008

Talons aiguilles et jupes de cuir

Elle porte ses cheveux blonds. Sous son tailleur de style mère-grand, elle agrémente ses jambes de bas résille. La jupe à mi-mollets, ses talons sont les plus lourds du bureau.

Elle voudrait être jeune encore, mais sa philosophie (bien plus que ses rides) la trahit. C'est triste pour elle. Lorsqu'un homme sourit par politesse, elle se dévoile les attributs en les remontant de ses coudes déshydratés. Elle fait aussi la moue en bougeant les épaules avec une fausse sensualité qui laisse deviner son manque de créativité. Ça me fait pitié.

C'est une gestionnaire sur papier. En réalité, c'est une cinglée subventionnée. Oui, je suis sûre que notre organisation a reçu une subvention d'une quelconque union pour embaucher une dinde pareille.

Aujourd'hui, j'ai osé répondre à ses menaces déguisées. La terre en a tremblé jusqu'à Gaspé. Je connais ses munitions, mais elle ignore mon arsenal. Je vous assure que je n'aurai pas besoin de sortir mes caps d'acier pour la piétiner.

Posted by Miss Klektik :: 19:35 :: 2 commentaires
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Video overdose

Par hasard, je suis tombée sur ces vidéos et je voulais les partager avec vous. Enjoy!

Un classique.



Miss Klektik qui cruise dans un bar. (Remarquez que ça pourrait très bien être Panique aussi.)



Évidemment, mon préféré.


Posted by Miss Klektik :: 06:48 :: 9 commentaires
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lundi 14 avril 2008

L'approbation

Emprisonnés dans un texto, des caractères superficiels. Libérés par la sonnerie contextuelle, ils se métamorphosent en conversations de filles substantielles. Une relation confidentielle. Des paroles dorées au miel. Toutes les consonnes courtisent les voyelles. Sa voix se transforme en ondes sensuelles. Son charme n'est plus contractuel. Le petit bonhomme s'ouvre grand une oreille. Il comprend que dans ces douceurs échangées, l'amitié n'est pas pareille.



Le petit bonhomme m'embrasse avant de se coucher. Il profite d'un câlin pour murmurer « C'est correct maman si t'as une blonde tsé. »

Posted by Miss Klektik :: 22:03 :: 5 commentaires
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dimanche 13 avril 2008

Cette année, je déménage

J'ai renoncé à mes droits d'habitation sur mon ancienne maison. J'ai signé le papier qui me loue les droits de propriété sur mon quatre pièces et demi. Je quitterai bientôt cet endroit et tous ses souvenirs. Un logement, vieux témoin de quatre ou cinq ans.

Je ne verrai plus cette marque de cigarette sur le plancher au milieu du salon. Celle qui avait été créée par l'enchanteur lors d'un baiser suite à l'une de nos nombreuses conversations de futon.

Je n'irai plus dans cette pièce d'où je vous écris présentement. Celle qui a été, pendant un an, la chambre de l'adulescent. C'est ici que j'ai chevauché l'enchanteur, surpris, sur une chaise bien droite. Peut-être même sur celle où je suis assise à cet instant précis, qui sait. C'est aussi dans cette pièce où s'accumulent le plus grand nombre de bières. Ce sera ici où j'entasserai avec un joli sourire, mes toutes premières boîtes.

Je n'aurai plus à me maquiller dans une salle de bain qui m'aura servie pour dépister deux grossesses que je n'aurai pas menées à terme. Symboles de ma solitude, de mes exigences et de mon manque de confiance envers les gens.

Quand je quitterai, je laisserai le plus de choses qu'il m'est possible de le faire derrière moi. J'emmenerai des meubles sans histoires. Sur mes nouveaux murs, des couleurs et des textures à mon image, sans concession. M'installer dans mon antre pour deux au lieu de m'étendre dans plus grand en attendant le prochain battement de coeur.

Mes souvenirs s'effaceront et je pourrai recommencer en dehors des habituelles comparaisons. Laisser entrer les gens chez moi sans craindre qu'ils restent trop longtemps ou qu'ils partent trop vite. Pour une fois, ne pas être en contrôle du temps. Simplement apprécier la présence des gens qui passent dans une vie sans constamment chercher à les justifier pour les actes qu'ils ont commis ou les pensées que je leur ai attribuées.

Déménager, c'est comme se refaire une nouvelle vie.


Posted by Miss Klektik :: 21:48 :: 6 commentaires
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Les papillons

Elle m'a dit «Chérie, regarde, tu me donnes des papillons!». Et je les ai vus, oui, ces monarques qui s'échappaient de son ventre un peu rond.

J'en ai profité alors que son regard se retournait à l'intérieur d'elle-même pour chercher les miens. Mais ils n'y étaient pas. Pas plus qu'hier, mais peut-être demain? Pas encore, me dis-je un peu déçue comme si l'amour était une question de volonté créatrice et que je n'y étais pas encore arrivée. Comme si l'amour qui souffle et permet son propre envol, était le résultat du nombre d'éoliennes que j'avais plantées dans ma cour et que je n'en avais pas mis assez.

Pourtant, lorsque je la contemple, ma presque amoureuse, ça me fait sourire. Je suis bien, je suis heureuse et c'est tout ce qui compte selon elle.

Posted by Miss Klektik :: 11:08 :: 6 commentaires
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vendredi 11 avril 2008

La clinique

Dans la salle d'attente, trois heures après mon arrivée. Un homme excessivement effeminé, avec son poignet cassé, fait son entrée. Conversation entre l'homme et la joviale réceptionniste.

- Prenez-vous les clients schizophrènes ici?
- Ici, nous dépistons et traitons les ITS, monsieur.

- Vous faites aussi des avortements?

- Oui...

- Ah, mais ça, vous avez jugé bon de ne pas m'en informer parce que je suis un homme, n'est-ce pas? C'est de la discrimation, ça!


Il s'agrippe au comptoir, s'agite le haut du corps comme un drap au vent et fait un mouvement de la tête pour rejeter en arrière des cheveux qu'il n'a pas. Puis, il s'en va.

Une heure plus tard.

- Bonjour, mon nom est le Doc...

À peine avait-il prononcé son nom, que je l'avais déjà oublié.

- Bonjour Doc, j'aimerais juste passer tous les tests pour toutes les maladies sans symptômes.
- D'accord. Vous avez eu des relations non protégées?
- Doc, j'ai eu pitié des pénis mous confinés dans leur habit de caoutchouc.
- À quand remonte votre dernière relation sexuelle non protégée?
- Quelques mois. Vous savez, doc, je n'ai jamais initié la danger, je me suis contentée d'aquiescer. Si vous saviez le nombre de mecs qui sont prêts à l'enlever même lorsqu'on se dit ouvertement ex-prostituée. Ils savent pas, eux, à quand remonte la dernière fois que je suis venue vous voir.

En présence de médecins, je suis nerveuse et je parle trop. Les jambes écartillées, le sexe à quelques centimètres de son visage, je perds toute notion de confort.

- Je déteste ça. Je déteste. Je déteste. Je déteste.
- Non? Vraiment? Vous êtes la première à me dire ça, c'est curieux.
- Hmph.

S'en suit une conversation sur les relations hétérosexuelles, lesbiennes et les transgenres. Je lui fais un update de ma vie amoureuse. J'ai droit à un cours de contraception pour lesbiennes 101: imaginez deux utérus collés ensemble. Une brève histoire du parcours médical du médecin. On voit l'éventail de la diversité lorsqu'on pratique dans le centre-ville. Et moi, au milieu de tout ça, si je fais abstraction des étriers, je me sens comme chez moi.

Posted by Miss Klektik :: 06:33 :: 3 commentaires
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mercredi 9 avril 2008

Mercredi

Je m'ouvre une bouteille en espérant y puiser un peu d'inspiration. Je la trouve bien vide. Moi aussi. Un petit down léger, temporaire. Moitié de bière. C'est une blonde éphémère. Ma dernière à portée de main. J'augmente le volume, je cache mes yeux derrière mes cheveux mouillés et je me mets à danser. La vague sombre s'emparant de mon corps, je permets à ce dernier de divaguer dans l'ombre en l'absence de regards indiscrets.

Ma plus grande peur est mon plus grand désir: m'encrer avec une personne jusqu'à ce que la fin s'écrive d'elle-même au lieu de pousser les fins de saisons au bord du gouffre. J'aurais voulu qu'on me donne une raison d'être dans la lumière, mais je demeure une créature qui partage sa vie entre le froid de la terre et la chaleur de ses enfers.

Je couvre mon visage de soie, je dépose un peu de toi sur ma peau et je prends soin de maquiller mes maux. Avant de partir, je change mes vêtements. Oublier si c'est pour toi ou si c'est pour moi. Un nouveau départ, recommencer à zéro. Se convaincre encore que cette fois, ce sera différent.

Posted by Miss Klektik :: 22:02 :: 6 commentaires
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mardi 8 avril 2008

Les gangs de mon quartier

Des jeunes exposés à la violence de la rue, là où la couleur qui importe n'est pas celle de la peau, mais celle du drapeau.

À l'arrière de l'autobus s'improvise un combat de syllabe. Un marocain qui rap en français, un mexicain qui rap en espagnol et un haïtien qui rap en québécois. Tous a cappella.

Si le soir, ils tirent de leur fusil pour défendre un sentiment d'appartenance; le jour, ils se bombardent de vers et d'alexandrins. Et il n'y a que quelques fous pour applaudir la créativité des rimes. J'ose croire que l'expression de l'appréciation fera qu'une balle ou deux de moins seront tirées cette nuit.

Des combattants sensibles, des chevaliers au code d'honneur particulier. Les poètes modernes font du beatbox. Et moi, j'aime les écouter.


Posted by Miss Klektik :: 21:28 :: 2 commentaires
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lundi 7 avril 2008

A girls moment

Peut-être que ma vie s'étalerait en roman si j'étais plus disciplinée à écrire en ligne droite. Des pages et des pages de moi. L'orgueil serait comblé. Je pourrais aller voir de temps en temps dans les librairies combien de copies traîneraient sur les tablettes comme je m'amuse à le faire pour certains. Peut-être que je n'ai pas besoin d'écrire de façon linéaire si les histoires ont un fil conducteur. Mais l'idée quitte toujours mon esprit aussi vite qu'elle y est entrée. Certains livres ne font qu'attirer la poussière. Et je ne suis qu'une blogueuse en fait qui rêve d'écrire jusqu'à la mort de son âme, celle qui arrive malheureusement beaucoup plus vite que celle du corps. Et si dans la publication, je commettais un acte de suicide involontaire de création, plus grand que la numérotation de ma maison? Des one hit wonder, il y en a a aussi en littérature.

Au coup du dring, NYC m'invite à dîner. Curiosité. Nous sommes des bêtes de foire dans un cirque urbain où les créatures sont toutes plus spéciales les unes que les autres. Ailleurs, on serait la norme. Serait-on différentes? Je me pose trop de questions pour ne pas m'en poser d'autres. Je m'arrête un instant entre deux gorgées de chaï latté. Ma vie est un téléroman. «Il n'y a pas un seul canal qui diffuserait ta vie», me dit-elle en s'étouffant avec son moka grandé. Évidemment. Je sais, je sais. La censure couperait tellement qu'il ne resterait plus rien à raconter. Me dis-je en regardant la faune terne de mon quartier professionnel éloigné. Étrangère au monde extérieur, j'ai eu une pensée pour ceux qui sont des inconnus de l'intérieur.

Les talons qui claquent sur l'asphalte exposée au soleil, si vous saviez comme il est réconfortant de toucher le sol de nos botillons. Elle me lance que nous sommes peut-être les héroïnes d'une nouvelle génération de Sex and the City. Et que peu importe son personnage, le mien est hors de tout doute celui de Samantha maintenant.

Posted by Miss Klektik :: 19:25 :: 3 commentaires
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dimanche 6 avril 2008

Tu veux danser?

Elle tient ma main et me guide à travers la foule hétéroclite. Le symbole de l'appartenance par excellence sous les regards des habituées qui dévorent du regard la nouveauté. La douceur et le manque flagrant de subtilité. Sous une pluie musicale qui émoustille les sens, nous nous abandonnons l'une à l'autre sans nous préoccuper de la foule qui nous entoure. Son corps contre mon corps. J'ai pu sentir encore sa chaleur et entendre son désir de plus en plus fort. Chaque mouvement comme une vague de plaisir faisant grimper la température ambiante et cette voix suave et sensuelle qui accompagnait le mouvement de ses hanches. Je serais restée dans ce moment en oubliant le temps. Mais je suis repartie avec le sourire lorsqu'elle a reprit ma main pour faire le chemin inverse. Parce que je sais que j'y retournerai prochainement. Entre elle et moi, il n'y a que l'instant présent. Ce qui nous lie est aussi ce qui nous sépare et les baisers que l'on s'accorde dans tous les coins de la ville scellent une union sans complication qui, pour une fois, a une longueur d'avance sur mon imagination.


Posted by Miss Klektik :: 01:42 :: 3 commentaires
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samedi 5 avril 2008

Court post sans titre ni image

Alors que je croyais que rien de pouvait me ramener ma bonne humeur réelle sauf le sourire de mon fils, je me suis rendue compte, une main entre ses cuisses et nos langues dansant ensemble, qu'elle avait le même pouvoir sur mes petits bonheurs.

Posted by Miss Klektik :: 01:23 :: 1 commentaires
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vendredi 4 avril 2008

Quand ça ne va pas...

Heureusement qu'il y a Plastic Bertrand...


Posted by Miss Klektik :: 16:49 :: 5 commentaires
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jeudi 3 avril 2008

Ma rencontre avec la prof

J'ai eu un lift du collègue fortuné. Parfois, j'ai l'impression d'être sa BA de la journée et j'accepte que pour lui laisser une vague impression d'utilité dans la société. Donner 2$ à un itinérant que l'on présume héroïnomane ou embarquer la secrétaire monoparentale, lui sauver 30 minutes sur son horaire chargé de petites choses sans grande importance? Le choix est clair pour le gestionnaire qui a une conscience à vouloir sauver. Entre une discussion sur les établissements privés et une autre sur les beaux appartements rénovés de 2000 pieds carrés, il m'a dit qu'il trouvait admirable mes performances parentales compte tenu des circonstances. À quelques minutes de la rencontre avec l'enseignante, je doutais même de ma faculté à mettre un pied devant l'autre sans qu'il se rende automatiquement jusqu'à ma bouche.

«J'avais hâte de vous voir!»

Ses premiers mots. Mon ventre s'est noué et mes genoux se sont collés. Je savais trop bien ce que cette phrase signifiait. Elle m'a gentiment offert une chaise en plastique autour de la table en rond quand elle a vu mon visage blanc. Et c'est à ce moment précis que ça m'a fait mal...

Mon gars ne va pas bien à l'école. Vraiment pas bien, au-delà des trois chiffres sur les trois pages de papier qui se trouvaient devant moi. Et cette fois, je ne peux pas en vouloir à la Terre entière. J'ai tout fait pour garder le moral devant elle. Devant son air rempli de compassion, j'essayais de faire passer mes éclaircissements de la gorge pour un début de grippe ou de rhume. Je mélange toujours les deux. Je l'ai vu, dans ses mouvements de lèvres et ses yeux tristes, qu'elle comprenait vraiment l'émotion que je vivais et que je n'arrivais pas à nommer dans ma tête à ce moment précis. Même pas si loin, je suis complètement déconnectée des classes. Tout ce que je voulais c'était m'enfuir maintenant que j'avais compris la gravité de la situation. Elle m'a laissée partir en s'improvisant porte-parole pour les autres qui devaient venir.

Elle avait hâte de me voir. Mais moi maintenant, je n'ai plus envie de voir personne.

Posted by Miss Klektik :: 20:17 :: 8 commentaires
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La gorgée

Il m’a dit «Pose tes lèvres sur le bord, doucement, juste comme ça…» en donnant une forme singulière à ses lèvres, comme si les siennes n’étaient pas au contact de l’air que nous respirions, mais plutôt au même endroit que les miennes. Il faut dire que je regarde beaucoup les lèvres lorsque les gens s’adressent à moi. C’est, sans aucun doute, la partie du corps humain que j’aime le plus. Et ça me permet de fuir les regards confiants qui me gênent bien souvent. Comme si, en regardant les lèvres, mon interlocuteur ne pouvait pas lire mes pensées perverses. Les désirs que je me crée à partir des riens.

Alors je me suis exécutée sous ses yeux de mentor, défiant presque ma capacité de dégustation. Échange de fluide 101 comme cette soirée un peu trop arrosée où je m’étais allongée, douce et malléable comme il me le demandait, l’empreinte de ses mains sur la blancheur de ma peau. J’en redemandais encore. J’étais déjà ailleurs, là où les sentiments ne viennent pas s’imposer dans les soirées improvisées dans ma tête et sur les planchers qui vibrent.

«Penches-toi davantage.» Mon corps à la renverse, mon verre restait bien droit. Presque aussi solide que ces fausses vertus que je m’époumonais à vanter. Les verres m’appelaient et semblaient connaître mes faiblesses. L’alcool peint tout ce qui fait de moi une amoureuse du genre humain. C’est dans le vide des contenants translucides que je fuis le danger auquel je rêve de m’exposer. Je suis une aventurière inavouée qui tente de se raisonner. Et le succès n’appartient qu’à la gorgée.

Posted by Miss Klektik :: 12:10 :: 3 commentaires
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mercredi 2 avril 2008

Miss Klektik se risque en région une seconde fois

Quelque part en région éloignée, Miss Klektik s'est risquée en talons pour une noble cause. Pas question de sortir en bottes de mammouth en avril, même pour aller au-delà des ponts qui sont devenus au fil du temps des barrières naturelles délimitant mon territoire.

J'avais pensé vous écrire sur le voyage, sur la bonté de mon conducteur et son coeur, encore plus gros que le mien même si ça, il ne le dit pas trop fort. J'avais pensé vous parler de la soirée en elle-même, qui servait à ramasser des fonds pour une cause qui ne me tient pas particulièrement à coeur, mais qui est importante pour celle qui est devenue une amie par la force des choses et c'était suffisant pour me déplacer. Cette femme d'ailleurs, si modeste, fait tant pour les gens qui l'entourent et inspire son homme... c'est beau à voir. Vous devriez... enfin, un jour peut-être j'oserai vous les présenter correctement.

Mais non, il faut que je vous parle de ce qui m'a le plus touchée, ce qui m'a déstabilisée. De purs étrangers, des inconnus que je n'ai jamais vus, qui m'ont serrée dans leur bras pour me dire au revoir. On ne parlait plus des petits bisous amicaux sur les joues ni même de la traditionnelle serrée de main scuse-mes-mains-moites-ou-froides. Un hug. Comme ça, sans m'avertir. J'ai failli perdre mon équilibre, j'ai senti quelque chose rester coincé au travers de ma gorge. En fait, c'est moi qui le bloquait là. Ç'aurait été ridicule de réagir. J'ai sorti un sourire neutre, mais heureux.

Je me suis contenue jusqu'à la voiture où l'on m'a raconté en moins de cinq minutes une histoire extraordinaire qui est venue me chercher. Elle a le don de m'arracher des sentiments enterrés en un court laps de temps. Je savais déjà que les gens que je venais de rencontrer étaient exceptionnels. Une famille qui a fait pour elle ce qu'un seul homme a fait pour moi.

J'aurais pu vous parler de n'importe quoi de ma soirée. Même cette femme combattante qui était dans la voiture avec nous que je tentais d'observer discrètement, je la trouvais tellement puissante et fragile à la fois. J'aurais pu vous parler du chemin du retour et de l'humour douteux des montréalais vs les gens de région. Mais ce sont ces deux minutes dans une maison bien simple au milieu d'une rue qui ressemble à une entrée de garage où j'ai passé le plus beau moment de ma soirée.

Posted by Miss Klektik :: 06:41 :: 6 commentaires
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