Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


jeudi 31 juillet 2008

Warning : may contain publicity

J'adore les freebies. Je vais voir les feux sur le pont et je cours les festivals. Le jazz, l'humour, la francophonie, la diversité à son meilleur... Parfois, je vais même sur des sites pour me commander un échantillon ou deux d'une nouvelle crème question d'essayer ce qu'il y a de nouveau sur le marché sans me ruiner. Pour vivre le niveau de vie qui me fait envie, je n'ai aucun scrupule à prendre ce qui est gratuit lorsque ça me dit. Sauf peut-être la journée des musées. L'économie n'est pas assez grande pour compenser les heures d'attente, entourée de 450 et de bougons.

Incertaine de l'heure, on cogne à ma porte. Je suis encore couchée dans mon lit à contempler le cadeau de l'amoureux. Une serviette autour du corps, les cheveux mouillés. Je me laisse sécher. J'adore ces moments de paresse lorsque je suis en vacances. J'essaie tout de même de me dépêcher à m'habiller, mais mon visiteur n'aura pas attendu ma légère crise vestimentaire. Livraison directement sur le balcon. Une toute petite boîte m'attendait.

C'est comme un cadeau d'anniversaire un peu en retard. Ah oui, peut-être que vous l'ignorez, mais j'ai eu 29 ans dernièrement. J'ai donc reçu, grâce à une promo marketing, une boîte de bandes blanchissantes à dissolution rapide. Je n'ai jamais essayé d'autres bandes de ce type avant. Le dentifrice, oui, mais rien qui ne colle sur les dents. Et celles-là, elles fondent en bouche. Scary, I know.

Après le premier essai, j'ai déjà l'envie de refiler la boîte à une autre. Ça m'a rappelé cette soirée où, adolescente, nous avions entrepris de laisser fondre une culotte mangeable dans notre bouche. C'est sensiblement le même effet. Pas sûre d'aimer. Je continue jusqu'à m'y habituer? Vous voulez essayer? J'ai une trentaine d'échantillons à refiler.

Posted by Miss Klektik :: 23:13 :: 6 commentaires
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mercredi 30 juillet 2008

Thérapeutique

Une soirée passée à contempler la fontaine dans toutes ses teintes. Marcher au milieu de cette forêt urbaine et se faire dévorer par les insectes qui l'ont prise d'assaut. Pourtant, existe-t-il un endroit aussi joli, là où on entend la nature et les voitures? Un peu de vert pour sortir du gris et des moteurs pour qu'on se sente encore ici.

Mais ma cure n'avait rien à voir avec les arbres et les animaux obèses. Ma cure, hier, venait de toi. De ton sourire. De tes douceurs. De ta tendresse. De tout ce qu'on croit connaître, mais que je n'ai jamais vécu exactement de la même manière, moi qui avait l'habitude de m'enfermer dans ma tanière.

Je me suis endormie à tes côtés sans le vouloir. J'aurais aimé encore en profiter, ce temps passé à se contempler, à se raconter, à s'aimer...

Un éveil que je n'avais pas planifié. Lorsque les heures matinales sont petites et que la vie, même ici, semble s'être arrêtée. Je t'ai cherché de la main dans la noirceur, puis après avoir senti le vide de mon lit, j'ai ouvert les yeux. Je cherchais un peu de toi, un indice me laissant deviner ta présence. Je souhaitais que tu y sois encore, je voulais avoir ton odeur près de moi pour me rendormir et me coller à nouveau contre ton corps. J'ai regardé mon plancher, le meuble à côté du lit. J'ai trouvé ton mot et j'ai pensé « Je t'aime aussi ». Mon mal s'est envolé comme un oiseau dans la nuit et toi, tu me dis ce matin que tu es parti comme un voleur. Est-ce ma douleur que tu as voulu emporter avec toi?

Posted by Miss Klektik :: 11:02 :: 3 commentaires
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mardi 29 juillet 2008

Hide and sick

La douleur reprend. Je la sens dans mon corps, en mon coeur. Des coups de poignards qui s'acharnent sur ma mémoire. Pour me rappeler sans cesse les morts qui gravitent autour de moi. Un mal qui efface les sourires et qui voudrait m'enfermer loin des gens. Une souffrance qui altère les sens. L'affliction de ma génération.

J'ai rêvé à la vie. Je me suis éveillée essoufflée et pleine d'envie. L'eau se trouve toujours un chemin, même aux petites heures du matin. Puis j'ai voulu me rendormir en me disant que ce n'était rien, qu'un vague souvenir ou alors la promesse incertaine d'une mort reliée à mon destin.

Le dos arqué, les yeux écarquillés, je me suis allongée. Il était encore trop tôt pour entamer la journée. J'aurais aimé tourner le calendrier. L'avancer de plusieurs années pour me trouver une noble cause. Garantir la longévité de mes prochains, dans tout ce qui rend jolie cette planète meurtrie.

Le petit bonhomme est venu me jouer dans les cheveux.
« Tu as encore mal, maman? » qu'il m'a demandé de sa voix douce et préoccupée.
« Ouais, mais ça va passer. » que je lui ai menti.

Il a sourit. J'ai pris une gorgée d'un smoothie. Puis j'ai fait semblant de ne plus sentir les lames se tordre et se perdre là où j'ai enfoui mon dernier bébé.

Posted by Miss Klektik :: 10:44 :: 8 commentaires
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lundi 28 juillet 2008

L'évadée

 Philip Glass - Dead Things


Dans les profondeurs de l'esprit, une région éloignée de la conscience, se terre un animal. Il est doux, mais il a le défaut de vouloir plaire à tout coup. C'est l'animal qui sommeille en nous.

Jamais la tromperie ne devrait se révéler sous forme masculine. Jamais se fait-elle pardonner lorsqu'un corps étranger à la relation vient s'insérer dans la perception de l'amour qui consumme l'autre.

Les pas de l'homme plus pesants que sa nature. Lorsque les cités s'endorment, leur semblant de bonté cesse d'exister. Et tombe le rideau sur de nouvelles tragédies orchestrées par la main de ceux qui ne dorment jamais assez. Amours impossibles. Désirs destructeurs. Les fins abruptes. Les découronnements. Quand la reine se meurt et qu'il n'y a plus rien autour d'elle, que sa carcasse et les fantômes qui l'habitent. La veuve noire affamée, elle se serait dévorée. Mais au delà de ces moments noirs, la force des êtres humains qui cherchent à se reconnaître entre eux ou ailleurs. Et l'amour évident que je porte pour eux.

Posted by Miss Klektik :: 12:42 :: 2 commentaires
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dimanche 27 juillet 2008

Just a kiss

Peut-être est-ce parce que je regarde toujours les lèvres des gens qui m'adressent la parole. Je ne vois pas chroniquement les yeux qui se plongent dans le décolleté, mais lorsqu'on ose l'avouer et le complimenter, j'ai une soudaine envie d'embrasser qui se pointe le bout du nez. Une tentation qui ne discrimine pas les genres, la couleur, les sectes et le sexe.

C'est que je suis une serial kisser et j'aimerais embrasser tous les gens qui m'attirent sans avoir à penser plus loin. Embrasser pour goûter, toucher et se créer un lien d'intimité qui ne peut pas naître autrement.

Alors que l'envie d'embrasser se représente en fin de soirée bien arrosée, il ne me reste qu'une solution : texter la copine un court "Kiss and tell" et retrouver l'amoureux. L'embrasser, lui, sans attendre et laisser les mains poursuivre l'imaginaire en pleine course.

Même lorsque les frivolités et la légèreté viennent à me manquer, je n'ai qu'un regard à poser sur lui pour me convaincre que cet abandon qui ne me vient pas naturellement, en vaut vraiment la chandelle. Souffler le feu qui vacille et m'endormir une main sur son torse. Mon amour, mon équilibre, ma passion. Je l'aime.

Posted by Miss Klektik :: 00:21 :: 13 commentaires
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samedi 26 juillet 2008

Gentille

Métro Rosemont. Sur le quai. En plein milieu des escaliers. Entre le euh... et le aime. Parfaite symétrie. Les pieds sur le pointillé. Les yeux qui fixent l'espace, le centre exact entre les deux pyramides de marches. Les monter, les descendre. Tout semble être fait pour deux.

Puis le sosie de Gentille qui s'amène. Vous savez, cette femme qui ne laisse pas indifférent dans le roman de Gil Courtemanche? Ce récit qui prend place à Kigali, mais qui s'étend dans tout le pays? Une femme en chair avec des hanches évidentes et des seins qui déborderaient de ma main, mais c'est surtout son sourire qu'on remarque. Des lèvres qui ne forcent rien et de légères imperfections pour la rendre encore plus jolie. Des cheveux courts et des boucles d'oreilles couleur or pour rehausser ce visage duquel je me sens soudainement attachée. Elle n'est peut-être pas Rwandaise, mais définitivement Africaine.

Elle a quitté le quai avec un grand maigre aux cheveux rares. Un blanc, peut-être journaliste, mais si pâle... Peut-être est-ce simplement que la peau de Gentille est si foncée qu'aucune couleur n'arrive à rivaliser. Elle est montée à bord et j'ai cessé de la regarder. Mais juste avant, j'ai pu saisir le sourire qu'elle m'a lancée pour me rappeler ce que c'est que d'aimer sans s'imposer de frontières.

Posted by Miss Klektik :: 03:17 :: 3 commentaires
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vendredi 25 juillet 2008

Les amoureux

Un homme bienveillant veille sur moi. Et des folies de lui, de toutes les couleurs, qui me font penser à lui dans toutes les pièces de ma nouvelle demeure. L'espace de rangement qui est un espace grâce à son temps. Des outils de lui sous mon lavabo. Des feuilles de thé qu'il a partagées juste au-dessus. La porte qui assure l'intimité de mon garçon qui commence à poser trop de questions. Le peu de couleurs ajoutées à la salle de bain pour lui donner de la vie au milieu de ce bleu qui, finalement, me convient parfaitement. Mais surtout, ces deux toiles accrochées aux murs de ma chambre. Une lune, l'autre amour. Une noire, l'autre bleue.

Au milieu de sa nuit et au début de la mienne, c'est à ce moment précis que nous nous retrouvons en semaine. Aujourd'hui, c'est ma journée et la fin d'une semaine à se créer des instants là, mais surtout ici.

À la fin de ma nuit, à la fin de son jour, lorsque nos heures se rencontrent et que le ciel laisse place à la lune comme au soleil. Il n'y aura que lui et moi. Célébrer ma journée deux fois lorsque le ciel laisse échapper plus de trois étoiles en pleine ville et lui avouer dans le creux de l'oreille que le bonheur, je le trouve dans ses bras.

Image : Enki Bilal

Posted by Miss Klektik :: 12:13 :: 6 commentaires
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jeudi 24 juillet 2008

Plan Francofolies 2008

Le classique.



L'incontournable.



Et vous avez vu son nom à elle?


Posted by Miss Klektik :: 11:11 :: 5 commentaires
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mercredi 23 juillet 2008

Série

Est-ce le tonnerre qui gronde dans la nuit? Des détonations inconséquentes. Le ciel se remplit de couleurs et d'artifices. La pétarade pour envelopper le bruit des fêtards. Couvrir celui des ouvertures dans une série inspirée par l'immense affiche coin Maisonneuve. J'aime la pub lorsqu'elle est jolie, songée, réfléchie. Lorsqu'elle vend une idée nouvelle ou une promesse d'un monde encore plus dévié que le mien. Un peu de peur de se dire qu'un monde semblable existe ici, au-delà de ce que l'on voit. Je repense à Déjà Dead et aux documents de la prostituée délatrice que je conserve sans savoir pourquoi. Penser qu'on pourrait se retrouver au centre d'un tel récit. Le personnage central d'Unsolved Mysteries. Puis sourire un peu trop longtemps en entendant... There are no secrets in life. Just hidden truths that lie beneath the surface. (Dexter)

Posted by Miss Klektik :: 23:06 :: 3 commentaires
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mardi 22 juillet 2008

Une autre histoire d'abandon

Des mois sans nouvelles. Manque de temps. Ce sont le boulot, les rénovations et le nouveau condo qui auront mené leur relation à sa perte. Le grand frère de mon gars... n'est plus son grand frère.

Je tenais le combiné du bout des doigts alors que je rêvais de projeter l'appareil en entier contre mon mur de carton craqué. J'ai tout retenu dans ma gorge, mais ça serrait tellement. Je l'ai laissée, la spécialiste, l'annoncer après m'être souvenue des mois passés à réconforter mon petit gars lorsque celui qu'il appelait papa est parti.

Ça fait des années maintenant que j'ai repoussé l'adulescent hors de ma vie et de celle de mon enfant. Parce qu'il quittait la ville pour des terres vertes. Parce qu'il détestait l'humanité et voulait vivre au fin fond d'un boisé. Parce qu'il ne savait pas quand il allait revenir. Je lui ai dis « Si tu ne peux pas promettre le minimum, ne revient pas. » Et nous ne l'avons jamais revu.

Mon gars écoutait la douce voix au téléphone lui annoncer la mauvaise nouvelle. J'ai entendu les larmes enfermées dans sa gorge à lui aussi. Je me suis demandé si j'étais aussi transparente quand j'avais envie de pleurer. Il n'était plus qu'un robot monosyllabique. Jusqu'à ce qu'il raccroche.

Je suis restée seule un peu. Le temps de ravaler ce que j'avais de travers. Le temps de me faire à l'idée d'un autre échec, un nouvel abandon. Je lui ai demandé « Hey! Ça va aller? » de mon plus joli faux sourire. Il a fait un non de la tête comme je les fais aussi quand je suis à moins d'une seconde de pleurer. Je l'ai pris par l'épaule, tenté de le rassurer. Je dois vous avouer que j'ai pleuré aussi. J'ai changé le fond d'écran. On a mangé un pudding au chocolat. Il s'est inventé une autre histoire de science-fiction dans son lit. Une histoire de monstres et de robots, là où les hommes se mettent ensemble pour vaincre un ennemi sans nom au lieu de s'abandonner pour des maisons.

Et maintenant, pour clarifier ma voix, je remplis mes oreilles d'ironie.


Posted by Miss Klektik :: 16:13 :: 7 commentaires
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lundi 21 juillet 2008

Aveu

J'ai encore peur.

J'ai la nausée. Dans l'affolement de n'écrire que sur l'amour, je me lance dans les ténèbres qui se terrent en moi. Je panique devant l'idée de changement. Le mien surtout, celui qui se voit. L'identité se crée, se travaille et ça ne se fait pas sans douleur. Je tente de protéger un personnage alors que la vie ne se déroule pas ici. J'ai peur du ridicule qui couvre les amoureux. Victime de mes idées, de mes écrits. J'ai encore peur de l'amour. Maintenant, plus que jamais en fait.

Habituellement, je souris en silence. Mais lui, il lit mes pensées. Et vous aussi. Me voilà bien mal prise. Des fenêtres ouvertes sur mes réflexions ou des débuts de ce qu'elles inspirent. À patauger entre mes récits et ma jalousie. Je ne sais plus où je vais ni comment m'y rendre. Je ne sais plus rien et je me dis que je devrais aller m'étendre. Ce sont ces conceptions envahissantes qui s'emparent de moi lorsque le sommeil est en manque. Et tout mon corps en manque de lui aussi. L'envie de lui murmurer à l'oreille de me faire l'amour et de chasser ainsi tous ces démons qui ravagent mon esprit.

Posted by Miss Klektik :: 13:03 :: 5 commentaires
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dimanche 20 juillet 2008

D & K

Nos peaux blanches et nos vêtements noirs. Ses cheveux hérissés, les miens lissés. Je portais le nom d'une pin-up bien de mon temps et lui de son défunt lézard. Nos vies torturées, pourquoi en faire autrement des corps? Se rouler dans les cendres pour narguer la mort. Étrangers à la normalité, nous nous étions inventé un monde à part.

La force de l'amour influence mes désirs. Et dans le noir, j'aimais porter la couleur. Un peu de bleu sur le coup. Du rouge un peu partout. Il ne restait que le vert de mes yeux pour nuancer. Il les a cachés dans le fond d'un oreiller. « Parce que les filles en cuir, culottées, ça se prend par derrière » qu'il disait. Parce qu'à la fin, mes yeux le suppliait d'arrêter. Parce que lui rêvait encore de blessures et d'obscurité, j'ai appris à ajouter « juste un peu » à la fin de mes envies.

Et pourquoi pas en profiter pour dédier ce post à ceux et celles qui apprécient le port du bleu sur les fesses et autres endroits bien ressentis?


Posted by Miss Klektik :: 23:58 :: 0 commentaires
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Love

Sa main sur ma joue. Un doigt seulement s'étend jusque sur mes lèvres pour en tracer le contour et raviver l'intérieur. Un contact léger, un doux constat de sa présence. Sa main entière qui me saisit un sein sans prévenir. Toujours cet intense mélange de concupiscence et de délicatesse, retournant mon corps contre le sien pour me protéger des regards indiscrets. Je lui donne une raison pour son amour pudique, car il n'y a rien dans ses yeux qui laisse envisager un tel côté. Lorsqu'il s'enflamme, qu'il se laisse envahir de la passion qui l'habite, il devient l'homme le plus sexy que j'ai connu dans toutes mes histoires vécues ou inventées. Lorsque ses doigts s'aventurent, que sa main descend sur ma jambe puis remonte entre mes cuisses, je ne peux que m'abandonner et lui avouer sa victoire. Il est le conquérant de mes terres, de mon coeur et de mon corps. "I love this kinda love" Un standing ovation pour un baiser, des hanches collées, coin Maisonneuve et une rue que je ne connais pas assez. Le feu de circulation tourne au vert. Sa main se glisse dans la mienne et nous continuons notre chemin entourés d'autobus en noir et rose qui crient aussi l'amour de tous côtés.

Sous les couvertures, nos corps allongées se racontent. Des morceaux de lui, des pièces de moi. Des récits d'amour, de sexe et de liberté. Commençant toutes par un nom ou un visage qu'on n'a pas oublié. Ce que l'on voit, ce que l'on vit, ce que l'on a vu et ce que l'on a vécu. Ce n'est pas systématiquement joyeux, mais c'est toujours honnête. Il restera à tout instant quelque chose à dire, quelque chose à écrire. Pourtant, alors que sa respiration m'avise qu'il me quitte pour Morphée, une main posée sur mes fesses et l'autre étendue sur le lit qu'il a poétiquement baptisé le nôtre, je ne peux m'empêcher de craindre la tombée de son empire. C'est alors que je me lève pour écrire. Le temps que la princesse dramaturge se tire. Pour mieux retourner auprès de lui et faire semblant que je crois à la pérennité des émotions. Pour me convaincre que cette fois, ça pourrait être différent. Collée contre lui, la nuit comme le jour, parfois j'y crois.

Posted by Miss Klektik :: 14:46 :: 5 commentaires
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samedi 19 juillet 2008

Slipping

Into the Void - Nine Inch Nails

Je ne sais pas regarder les gens dans les yeux alors je les ai fermés. Peut-être que je me serais sauvée juste là si j'avais pu bouger. Encore et toujours ce désir de fuir. Il n'y a que l'amour, celui que je peux saisir de mes deux mains, pour me retenir.

Si sur ta peau mon corps glisse, ma tête dérape sur tes mots. Il n'y a plus personne à sauver, mais j'ai cet amour étrange pour les cicatrices. Égratignée, coupée... Peut-être que cette fascination m'a maintenue en vie. Les émotions coulissent sur ton visage, mais j'ai oublié leurs noms. Je ne fais que les voir et les interpréter comme une loi que l'on se permettrait de déchiffrer sans en connaître le véritable enjeu.

Je me suis endormie sur une série de questions qui ont hanté mes rêves. Et cette révélation, celle dont on ne parle plus jamais après qu'elle soit dite, me laisse loin derrière, dipsomane et individualiste. J'aurais aimé être ailleurs, être autre chose, être quelqu'un d'autre et pourquoi pas, être toi? L'éveil est brutal. J'ai fait un cauchemar. Je ne suis que moi.

Posted by Miss Klektik :: 10:14 :: 3 commentaires
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jeudi 17 juillet 2008

Vrille

J'ai oublié le jour. Oublié bien des détails. Il ne me reste qu'un vidéoclip de souvenirs. Des images et des vagues de sensations. Mon appartement coin Brébeuf et Marie-Anne. Le visage de Draven quand il m'a vue. La violence dans les yeux de JP quand il a fait un tour du quartier pour retrouver celui qui m'avait violée. Il avait un couteau dans une main et la mienne dans l'autre. Comment oublier cette quête au milieu de la nuit? Je me suis toujours demandé si c'était vraiment pour le poignarder ou pour que je me sente un peu en sécurité d'oser affronter les trottoirs pour la première fois depuis l'évènement.

J'ai voulu reprendre une histoire déjà racontée. Pour ne pas parler que d'amour et de soleil. Edit cette histoire parce que l'arbre qu'ils ont ramassé m'a fait pensé à lui. Puis l'homme que j'ai croisé aujourd'hui et qui s'est attardé avait exactement le même regard que lui. Je me suis sauvée sans m'expliquer.

En fait, quand j'y pense... Si ce n'était pas de Kamel, je n'aurais jamais eu droit aux services de l'IVAC. Je n'aurais pas eu mes séances gratuites avec MJ la psy. Je n'aurais peut-être pas eu le même intérêt pour les cours d'éducation spécialisée. Je marcherais peut-être encore les épaules courbées vers l'avant. De penser que je lui dois peut-être une partie de mon évolution, je trouve ça troublant.


Posted by Miss Klektik :: 00:11 :: 5 commentaires
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mardi 15 juillet 2008

Solitude exploratrice



Morphine - You Look Like Rain
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Quand je suis partie, un voisin grattait sa guitare en hurlant du francophone. Il y avait un vieil arbre déraciné tombé au milieu de la rue qui bloquait une seule entrée : la mienne. Ça m'a rappelé Kamel et j'ai figé. Mais quand j'ai vu un enfant passer sous l'immensité feuillue et verte qui avait engloutie deux voitures, je suis passée à mon tour au travers de ces branches pour retourner à la maison. Juste le temps de mettre trois jours de vêtements dans un sac trop étroit. J'ai tourné la clef dans la serrure unique, donné un bon coup dans la porte pour affronter la lunatique doublée de la paranoïaque: moi. Et j'ai quitté mon quartier non sans avoir regardé derrière une dernière fois mon nouveau chez-moi que j'aime tant.

Plus de vingt-quatre heures se sont écoulées. Bière par-dessus bière, un liquide épais et noir sur fond d'histoire québécoise. La clavier lui, blanc comme le fond de brouillon sans titre que je m'apprête à remplir. À l'image de nos hivers, mais dehors c'est encore l'été. J'ai déjà hâte que l'hiver soit entamé pour compter des moitiés d'années au lieu d'épisodes fragmentés.

Couchée de travers sur un divan qui n'est pas le mien, mes pieds qui dansent forment des ombres sur le mur noir. Dans l'obscurité de la nuit, à la lueur d'une seule bougie pour retrouver mon chemin dans cet environnement qui ne m'est pas encore entièrement familier. Ma peau sensible aux instruments et à la voix qui charment mes oreilles, mes doigts le cherchent. Patiemment, j'attends. Et j'écoute mon coeur chavirer encore et encore, à chaque mouvement.

Dans son antre, je ne me sens pas tout à fait chez moi. Tout me semble emprunté de lui jusqu'à ce siège sur lequel mes fesses sont posées et se drap que j'ai rapidement attaché autour de mes seins. Mes yeux explorent et additionnent les représentations phalliques cachées dans les oeuvres, sur les murs, sur les étagères. Puis tout ce qui représente la douceur de la féminité, ses objets de convoitise souvent dissimulés. Les empreintes d'un esprit à l'imagination débordante qui contamine jusqu'à mes propres feuilles dans mon cahier presque complètement consommé.

Je suis en amour avec tout ce qui le dissocie de la masse et ce qui le lie au reste des vies qui m'entourent. Je suis en amour avec lui et son train de vie. It fits perfectly.

Posted by Miss Klektik :: 22:31 :: 2 commentaires
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lundi 14 juillet 2008

Pensées dispersées

Dans un passé pas si lointain, une discussion autour d'un verre dans un bar d'un hôtel en plein centre-ville. Est-ce que le voyage est nécessaire à l'écriture? Après tout, la lecture est l'avion, le train et le bateau des pauvres. Je rêve d'anciennes civilisations, de pays endormis. Je rêve d'histoire et de mythologie. Mais je n'ai rien vu. Le regard du voyageur est-il suffisant pour nourrir la bête littéraire? Peut-elle se nourrir des autres voyages, de voyageurs égarés? Alors j'ouvre un bouquin pour me plonger dans des endroits qui me sont inconnus. J'explore la terre et l'imaginaire. J'ouvre mon esprit et je décolle de mon univers.

Mais pas plus tard qu'hier. La lumière fermée. Les yeux éteints. Il n'y a avait que sa voix et le bruit des voitures qui roulent sur l'asphalte mouillée. Ces sons si doux pour me bercer jusqu'au plus profond des sommeils. Je me suis rappellé cette phrase lorsque j'ai raccroché d'une seule main le combiné. Les auteurs sont les pompiers des intellectuelles. Je fantasme pour ceux qui jouent de la plume plutôt que de la guitare. C'est si beau un homme qui tient un crayon, qui se perd dans ses pensées et qui s'acharne sur son clavier ou un morceau de papier. La création est pourtant le plus intime des instants du solitaire. Peut-être qu'un jour j'oserai commencer par «Chéri, j'ai un petit côté voyeur...» pour lui demander de me laisser regarder...

Posted by Miss Klektik :: 11:03 :: 6 commentaires
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La mort

Parce que je la désire. Elle m'attire. Secrètement, depuis longtemps. Depuis toujours. Depuis que je suis enfant alors que je me disais que la vie était trop pénible pour la vivre jusqu'au bout. Depuis que je suis enfant alors que je voyais les grands devenir transparents et mous. C'est un combat de tous les jours entre elle et moi. Je gagne chaque bataille avec fierté sachant très bien qu'elle remportera la dernière victoire.

Alors quand on vient me parler du miracle de la foi. Non, vraiment. J'avale, mais je ne gobe pas. C'est difficile de faire semblant que je ne l'entends pas. Quand je me promène seule dans le noir et qu'il n'y a que l'écho de mes pas. Je ne regarde plus derrière moi. Je pense à elle. À ses doigts forts et froids qui m'ont agrippée et dont je me suis libérée. Mais les départs ne sont pas synonymes de liberté. La mort ne quitte jamais définitivement un corps.

J'ignore si elle viendra à moi ou si je tenterai de la rejoindre la prochaine fois. Je ne sais pas si elle sera lente ou subite. Douce ou douloureuse. Pourtant, elle ne m'effraie pas. Car j'ai l'impression de la connaître depuis tout ce temps passé près d'elle, à la chercher et à la désirer, à l'éviter puis à l'attendre. Et d'ici là, vivre. Spontanément.

Posted by Miss Klektik :: 00:54 :: 6 commentaires
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dimanche 13 juillet 2008

Le dévoreur de bouquins

Un titre. Un auteur. Une histoire. Une controverse. Même la simple soif de connaissance devient un prétexte pour grignoter quelques pages. Lorsque ses doigts glissent sur sa plus récente gourmandise, il n'y a rien pour le ralentir. C'est comme s'il se trouvait sur une autoroute, à se laisser envahir par les mots comme un souffle de vent nouveau.

Dans sa caverne, des cadavres de bouquins jusqu'au plafond. C'est qu'ils ont un appétit féroce ces créatures. Des miettes de couverture partout où il passe. Des bouchées prises ici et là, avec lesquelles il s'amuse à nourrir son entourage. Des milliards de mots mâchés, avalés, recrachés, manipulés.

Je savais qu'il aimait les bouquins, mais lorsque j'ai vu son regard s'illuminer davantage pour la nouvelle couverture plutôt que pour la bouteille de Masi : j'ai réalisé que j'avais affaire à un dévoreur de bouquins.

Posted by Miss Klektik :: 17:26 :: 3 commentaires
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samedi 12 juillet 2008

Feels - part un

Je ne traverse pas de ponts, moi. Et me voilà confrontée à mon dicton préféré. L'Île est plus grande que l'on croit. Et la civilisation se rend apparemment jusqu'aux extrémités.

Dans tous ces moments que l'on se crée, tout ce temps passé avec moi. Ces jours à ne pas dormir. Ces soirs à t'allonger près de moi alors que je sais très bien que tu ne t'endors pas. Ce temps qui s'étire et devient malléable lorsque nos deux corps se touchent. Tous ces arrêts que tu fais chez moi pour me faire sourire. J'ai encore un goût de chocolat et de cannelle dans la bouche. Toutes ces attentions que tu as pour moi. Je ne te dirai jamais à quel point j'apprécie chacune d'elle. Tout devient plus joli quand tu y es aussi.

L'amour défonce les limites de ce que je pourrais être. Et mes journées, je les aime un peu trop. Quand les longues vacances sont remplies de toi. Comme cette amoureuse qui raconte des images et son amoureux qui photographie leurs plus beaux sentiments. Embrasse-moi. Tant d'émotions et tant de raisons...


Posted by Miss Klektik :: 10:36 :: 4 commentaires
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vendredi 11 juillet 2008

Le coeur de mon quartier

Un arrêt dans un endroit choisi sur ma route. J'y croise une fille au visage sympathique, mais blasée. Elle fume une cigarette sur le trottoir. Quand je lui demande si je peux avoir des informations, elle pense tout de suite que je viens à titre de journaliste ou pour satisfaire une curiosité d'avoir tant entendu le nom qui est sur toutes les lèvres dans cet édifice de mon quartier.
Je lui dis que non et je lui expose mes envies de bénévolat. Les jeunes et la rue me manquent. Et le retour dans ce quartier ne fait qu'amplifier mon besoin de me rapprocher d'eux tout en conservant une distance incertaine. « Ce serait mon gars et moi... »

Elle me dit que c'est inadéquat pour un enfant. Meilleure chance ailleurs. Je me dis que je dois vivre sur une autre planète de croire que la rue est si magnifique. Est-ce si terrible de vouloir exposer mon enfant à ces gens ou est-ce l'inverse? Je n'ai pas peur des putes, je redoute leurs clients. Et le reste de mon coin de ville est habité par des bohémiens qui vivent d'amour et de liberté. À une ruelle près. Je ne le voudrais pas ailleurs. Je ne le voudrais pas autrement. Là, eux, près de chez moi.

C'est peut-être une autre raison pour laquelle je n'ai pas terminé mes études en éducation spécialisée : la clientèle que j'aimais était trop spécifique. Ça semble encore être le cas aujourd'hui. Et peu de gens arrivent à rester acrrocher. Ce soir, je me rends compte que mon rêve de travailler avec les jeunes de la rue est loin d'être mort et enterré. Mais j'ai l'impression que chaque année passée m'en éloigne, et que c'est sous mes yeux qu'il s'enfuit.

Posted by Miss Klektik :: 00:51 :: 8 commentaires
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jeudi 10 juillet 2008

Sous la pluie

Le ciel d'obscurcit
Soudainement il fait nuit
On se retrouve sous la pluie
Sans parapluie
Comme des enfants en partie
Sous l'eau qui purifie
Les corps qu'on produit
Et les coeurs qu'on introduit

Au dernier coup de minuit
J'ai encore pensé à lui
Comme son regard m'électrifie
Juste avant de tomber endormie
Douce rêverie
Dans cet immense lit
Je ferai de nouveau semblant qu'il est ici
Un monde de fantaisie
Fables et légendes relèvent de l'utopie
Mais voilà qu'elle a une nouveau sens cette jolie folie
Et elle me mène tous les jours vers lui, mon chéri

Posted by Miss Klektik :: 01:31 :: 6 commentaires
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mercredi 9 juillet 2008

Les corps purs selon la température et la pression

Étendue sur mon lit, j'observe le plafond et j'écoute la faune urbaine. Je souhaite entendre mon téléphone danser sur Sister de She Wants Revenge. Dans la nuit, il s'infiltre à travers mes histoires et mes rêves. Il n'a qu'à cogner doucement sur la porte qui me sépare de la rue pour me rendre tout sourire.

Il me tend un pot de bonheur sucré et glacé à son arrivée. Il n'en fallait pas moins pour que la pauvre créature privée d'air climatisée que je suis se fasse une joie de partager son extase par grosses cuillerées.

Ses doigts prennent mon bras pour m'approcher de lui. Ses mots se veulent rassurants. Je n'ai pas besoin de chercher dans les sens. Il y a dans ces moments, la perfection que je me créais dans mes meilleurs scénarios. Ceux qu'on espère toujours en vain jusqu'à ce qu'ils se présentent. Pouvoir tout dire jusqu'à la frontière de ce qui n'est plus raisonnable. Mais c'est en laissant mes doigts parcourir les traits de son visage que j'aime tant, que je me suis résignée une fois de plus encore. À penser que je l'aime avec la même intensité, mais que cet amour que j'ai pour lui se solidifie de jour en jour. Et que ma peur, elle, se liquéfie. Pour que le passé s'évapore et qu'il ne reste plus que lui et moi. C'est comme se décider enfin d'écrire un nouveau roman au lieu d'ajouter un chapitre, c'est de lui donner une valeur particulière et l'élever au dessus de tous les autres.

Posted by Miss Klektik :: 08:23 :: 5 commentaires
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mardi 8 juillet 2008

Remerciements

La muse Calliope (rien de moins) m'a mise en nomination pour le prix Arte y pico qui vise à souligner la créativité, le design et la contribution à la communauté blogosphérique.

ElPadawan souhaitait un discours avec longue robe de soirée et remerciements en tous sens. Eh bien voilà...

C'est un honneur pour moi d'avoir été nominée pour un prix international de cette envergure. J'aimerais tout d'abord remercier mes deux premiers lecteurs : Bugs et The Lone Dreamer qui m'ont suivie jusqu'ici, avant que ne s'ajoute le « part deux » à mes écrits. (Je ne vous ai pas oubliés) Imaginez les heures que vous avez perdues les gars à venir me lire ici aussi régulièrement. Je vous en suis très reconnaissante.

J'aimerais aussi prendre le temps de souligner l'importance des puits d'inspiration sans fond : mon petit gars évidemment, NYC Girl ainsi que tous mes copains de la blogosphère : ceux qui m'entourent en dehors et ceux avec qui j'entretiens depuis longtemps des liens par écrans interposés faute de me trouver une envie d'explorer le monde de l'autre côté des ponts.

À tous ceux qui ont osé s'approcher de la femme derrière Miss Klektik, merci d'avoir contribué un jour ou l'autre à l'avancement de ce blogue. Merci d'avoir marqué ma vie afin que je puisse écrire en totalité ou en partie, en un seul message ou en billets fragmentés, les émotions que vous m'avez fait vivre.

Posted by Miss Klektik :: 09:05 :: 13 commentaires
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lundi 7 juillet 2008

L'ami de mon gars

C'est ainsi que je le vois. Le chum idéal. L'amant dans mes draps le soir, se transforme le jour en l'ami de mon gars. Pour faire des mauvais coups que je ferai parfois semblant de ne pas voir. Pour lui montrer ce qu'il a lui même appris. Pour lui tenir la main en marchant. Pour lui raconter des blagues et des histoires, capter son attention n'est pas toujours évident. Le faire rire aux éclats. Jusqu'à cracher son lait de soya sur moi. Me rappeler que parfois j'exagère ou prendre sur lui. « C'est moi... » qu'il me dit et sort ainsi le petit du pétrin dans lequel il s'était mis. Le faire sentir grand la majorité du temps, mais juste assez petit pour qu'il n'oublie pas que c'est encore un enfant. Et moi, de regarder la pièce en courtes scènes avec mes yeux de parent et d'amoureuse. Ce sont ces petits moments-là qui, tous les jours, transforment mon ordinaire en extraordinaire.

- Tu l'aimes beaucoup hein maman? ...Moi aussi.

Posted by Miss Klektik :: 11:42 :: 7 commentaires
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dimanche 6 juillet 2008

Rehab

Rehab - Amy Winehouse

- Voilà ma suggestion kiddo.
- C'est hors de question l'gros.

Cloîtrée du reste du monde pour un nombre impressionnant lorsqu'on raconte sa vie en heures. Post-bébé depressed, feeling repressed. Le psy de théâtre et le démagogue s'entêtent à définir mon cas par leur parcours. Entre Piaget et Cyrulnik, me voilà devenue une bête de plus à se faire trimbaler de cour en cour. Vous devriez voir le nombre de jeunes comme moi. Quelque part entre la bonne fille de famille et la petit voleuse qui vend des sachets, je vous comprends de ne plus rien y comprendre. Libre circulation ou endiguement. Post-trauma, les couches s'accumulent au fil des ans. Mais il me resterait encore tant à raconter. Seulement, je préfère parler à la fumée qui emporte mes secrets avec elle ou encore à l'alcool qui les innonde de l'intérieur. Je ne veux pas finir dans un bouquin de spécialiste si je peux écrire le mien.

Mais voilà maintenant que ça s'entend. « T'as besoin d'aller en rehab. » Comme deux parents qui n'arrivent pas au bout de leur enfant parce qu'ils ont oublié comment écouter. Tic! Toc! Les heures passent et je m'évade encore. Je changerai de ville s'il le faut. Je changerai de vie pour ne pas revenir ici.

Aujourd'hui, je tasse le sac vide du pied et je serre la main de mon gars. My own little rehab.

Posted by Miss Klektik :: 12:50 :: 2 commentaires
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Courir

Devant le pont et les trains qui passent, les grandes structures métalliques, l'envie de s'enfuir revient. Courir vers nulle part pour échapper à tout, ce qu'on connaît et ce qu'on ne connaît pas. Il y a des djinns qui se sont cachés dans mes fonds de tiroirs. Et tant d'histoires que je croyais laisser là-bas.

Il y a de ces jours où la vieille habitude de jouer à « rattrape-moi » surgit de nulle part. Essouflée, j'ai du mal à avouer que j'ai besoin de m'arrêter. Alors juste pour une seconde, poser les mains ailleurs que sur le vide qui m'entoure.

Un mal-aimé m'a vue pleurer. Il m'a dit : « Viens par ici, je vais te refiler la poudre que font les fées. Ça te fera sourire ma jolie. » Je n'ai pas fait de détour pour rentrer chez moi cette fois. Je suis vite passée devant l'enseigne « No coke bags here » placée sur le terrain d'un voisin éloigné. Il y a mille et une façon d'exister.

Arrêter de me sauver. Prendre la main de l'être aimé. Et voir le monde encore plus grand. Il n'y a que l'amour pour sauver les gens comme moi.


Posted by Miss Klektik :: 10:49 :: 3 commentaires
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jeudi 3 juillet 2008

Ces craintes qu'on tait

Deux inconnus. Un homme musclé comme j'en vois rarement. Une femme bien en chair et souriante. Elle entame une conversation sans prévenir.

- Ça fait longtemps que tu t'entraînes?
- Trois ans.
- Wow! (La femme poke le bras de l'homme musclé. Il y a vraiment des gens qui pokent les autres à l'extérieur de Facebook.) Ta blonde, elle doit être contente, hein?
(Subtil, me dis-je)
- Hmm...
- Pis t'es comme ça partout?
- Ouais. (Et il se met à rire.)

Je me perds dans mon univers. Fixer la feuille qui tremble. Ce ne sont pas mes doigts, mais la ligne verte qui en est l'unique responsable. Marquer le calendrier imaginaire de chaque observation. Tous les jours se terminent en potentiel danger. Chaque petit carré est une bombe à retardement. Le pénis devient alors un corps étranger menaçant. Le sperme se fait l'ennemi craché qui peut chambouler bien des vies. J'ai maintenant peur de baiser. J'apprivoise doucement mes envies et je traîne un calendrier dans mon cellulaire pour me rappeler l'importance des mathématiques au secondaire. C'est une question de tangente.

La femme raconte à l'homme musclé comment un homme avec un corps semblable au sien, l'avait prise par la gorge et tenté de l'étrangler. Je ne remets même pas son histoire en doute. Sur la ligne verte, il faut savoir que tout est possible. Je me dis que sa soudaine approche doit faire partie d'une démarche thérapeutique ou d'un processus pour vaincre ses peurs. Puis je me dis que j'ai de drôles de façons d'affronter, de vouloir contrôler et de vaincre les miennes.

Cet été, je marcherai sur le Pont. J'irai même m'y installer au milieu d'araignées pour un soir de feux ou deux. À la maison, bien peu me sépare du cirque qui prend en otage les rues de mon quartier la nuit. Me voilà enfin décidée à aimer avec la même puissance d'abandon, mais toujours réveillée par des cauchemars en pleine nuit. Des rêves affreux de mon ventre qui tire de l'intérieur et de ma propre mort. C'est un temps de changement, de renouveau. Je suis heureuse, je souris. Ma peine, je la confine à mes écrits. Et je continue de baiser.

Posted by Miss Klektik :: 17:51 :: 4 commentaires
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mardi 1 juillet 2008

Enfin chez nous

Manque de temps pour vous écrire. L'Internet n'est toujours pas fonctionnel à la maison. Je vous lis rapidement avant de commencer, aux breaks, au dîner. D'ailleurs, le mien tire à sa fin. Voilà les premières observations du coin, en attendant de pouvoir vous écrire à nouveau ici et ailleurs...

Posted by Miss Klektik :: 13:14 :: 5 commentaires
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