Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


dimanche 29 juin 2008

Décrassage

C'est le dernier sprint. Je cours un peu. Je recharge le Ipod de fiston. Je trimbale un papier de Purolator qui me dit d'aller dans une ville qui ne porte plus le nom de Montréal tellement c'est loin. Une promesse de ma future connexion Internet. Je leur donne 6 mois avant de me retrouver dans une situation emmerdante qui me privera de mon accès Internet pour une durée inacceptable (plus de 20 minutes). Mais voilà, je suis comme ça. Je laisse le temps passer et je me dis que les gens, comme les fournisseurs, peuvent s'améliorer.

Certaines choses ne changent pas pourtant. Certaines personnes non plus. En tout cas, moi j'ai changé mon statut sur Facebook et ça me va très bien le splendide « in a relationship ». Je ne vous dis pas les conséquences d'un tel geste...! On me servira le hasard en entrée, relevé de condescendance, mais je n'écouterai pas la fin du repas. Cette fois, je choisi la subtilité dans l'élimination. Doucement. Ça me permet de renforcer ma volonté en même temps et de m'éviter de me faire traiter de drama princess inutilement. C'est une chance que les gens n'aient pas un système de fidélisation aussi intense que les entreprises. Il n'y a pas que les fréquentations des enfants que l'on doit surveiller...

Le paternel a prit sa fille en pitié. Rectification : la blonde du paternel a prit sa belle fille en pitié et a imposé aux deux grands orgueilleux le traditionnel coup de main de dernière minute pour tuer le chat qui s'était fait une nouvelle vie dans les coins de murs de mon futur appartement.

Je débranche l'ordi pour une durée indéterminée dans les prochaines heures. J'ai trois livres, merci à l'amoureux, que je laisserai dans une boîte que je saurai identifier pour me permettre de passer au travers de ma dépendance, avec l'habituel crayon et le cachier rose qui ont élus domicile dans mon sac à main noir. J'y pigerai probablement quelques syllabes ou expressions pour écrire d'autres lignes et de nouvelles émotions. Pour une fois, c'est le corps fatigué et l'esprit allumé que je m'en vais me coucher.

Posted by Miss Klektik :: 00:20 :: 8 commentaires
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samedi 28 juin 2008

Entre deux boîtes...

J'ai des gouttes qui tombent encore de mes cheveux. Je m'en vais te retrouver dans quelques instants, mais je suis nerveuse un peu. Je ne sais pas ce qu'il advient des amours si grands. Est-ce qu'ils meurent, s'effacent, se transforment? Peuvent-ils survivre au temps? L'endroit est différent, mais les questions restent les mêmes. Je me suis demandé si c'était aujourd'hui que tu commencerais à m'aimer moins. Si c'était aujourd'hui, demain ou si c'était encore loin. Je me demandais si tu serais ce genre d'homme à vanter mes qualités aux jolies demoiselles qui te regarderaient avec un intense désir dans les yeux. Question de leur glisser un gros glaçon en plein coeur de leur libido. Comme certains hommes casés le font. Moi, je respecte ça.

Le papier et le crayon se boudent encore dans le métro. Les mots ne sont plus assez grands ni assez forts. Mon vocabulaire est faible et les dictionnaires des synonymes me semblent tous incomplets. J'écrirais des images de toi tous les jours. Quelques mots d'encre bleue sur les lignes grises se perdent dans un manque de structure évident. Des dessins se forment sur les pages pleines et celles que je laisse vierges inconsciemment. Comme un espace laissé dans sa propre vie pour réussir à y faire entrer ce qui saura s'y installer.

Je ferme le cahier. Ça ne sert à rien. Tout reste immobile depuis des jours dans mon petit cahier rose. Je me suis laissé une note de ne pas oublier ma tête dans ce foutu déménagement, mais de laisser derrière tout ce qui a été avant toi.

Posted by Miss Klektik :: 07:07 :: 5 commentaires
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vendredi 27 juin 2008

Déménagements

C'est bientôt l'heure de partir. Quitter cet endroit pour m'installer ailleurs. On ressort les souvenirs que l'on aura laissés dans les fonds de garde-robe. (Merde! Ce qu'il en a des affaires tassées là-dedans!) Moi qui n'avait pas fait de ménage de printemps exprès. Alors j'ai repensé à toutes ces fois que j'ai déménagé. Ceux que je me souviens. Ceux que j'ai fait depuis que j'ai quitté le domicile familial.

J'avais seize ans presque dix-sept. Toutes mes affaires étaient dans d'immenses sacs verts sur le bord de la porte. «Tu peux aller voir en bas s'il y aurait des choses qu'on aurait oubliées.» Retrouver ma chambre complètement vide. La soeur en train de manger qui me croise et qui dit «C'est qui elle?» parce qu'elle ne me reconnaît plus depuis que je suis partie.

De Mascouche à Longueuil. Le peu que je possèdais rentrait dans une voiture. Puis dans les quatre tiroirs qui m'étaient réservés dans la maison d'hébergement pour jeunes en difficultés. Partir de là quelques mois plus tard, émancipée à dix-sept ans. Me retrouver dans un petit logement sur le Plateau avec un bel avenir devant moi. C'est là où j'ai croisé la route de Kamel, sur un coin de trottoir sur Mont-Royal.

Parcourir les petites annonces pour vivre en colocation. Tomber sur une photographe anorexique. Parcourir les petites annonces pour vivre en colocation. Tomber sur le meilleur coloc ever. Recevoir une invitation de colocation d'une amie du secondaire. Retourner sur la rive-sud. Perdre son amitié et faire de nombreuses variations de colocs et autres histoires intéressantes. De mon angle, écrasée à terre. Partir sans savoir où aller. Me retrouver juste à côté. Puis déménager encore juste à côté. À pieds.

Quitter encore pour revenir en ville à quelques rues du nouveau prétendant. Partir en milieu d'année pour vivre avec le nouvel amoureux. Retourner à l'ancien logement par obligation. Parce qu'on aura crié trop fort «Ben c'est ça, je vais déménager!» pour gagner une dispute et s'étonner qu'il n'y ait que le silence pour riposter. Partir pour plus grand, pour respirer et retrouver une liberté qui s'est échappée. Rester cinq ans à contempler des murs blancs.

Et maintenant, me rapprocher du coeur de la ville par amour. Celui que j'ai pour Montréal, sa diversité, mais surtout... l'amour que j'ai pour mon garçon et la qualité de l'éducation qu'il pourra trouver dans l'école que j'ai choisie. Je n'aurai jamais déménagé pour une aussi bonne raison. Mais ils disent que c'est l'un des pires quartiers de la ville. À suivre...

Posted by Miss Klektik :: 07:16 :: 6 commentaires
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mardi 24 juin 2008

Bloqués

Aujourd'hui, entre une boîte et un vieil épisode de Fortier, je regardais ma liste de gens bloqués sur MSN.

Il y a ce photographe de New-York qui aime les femmes fatales en petites doses et les soirées fetish. Cet ancien goune qui est déjà sorti aux mêmes endroits que NYC Girl dans l'temps qu'elle était goune aussi. Ce n'est pas cute un goune qui cale. Il y a Stan parce qu'il est exactement pareil comme avant et pas moi. Mike qui est un fana de caméra. Ça fait son temps. Il y a un jeune homme qui fait de la poésie facile pour plaire aux femmes qui voudraient être intellectuelles. L'homme qui m'a offert le montant le plus élevé de ma vie pour coucher dans mon lit et que j'ai refusé pour me prouver quelque chose. Nicky, une lesbienne en région qui pense que de vivre à deux c'est l'apothéose. Des dizaines de travestis... C'est compliqué, je vous dis.

Des noms marqués de rouge pour me rappeler le parcours d'une quête identitaire sexuelle que je considère encore incomplète. Comme si je n'étais pas encore rendue à ce que je suis vraiment, comme si je n'étais pas allée au bout de moi-même. Mais doit-on vraiment aller au bout de tout? J'ai mis Aliss dans le fond d'une boîte et j'ai mis cette boîte au bas de la tour de carton. Et si je décidais de ne plus jouer?

Posted by Miss Klektik :: 22:12 :: 9 commentaires
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lundi 23 juin 2008

Entre deux tons

Je ne suis pas celle que vous croyez. Ni vierge offensée ni maîtresse de ces soirées…

Enfin, c’est ce que je voudrais vous faire croire. Qu’au-delà des mots qui s’égarent ici, il y a une personne que vous pourriez peut-être ne jamais saisir complètement. Une étrangère que vous connaissez ou une connaissance qui vous paraîtra toujours un peu étrange. Parce que lorsque les gens se font une image qui colle trop bien à vous, changer dramatiquement ou stagner devient risqué.

À la recherche de ce que je n’ai jamais su trouver. Un endroit qui me donnerait l’envie de m’arrêter. Un endroit pour me contenir, m’essouffler et me laisser grandir à un rythme qui ne me serait pas imposé. Un endroit qui deviendra un homme ou une femme, je ne peux pas deviner. Et qui verrait la même destination en moi.

L’espoir même de penser avoir trouvé effraie à un point tel que les doigts s’agitent et laissent tomber des fragments de ce que l’on aurait autrement conserver. Parce que la vie est ainsi faite, de combats et de paradoxes, pour éviter de s’ennuyer sur les longues routes droites. Perdons-nous un jour l’attrait des courbes?

Les gens se tirent et moi je les pousse. Je regarde d’un oeil curieux les aventuriers qui ne s’enfuient pas lorsque le sol se met à trembler. Ceux qui choisissent le meilleur chemin malgré toutes les fausses indications. Comme s’ils connaissaient la route menant à nous mieux que nous-mêmes.

Se retrouver là où nos rêves nous ont menés après avoir résolument tourné l'une des pages la plus lourde de son histoire, c’est comme s’éveiller au milieu de la nuit sans arriver à se rendormir. Rester debout pour voir le soleil se lever et entamer sa journée, un peu fatiguée de cette moitié d'insomnie. Abdiquer devant l’appel matinal du mezzo latté au café du coin et remplir sa vision de nouveautés en empruntant une route que l’on a longtemps délaissée.

Posted by Miss Klektik :: 18:16 :: 6 commentaires
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dimanche 22 juin 2008

Lendemain de veille

Party privé sur le toit de l'édifice de Molson avec de l'alcool en quantité illimité. Je n'avais pas participé à la rédaction d'un billet n'étant pas aussi inspirée que pour l'épopée... Enfin, vous vous souvenez. Mais j'ai eu la joie d'accompagner la jolie MAD pour l'évènement.

Elle m'attend donc dans un bar tout près de la destination prévue selon une entente préétablie. Nous prenons un verre puis nous nous rendons à pieds jusqu'à l'auvent bleu. Courir les grandes rues en talons entre deux lumières, ça me fera toujours rigoler.

Première surprise de la soirée: le port du name-tag. De beaux collants Avery blancs comme on colle sur les dossiers classés au boulot. L'avantage étant que l'écriture à la main est ici recommandée et non l'usage d'une commande xyz visant à uniformiser l'apparence de ce que l'on cherche à identifier.

Bref, alors que mon premier M se forme, une scène se crée dans ma tête. Visiblement chaude, en train de faire une connerie car c'est inévitable, les stupidités attirent l'oeil du photographe expert. Des collègues qui fouillent régulièrement l'Internet à la recherche de traces que j'aurais échappées afin de saisir l'identité qui leur est inacessible. Moi, ma face, ma connerie à venir et le name-tag sur un ordi en fond d'écran. Alors je prends le papier et je le colle au bas de mon chandail. Le plus loin possible du visage.

J'avance donc vers une salle à thématique évidente, me prend un verre et jette un regard rapide autour de moi. Mon regard tombe rapidement sur des amis, mais je me rends compte que mon ratio de connaissances n'est pas aussi grand que ce j'avais espéré. Une ambiance entre l'habituel Yulblog qui se serait déplacé et un 5 à 7 d'employés de centre d'appel.

Mais oh bonheur lorsque la rumeur circule que nous procédons enfin pour nous rendre sur le toit en petits groupes de dix personnes, accompagnés par des agents de sécurité souriants. Nous nous dirigeons donc calmement, mais avec tout de même une grande excitation. Tout ce rituel entourant le déplacement jusqu'au toit. Sortir à l'extérieur. Marcher jusqu'au bout. Tourner d'un côté. Prendre l'ascenceur. Monter encore quelques marches. Puis se retrouver sur le toit juste sous les lettres MOLSON. Boisson, musique et danse jusqu'à ce que la nuit tombe. Lorsque les feux éclatent en plein ciel, je me laisse séduire par la vue.

Une lectrice que j'appelerai Marie-Pierre pour l'occasion, accompagnée de son Jules. En descendant jusqu'au rez-de-chaussé, c'est elle qui me ramène à ma réalité au milieu de ce tourbillon par ses jolies discussions. Ça se voit qu'elle est fière de son Jules (et qu'elle a probablement bu un nombre de bière équivalent au mien). Même si sa compagnie est appréciée, elle me donne le goût de rentrer...

Je prends la dernière gorgée que mon corps peut supporter, puis je quitte en abandonnant un verre à moitié plein. Je pense que je marche encore droit, mais honnêtement, je ne sais pas. Impatiente, je téléphone trois compagnies de taxis dont une me refuse l'envoi d'une voiture prétextant que mon adresse est invalide, ce qui fait bien rire une employée de l'endroit. Je vois Marie-Pierre et son Jules quitter rapidement. Son Jules a quelque chose qui brille dans les yeux et il semble prendre grand soin de celle qui est accrochée à son bras. Détail insignifiant probablement, mais je me dis que son Jules ressemble peut-être un peu au mien comme elle le disait elle-même. Le taxi arrive... et je quitte le party avec la même fébrilité qu'à mon arrivée.

Posted by Miss Klektik :: 21:18 :: 0 commentaires
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vendredi 20 juin 2008

À cause des garçons...

Travailler dans un monde de fonctionnaires. Dans une ère de féminisation.
Le sosie de l'enchanteur qui se libère de sa cravate passé trois heures.
Et Yelle qui chante que c'est la faute aux garçons dans mes écouteurs.
J'en tiens un seul responsable, mais c'est une douce condamnation.

Un arrêt au royaume de la liquidation.
Des paranthèses de brun chocolat pour contenir une citation fuschia.
Des accents de rose bonbon dans les yeux, je suis vite retournée à la maison.
Il faut parfois savoir résister à la tentation...


Posted by Miss Klektik :: 20:30 :: 3 commentaires
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Secret

Je suis incapable de prononcer correctement le mot « ambiguïté ».

Posted by Miss Klektik :: 07:13 :: 2 commentaires
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jeudi 19 juin 2008

La maison

Il n'y a pas si longtemps, une gentille et jolie demoiselle faisait dessiner mon garçon sur un naperon de restaurant. Un exercice bien simple pouvant servir de façon sérieuse, lorsqu'il y a plus d'un dessin à analyser, à déceler certaines choses chez un enfant. Alors ce matin, en complétant ce test, ça m'a rappelé un peu ce bout de soirée. Puis, je dois avouer, les résultats m'ont fait sourire. Alors, de votre côté, qu'est-ce qu'elle vous dit votre maison de rêve?




What the House Test Says About You



You are happy with who you are, and you don't have an inflated sense of self importance. You do your own thing quietly. You don't take up a lot of space.



You are a fairly community oriented person. You like to get to know your neighbors, but you also like your privacy. You get attached to neighborhoods and cities.



You are a calm, contemplative, and smart person. You take ideas very seriously.



You look good in a low maintenance sort of way. You do the minimum required to be attractive.



You are moved by what's exotic and unique. You often have the mentality of a traveler, even when you're not traveling.


Posted by Miss Klektik :: 06:08 :: 3 commentaires
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mercredi 18 juin 2008

Location

Mon amour, je le vis souvent ailleurs. Comme si je pouvais contrôler les souvenirs et me permettre d'effacer les gens sans qu'ils laissent de trace. La ville est déjà assez grande et certains endroits ont encore une histoire. Par station. Par ruelle. Par immeuble. Par boutique. Des morceaux de parcs. Je pourrais encore tous les nommer.

Alors je ne laisse plus les gens entrer chez moi. Je prétexte le désordre et mon garçon qui sont tout de même des raisons qui tiennent un temps, mais je ne pourrai jamais tenir une relation de mes deux mains tout en l'éloignant de ma demeure pour toujours conserver cette distance raisonnable entre leur amour et mon coeur.

Je côtoie donc des gens qui habitent près d'une station de métro ou à deux pas du centre-ville question de faciliter la fuite si je veux partir en pleine nuit.

« Chez toi ou chez moi? »

Ce sera toujours chez toi, car chez moi, ce serait comme laisser une autre partie de toi entrer dans tout ce qu'il a de plus fragile chez moi.

Évoquer la simplicité, mais fuir ceux qui cherchent à compartimenter parce que malgré tout, j'aime le sentiment de la grande amoureuse. Je finis toujours par m'emmêler dans mes demi-vérités et je me trouve pieds et mains liés. Et lorsque le temps de la fuite est arrivé, je sais que si je me lève pour me mettre à courir, je tomberai. Alors j'observe tout en essayant de me défaire de ces liens. Parce que j'aime comme je vis, toujours sur du temps emprunté.

Posted by Miss Klektik :: 21:36 :: 3 commentaires
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mardi 17 juin 2008

Laisser derrière

Le premier courriel où il me disait froide et distante. J'ai oublié la date. Un bout de papier qui parlait de son exaltation. « Je me retrouve, je me sens moi-même... » La lettre qui m'a tuée. Plaire en entier et fierté. « ...je n'ai pas envie de ne devenir qu'un amant de passage... ». Et son enveloppe rouge, parfaitement carrée. Ainsi que le bout de papier qui accompagnait les fleurs qu'il avait oubliées.

J'ai une longue histoire d'amour avec les mots qui remplissent les feuilles de papier. Malgré les nombreuses expressions sans conviction que je collectionne, je ne peux pas me débarasser de l'amour des lettres qui donnent des formes aux émotions.

Un billet de théâtre. Des billets de cinéma. Même le dernier. Le sac Godiva qui contenait tout ça et que j'avais oublié. Perché au haut d'un garde-robe, il aurait pu y rester jusqu'à ce que la poussière l'enterre. Déposer le sac au bas des escaliers au lieu de l'assomer avec des coups de pieds bien envoyés. Même pas besoin d'y mettre le feu pour me sentir bien.

Un rappel de la sensation de liberté retrouvée depuis que je me suis détachée. Piaf qui sonne de nouveau moi-même. Revenir enfin à ce que j'étais avant de le connaître. C'est une vieille histoire je sais, mais surtout, ne pas s'empêcher de croire encore.

Mais vous savez, ce n'est même pas de lui dont je me sauve ainsi. Je m'éloigne d'un idéal brisé depuis longtemps. Celui d'avoir une famille élargie. Celui d'avoir, peut-être un jour, un autre enfant. Qu'il soit de moi ou rejeté par une mère appeurée. Québécoise parce qu'on n'adopte pas assez les enfants d'ici. J'en aurais volontiers pris deux ou trois. Des âges différents pour faire pas mal de bruit dans mon appartement. La confiance ébranlée, je sais que je renonce un peu à ce rêve secret en m'enfermant dans juste assez petit pour ne pas faire entrer une autre vie.

Les boîtes s'empilent. J'ai quand même le coeur gros... juste un tout petit peu. Je partirai bientôt loin d'ici. Et je vous dirai que des enfants, je n'en ai jamais voulu d'autres.

Posted by Miss Klektik :: 19:45 :: 9 commentaires
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dimanche 15 juin 2008

Bonne fête

Je t'ai donné une carte blanche, sans mots. Parce que tu sais, papa, je n'aurais pas su quoi t'écrire. J'y ai inséré une idée qui manque d'originalité, mais c'est que je l'ai trouvé deux minutes avant de te rencontrer à la station service du coin. Mais si j'avais eu le temps, peut-être que je t'aurais écrit une ligne ou deux. Si j'avais pris le temps...

À toi qui me disais qu'il valait mieux cesser de rêver parce que les rêves ne se réalisent jamais. À toi qui me disais que je manquais considérablement de féminité. À toi qui me trouvais trop flyée avec mes vêtements noirs en plein été. À toi qui me reprochais mon manque d'émerveillement quand nous partions à l'aventure avec ta voiture. À toi qui trouvais que j'exagérais quand je pleurais en te pointant du doigt. À toi qui me reprochais d'avoir été mère un peu trop tôt. À toi qui finalement m'aimait pas mal trop.

Je me suis délecté de tous tes petits bonheurs même après t'avoir autant détesté. Je n'oublierai jamais, mais je voulais que tu saches que je comprends maintenant. Je sais que tu ne seras jamais le père que j'aurais aimé que tu sois. Mais dis-toi que je t'aime aussi. Bonne fête papa!

Posted by Miss Klektik :: 20:33 :: 11 commentaires
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L'avenue de roses

Elle a tourné la poignée. Doucement pour ne pas le réveiller. Elle voulait le surprendre avec un baiser, mais c'est elle qui s'est retrouvée surprise. Des pétales de roses étalées devant elle. Un chemin, un sentier, une avenue de roses pour la mener jusqu'à lui. Elle a pensé à ce qu'un homme lui a dit une fois : « Tu n'es pas romantique, toi! » et elle n'a pas pu s'empêcher de rire. Arrivée au premier, elle a déposé son sac à main et retiré ses souliers qui lui torturaient les pieds. Mais ils étaient si jolis... Elle se disait que l'avantage des lesbiennes, aussi stéréotypé cela puisse-t-il paraître, est sans contredit l'accessibilité permanente à un séchoir et un fer plat, mais qu'elles n'ont aucune appréciation (ou si peu) pour les souliers élevés qui font des jambes plus qu'intéressantes et la lingerie serrée qui empêche de respirer. Elle s'est arrêtée pour retirer le rouge évident de ses lèvres. Elle ne perdra pas l'habitude facilement d'habiller ses lèvres avant de s'offrir au dehors. De toute façon, elle aime ses lèvres roses ou rouges, brillantes et pleines.

Elle a tourné le coin. Les pétales continuaient. Qui l'aurait cru? Au bout du couloir, un coeur immense et une flèche pointant les escaliers menant à sa chambre. Et dans les marches, des chandelles pour éclairer son chemin. Et encore des pétales à perte de vue... jusqu'en haut. Je crois que c'est à ce moment qu'elle a oublié comment respirer pour quelques secondes.

Cette nuit, ses rêves lui ont semblés bien plats et vides. Contrastant à la réalité qu'il lui dessine. Tous ces mots qu'ils s'échangent et ces regards qui en disent autant. Elle sait qu'à chaque jour qui passe, elle est un peu plus amoureuse. Elle sait que ce n'est pas de ses actions ni même de ses intentions. Mais elle devra prendre encore plusieurs lignes pour vous parler de lui et de sa propre déraison...

Posted by Miss Klektik :: 14:02 :: 0 commentaires
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vendredi 13 juin 2008

La vie est belle

On m'a dit aujourd'hui qu'on ne peut pas dire sa peur de vieillir. Alors j'ai fait comme toujours : j'ai attaché mes cheveux et je leur ai offert mon plus beau sourire. Le temps qu'on m'explique les moeurs d'un peuple du nord, je me suis sauvée en ville avec des mots plein le sac à main. J'aurais aimé décrire, écrire, crier ma journée... mais dans ma tête, on était déjà demain. Alors je me suis laissée séduire par du slam pour séparer la nuit du jour. Avec près de moi, des mots qui m'appartiennent, un peu difformes. Des traits sans images et la peur aux mille visages en plein coeur.

J'ai touché le fond d'une bière de blé qu'il faut servir à six degrés pour mieux contempler la parade des âmes esseulées. Je les ai regardé s'aimer. Puis je l'ai regardé partir pour rejoindre sa vie, ses enfants aux noms bizarres et sa bien-aimée. Mais je suis restée avec ces gens qui s'inventent des vies le vendredi soir pour avoir quelque chose à croire.

Et moi je trouve que c'est une jolie histoire.





Posted by Miss Klektik :: 22:30 :: 7 commentaires
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jeudi 12 juin 2008

Open and close

Il n’y a pas si longtemps, je me disais encore que ça n'avait aucun sens. Les gens qui tombent amoureux, sont-ils cinglés ou naïfs?

Je parlais d'amour de vacances, de ceux qui ne survivent pas à la réalité. Prête à me résigner encore une fois, mais avec tout de même un peu d’espoir et un désir énorme de continuer. Nouveauté. Je me suis laissée aspirée (et inspirée) et c’est le désir qui a gagné. Le désir d'apprendre à laisser tomber mes barrières et à saisir le reste. Et l'aventurière qui se moque des laisses, penche légèrement la tête vers l'arrière. Les soupirs d'aisance - et autres rimes du genre - surclassent tous les récits qui restent à écrire. Kicker le hamster qui tourne dans sa roue de plastique. Abuser des superlatifs entre amis lorsque la nuit a complètement dévoré le ciel. Il n'y a plus de comparaison possible. Le besoin de sortir juste un peu de la routine quand le temps s'y prête. Le temps de quitter son no man's land et de risquer l'authentique.

Posted by Miss Klektik :: 06:25 :: 6 commentaires
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mardi 10 juin 2008

Citoyenne

Citizen Of The Planet - Alanis Morissette

Le Pérou ou la Bolivie. Échanger la différence pour quelques pierres. Uniformiser l'humanité et ses pensées. Quand rassembler devient un synonyme de contrôler. Le Tibet décrit dans les pages jaunies d'un vieux roman trouvé par hasard. L'odeur encore tendre des secrets que les gens transforment par respect. Le Rwanda sous une voiture. Et le Darfour encore. Alors qu'à Washington, on pleure la mort d'un adolescent tué par un noir. Des souvenirs de Bangkok dans le sang et de jolies cartes postales. L'indifférence opiacée des jeunes filles et l'impuissance de ceux qui bandent encore. L'Haïti dans un taxi d'ici. On ira danser ensemble sur la musique créole. En attendant un autre dix ou vingt ans que la situation s'améliore.

Définir la citoyenneté par l'opinion au lieu de l'action. Une démocratie malade qui s'achète des pages de presse et du temps d'antenne à coups de consultations publiques. Ramasser le temps dans une bouteille de verre et le regarder s'échapper doucement. Ma vie sur le dos. Un bagage ou deux de trop. Courir comme si mon existence en dépendait pour trouver une conclusion. Alors que j'ignore tout de ma destination.

Posted by Miss Klektik :: 22:13 :: 5 commentaires
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lundi 9 juin 2008

Une vague de chaleur

Au petit matin, l'humidité a fait son chemin. Elle est venue se loger sous forme de perles sur les nombreux fronts des passagers. J'ai poussé ma fenêtre le plus loin possible et j'ai souri à l'homme cravaté qui portait à son cou, le poids de ses responsabilités. J'aurais aimé lui offrir à lui aussi une paire de ciseau pour le couper des obligations dans lesquelles il s'était trempé, mais tout ce que j'avais était une bouteille d'eau à moitié pleine.

Le grille-pain à roulette a eu le temps de se vider puis de se remplir à nouveau de solitude essouflée et de miettes humanisées avant de s'engager dans un tournant me prévenant de mon point d'arrivée. Je suis descendue en bougeant la tête en espérant saisir un dernier courant d'air pour marcher dans le stationnement désert avec mes vieux souliers confortables.

Puis je suis rentrée avec les mêmes souliers qui faisaient un bruit d'été. Je suis embarquée sur l'autoroute et j'ai crié mon plus joli secret sur le toit d'une bagnole qui ne m'appartenait pas. Arrivée à la maison, j'ai bu ma limonade dans un carton. En regardant mon sapin se débattre dans son coqueron, je me suis demandé pourquoi les gens s'enferment toujours les uns les autres dans des cocons.

Posted by Miss Klektik :: 20:59 :: 4 commentaires
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dimanche 8 juin 2008

Strawberry Swing

Strawberry Swing - Coldplay

Il lui arrivait d'espérer tout détruire pour ne pas les voir dépérir. Tous ces coeurs qu'elle a souhaité dévêtir. Les valeurs sûres sont faites de courses et de morts. Sortie de ses cauchemars, une nouvelle course, un nouveau vide à poursuivre. Courir pour traverser les courants agités et faire face aux mouvements troubles.

La beauté dans la tristesse et la lumière qui a besoin du noir pour se faire remarquer. Se plonger dans ses propres délires pour écrire. Justifier chaque seconde en coups de crayon. Comme elle aurait aimé que quelqu'un lui dise que c'est correct pour aujourd'hui et que demain, elle grandira.

Elle rêvait d'un imparfait qu'elle trouverait parfait pour elle. Quelqu'un pour se moquer du temps avec elle et pour lui lire la ville jusqu'à ce qu'elle tombe endormie. Quand ça fait bang à l'intérieur, elle part en peur... Son histoire ressemble à l'une de celles qu'on paie pour voir au cinéma, sur grand écran. Et parfois, juste parfois, elle brave ses tempêtes et décide d'y croire.

Posted by Miss Klektik :: 20:54 :: 0 commentaires
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samedi 7 juin 2008

Fuckée

Il y a de ces moments. Le moral s'enfuit dans les talons et boude. Il glisse et s'échappe alors que je croyais le tenir fermement. Sans prévenir. Sans raison apparente. Ce n'est qu'une question d'apparence en fait. Rien à détruire, rien à créer, rien à discuter. Ça arrive et ça repart. Et moi, je le regarde arriver et me quitter. Comme si chaque fois, je perdais un peu de terrain sur ma propre connaissance. Ou alors j'en gagnais. Tout devient flou dans ces moments et même les plus belles certitudes se changent en doute qui accablent.

Ils ne se sont jamais entendus. Maniaco-dépressive. Syndrômes post-traumatiques. Avec des s parce qu'ils étaient plusieurs. Tous justifiés en nombre et en intensité. Dépression. Ajoutez cyclique ici et là. Junkie finie. Dépendante à tout ce qui transforme le réel en paradis artificiels. Puis, j'ai choisi le dernier. Celui qui m'a dit « Tu peux lâcher les pilules. T'es juste fuckée. » Merci doc. C'est ce que je me répète lorsque mes journées deviennent un peu grises, comme ça.

Je suis juste fuckée.

Posted by Miss Klektik :: 13:28 :: 6 commentaires
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Une question de débit

Je me parle à voix basse, mais je ne m'écoute pas. Toutes ces soirées passées seule, à n'avoir comme réaction mon simple reflet. Des images que je me crée, des scénarios en entier. La salle de bain est mon théâtre et les flacons empilés se transforment en spectateurs capricieux.

Je sors dehors et je chuchotte les syllabes contre le vent. Une à la fois, je prends mon temps. Je me plais à croire que je communique avec quelqu'un, quelque part.

Puis vient le moment où je ne parle pas, je vomi les mots. Trop souvent. Ils se manifestent en groupe et courent. Parfois, ils oublient mes règles et sortent du rang. Des mots un peu croche. De travers. À l'envers. Des mots qu'on m'arrache. D'autres qui prennent un chemin contraire à ma loi.

Parler sans rien dire n'est plus un exploit. C'est dans ces histoires que je te dévoile un peu de moi. À mélanger le vrai et le faux, j'essaie de m'éviter les chutes vertigineuses. Je ne peux pas croire qu'il a fallu que tu me déballes et que je me noie. Je ne peux pas croire que, sans effort et sans prévoir, un peu malgré moi, je sois tombée amoureuse de toi.

Posted by Miss Klektik :: 06:38 :: 5 commentaires
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vendredi 6 juin 2008

One time deal

« Désirer autant, ça ne pourrait être que décevant. »

Les jambes légères et les moeurs tremblantes, ses yeux restaient fixés sur lui. Pour le défier. Pour qu'il ose. Pour que l'orgueuil fasse tranquillement son chemin. Pour qu'il porte à lui seul le poids de son infidélité.

Elle savait que la seconde (ou la première) le saurait. Elle savait que ça se sentirait, que ça se verrait. Elle savait parce que pour elle, ce n'était pas la première fois. Elle connaissait déjà les règles de ce jeu dangereux. Elle connaissait très bien l'endroit où elle voulait encore mettre les pieds et elle voulait tout, sauf en subir les conséquences.

« ...mais si elle t'aime comme tu le prétends, elle fermera les yeux cette fois. Elle saura, crois-moi, mais elle ne dira rien. Une fois seulement. Et c'est pourquoi, toi et moi, it's a one time deal only my dear. »

Les promesses de simplicité l'ont atteint au bas ventre. Il s'est laissé convaincre et l'a suivi jusqu'au deuxième. Et pourtant, malgré toutes leurs jolies intentions, ce n'était que la première fois et non la dernière...

Posted by Miss Klektik :: 13:52 :: 5 commentaires
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jeudi 5 juin 2008

Post-Yulblog

Les côtes étouffées dans un étau et les pieds bandés, je nourri mes lèvres d'une subtilité au melon. Tout commence par une question de transparence. La soirée débute donc par des rappels coquins et une promesse sucrée qui reste accrochée aux lèvres. Le baiser, cette fois, je ne l'ai pas volé, beauté.

L'intensité demeure la même et par habitude ou enchantement, le regard s'étire de tous les côtés sans vraiment chercher. Ça frôlerait le désespoir si le deuxième sac accroché à l'entrée n'avait pas une destination précise, mais ce soir c'est tout simplement un intérêt général pour la beauté du genre humain. Encore. C'en est presque redondant, mais si vous aviez vu les morceaux de couleurs. Les éclats d'argent, de rouge et de peau pâle...

Les arrêts ne sont pas marqués au fer rouge, mais le gloss aux framboises laisse une brillance là où les folies se devinent. Stupéfiée par la double tempérance. Mes pensées plus dociles m'ont permis de rêver aux désirs et aux histoires d'amour que je dessine le jour. Celles qui se séparent par periodus et celles qui survivent dans une phrase sans ponctuation.

Posted by Miss Klektik :: 16:38 :: 2 commentaires
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mardi 3 juin 2008

Musique et politique

L'objet convoité se retrouve par un merveilleux hasard à une distance excitante de ma personne un lundi soir. Je dois me convaincre plus d'une fois que sa moustache hideuse est un frein suffisant à mon statut de fan finie pour m'empêcher de me ruer sur lui. Mais lorsqu'il n'y a qu'une ligne de poils séparant le musicien de son instrument...

24 heures plus tard. Un peu plus au nord. « Ton spagatthi, tu l'veux de même, coupé ou ben en purée? » que la cuisinière me crache en faisant danser son dentier. Je suis envahie d'un mélange d'odeurs de bonbons sucés trop longtemps, d'eau de cologne des années 30, de sauce en canne et autres subtilités olfactives singulières aux vieux ratatinés.

Trudeau – le fils – arrive et me sert une poignée de main en dessert. J'ai l'impression qu'il est venu me sauver. Je dois avouer qu'il a du style, mais mon regard s'arrête sur l'homme qui l'accompagne. A sexier version of Denis Coderre. Alors qu'un complice s'occupe de distraire l'ombre qui tente de devenir un homme politique aussi puissant que sa génétique, je glisse un gribouilli de numéros ayant une suite logique dans la poche droite du veston noir de l'attaché politique.

Puis, je reviens à la maison en sautillant sur des airs que j'ai chanté la veille lorsque le musicien a joué toute la nuit de son instrument en se déhanchant.

Posted by Miss Klektik :: 21:46 :: 3 commentaires
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Devant la glace

La naïveté si grande qu’elle s’étire jusqu’à la stupidité. Une fois encore. L’image de l’incompatibilité conceptuelle entre les hommes et elle. L’eau a coulé aussi longtemps qu’elle le jugeait nécessaire pour laisser s’échapper des larmes qui n’avaient pas encore raison de naître. Elle a cursé contre tout ce qui la rend faible enterrant les bzz d’abeilles et les flop flop d’ailes de papillons. Elle est tout simplement tombée à la renverse au mauvais endroit, au mauvais moment. Une fois de plus. Elle ne les compte plus.

Ce matin, elle aurait aimé être autre chose qu’une femme. Une fleur peut-être. Une pierre. Ou un homme. Ce soir, elle fermera les yeux en buvant d’un trait sa dernière bière. Puis elle soufflera dans le goulot en souhaitant disparaître.

Posted by Miss Klektik :: 08:29 :: 2 commentaires
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dimanche 1 juin 2008

Out of control

Out Of Control - She Wants Revenge

Dans la nuit, les presque s'effacent. Les virgules s'égarent et les décimales s'émancipent. Lorsque les dernières briques tombent, je décide enfin de rester. Le temps se fige et je retrouve, sous les draps, la force de tout recommencer. Et au matin, tout est encore là.

Les heures passent et une autre journée s'endort devant mes yeux. La bouteille aux lèvres, j'ai encore les doigts tremblants. La peur ne s'envole pas aussi facilement. La page demeure blanche et ma tête reste pleine. Les mots sont timides, mais j'apprécie leur puissance.

Puis un autre matin vient marteler mon esprit voyageur. Je parcours les vitrines avec la précise idée de plaire dans un seul et même regard. C'est comme jouer à la roulette russe lorsque l'appréciation doit provenir d'une paire de yeux au lieu d'un éventail varié. Le ciel a la même couleur qu'hier, mais nous sommes déjà demain.

Posted by Miss Klektik :: 17:47 :: 0 commentaires
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