Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


dimanche 28 septembre 2008

Ce n'est pas le dos, c'est le pied!

« Un jour, je serai magnanime », propulsée dans le monde des grands sur des talons de deux pouces et quart. 29 ans et déjà condamnée aux souliers plats.

Mon gars a pris son livre illustré de Barcelone et moi, j'ai décidé d'entamer un Barcelo. Influences de l'amoureux qui est tombé sous le charme des bouquins avant celui des rouquines. Mais couchée dans mon lit, juste au dessus des pages cartonnées qui cachaient mon nez, se trouvaient ma panoplie de souliers. Alors avant de sombrer dans un cauchemar provocant le vertige face au sevrage de mes aiguilles, je me suis levée pour écrire.

Demain lundi. J'imprimerai un nouveau chapitre de ce que j'appelle naïvement une presqu'amitié. Un chapitre pour emporter afin de m'éviter de tomber entre deux double doses de normalité fonctionnelle. Mercredi, je sonderai la Quincaillerie pour une place avec un dossier. Ou alors j'irai m'asseoir dans un coin, le dos bien collé contre un de ses murs. Avis à toutes : on se fait une soirée sans talons par solidarité. Même les hommes peuvent y participer. Je conterai mes lecteurs par paires de souliers.

Puis dimanche, il y aura le café-blogs. Un autre texte à écrire, une raison de sentir mon dos se raidir, mais ce ne sera pas sans un petit sourire. Parce que j'ai l'amoureux au bout de ma plume et de l'amour plein les yeux, ma jouissance est inébranlable.

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C'est un fait

















La vie est plus tranquille lorsqu'on porte des souliers plats.

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vendredi 26 septembre 2008

Pléonisme

Une fois la lumière tamise, je mets sa chemise. La crinière en guerre, je bois mon thé sur des notes jazzés. Un goût de terre pour rester groundée. Je dois vous avouer aujourd'hui, que mon désir se penche davantage vers lui qu'en direction de l'intuition de physiatrie qu'on recommande aux accidentées.

Après les incalculables débandades, le fléchissement du corps pour l'apprêter à l'épanchement. Dans l'expansion du continent, il y a inévitablement le retour de l'exilée. Cesser les donations dispersées pour me donner entièrement à lui.

Je suppose ma teinte de bleu sur les murs de l'amoureux. Avouer ses visions fantasmagoriques n'est-ce pas l'ultime résignation? La liberté dans la facture amoureuse. Céder une partie de soi pour acquérir une nouvelle étoffe.



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jeudi 25 septembre 2008

Le billet sans interruption, sans lever le crayon

Désirer plus grand qu'un simple rapprochement. Vouloir sortir des rangs. Éloigner la déception et ses dérives de sentiments. Se faire un enfant. Autrement. Je pourrais énumérer des citadelles de raisons, mais je fais plutôt dans la passion. C'est toujours une question de coeur, d'écouter ce qui fait vibrer ce qu'il me reste de vivant à l'intérieur.

Quand je prends un temps pour écrire, je reviens inévitablement à moi. À me chercher un sujet entre les seringues sur les trottoirs, je n'ai trouvé que le silence. Un résonnement sourd de mes muscles qui se choquent à chaque pas délicat.

Je suis sortie déguisée pour me faire croire que je peux encore plaire sous une immense masse flasque. Je me suis sentie confrontée face à ces masques grimaçants qui avaient un air menaçant. La séduction dans mon coin n'est pas toujours synonyme de courtoisie vous savez. Les gens magasinent l'illusion de l'amour sur ces mêmes trottoirs quelques heures avant et moi, je cherche encore un semblant de validation dans le regard des passants. Je me dis qu'une bonne fois...

Je pensais vous écrire quelques chose de joli aujourd'hui. Après tout, ne suis-je pas l'une des femmes les plus heureuses? Pourtant, les couvertures dans mon lit ne cessent de crier et dans ma tête les bruits ne s'arrêtent jamais d'exister. Toujours une question, un tournant, un angle différent. Les sirènes de la ville font un bruit différent. La tôle qui se froisse envoie des ondes à mon cerveau. Je marche avec prudence en évitant la mort. Pourtant, je me bats tous les jours pour ne pas la suivre jusqu'au dernier repas. Il y a des jours comme ça où il faut savoir retourner au lit, fermer les yeux et baisser les bras. Il y aura toujours les heures pour renforcer le soleil. Et cette heure n'est pas de celles-là.

Posted by Miss Klektik :: 08:55 :: 2 commentaires
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lundi 22 septembre 2008

Accidentée

J'ai toujours pensé qu'on ne peut pas user le mot je t'aime à force de l'utiliser. Une fois enclanché, il devient une part entière du quotidien, une démarcation du temps au cours de la journée, au fil des heures. Je me disais justement à quel point je l'aime au moment où tout est arrivé.

Le temps se déroule normalement et la route ne m'apparaît pas particulière. Un instant comme tant d'autres alors que BANG! Le temps de voir une voiture d'un coin de l'oeil. Je me dis « Ça y est. » sans trop comprendre. Un ballon en plein visage. Les secondes m'apparaissent si longues. C'est le silence alors que je suis en plein centre de ce brouhaha. Arrêtée, décontenancée. Puis j'entends alors les cris d'un garçon comme s'ils étaient loins, lointains. Un bruit suspendu, un écho qui trouve son chemin jusqu'à mon coeur. Le premier que j'entends et qui me sort de ma torpeur. Ce sont ceux du mien qui me jettent hors de cette situation dans laquelle je me sens encore étrangère. Le sang glacé, l'instinct prend le contrôle parce que je ne sais plus différencier ma gauche de ma droite.

Les lumières éblouissent la nuit déjà artificiellement colorée au coin des rues près de chez moi et DeLorimier. Tous les fantasmes juxtaposés dans l'évènement perdent de leur sensualité. Le temps de m'assurer que ton mon univers existe encore. J'ai toujours ma petite brindille d'amour et mon amoureux qui m'épate avec le calme qu'on lui connaît. Une âme charitable s'occupe à tour de rôle de la mère chamboulée que je suis et du petit qui a déjà trop crié.

Apparté : Madame, je voudrais vous remercier de ce temps que vous avez pris pour nous serrer dans vos bras et nous dire que ça ira. J'ai oublié, entre deux claquements de dents, de simplement vous dire merci.

Il y a dans ces moments un rappel que je souhaite vous partager. Celui de dire aux gens qui nous entourent qu'on les aime. Peut-on vraiment le dire trop? On ne sait jamais le temps qu'on a. Et moi, je m'en vais de ce pas reposer mon dos et répéter à l'amoureux comme je l'aime et ce que c'est bon d'avoir un homme comme lui dans ma vie.

Posted by Miss Klektik :: 21:22 :: 14 commentaires
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vendredi 19 septembre 2008

Le 15 octobre...

Pensez-y...


Blog Action Day 2008 Poverty from Blog Action Day on Vimeo.

Posted by Miss Klektik :: 21:05 :: 0 commentaires
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Mom story

Il était déjà matin et la lune narguait le soleil dans le ciel.

- C'est vous les parents de...?

Dans ma tête, j'ai répondu : « Je suis sa mère. Lui, c'est mon copain, ma saveur du mois depuis 4 mois aujourd'hui – et fort probablement bien plus encore. Il n'y a pas vraiment de père dans le décor. C'est que je l'ai eu seule cet enfant. Non, le père ne m'a pas abandonnée. Je ne lui en ai même pas donné l'occasion. En fait, il ignore son rôle et ne le saura jamais. De toute façon, je ne suis plus certaine de bien me souvenir de son prénom. Non, ce n'était pas un one night. En fait, c'était un régulier, vous comprenez? Ça fait longtemps que j'ai arrêté. Huit ans si je ne compte pas le dernier. Maintenant, je dois y aller si je veux avoir le temps de déjeuner avant de partir travailler.»

Juste d'y penser m'a soulagée, mais ma bouche s'est sentie gênée et s'est contractée le temps d'un simple éclaircissement de la voix et je me suis arrêtée tout suite après « Je suis sa mère. » en pensant que l'affirmation sous-entendait la négation par manque d'implication.

Posted by Miss Klektik :: 20:01 :: 5 commentaires
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jeudi 18 septembre 2008

Extase amoureuse

Les regards se croisent et naît alors le sentiment d'ambiguïté. Le désir de l'étranger, l'étreinte du danger. Au-delà de l'envie, la nécessité de plaire, le besoin de se sentir en vie. Aux abords de l'inconnu, on me demande de monter à bord le cynisme emprunté de la drague usée. J'arbore fièrement le statut amoureux en faisant abstraction de ce décolleté déversé.

Mettons de côté ses nombreux accomplissements. La noblesse de ses plus grands pêchés. Tout le reste qui se traduit ouvertement en mots apprêtés aux occasions avec des subtilités qui lui sont singulières. Il me reste un sentiment de fierté. C'est une nouveauté. Fierté? Celle de l'aimer, d'avoir sa main dans la mienne dans mon quartier et le sien, de m'appuyer sur son épaule quand le vent est trop froid, de savoir que je peux compter sur lui. La fierté de tout ce qu'il est.

Mes sens aiguisés. Je sais que tout peut changer comme tout peut arriver, mais je ne me suis jamais sentie aussi grande, aussi belle, aussi forte. Plus encore que mon point de référence alors que je me voyais devenir la meilleure mère en m'inspirant d'ailleurs, d'autres que les frêles exemples de mon passé.

Jamais je n'aurais pensé que d'avoir un seul homme amoureux de moi pourrait me faire le même effet qu'une douzaine sous mes doigts. Je ne suis pas aveugle, mais je n'ai pas peur de fermer les yeux. Ouvrir les deux mains et recueillir l'effleurement de ses doigts dans la paume de ma main au lieu de chercher à saisir tout ce qui me passe sous le regard.

Posted by Miss Klektik :: 20:40 :: 6 commentaires
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mercredi 17 septembre 2008

Quand Jules se transporte au bureau

Elles étaient trois.

L’italienne éclatée, la vieille fédéraliste et l’hédoniste enrobée.

Puis il y avait moi.

Figées devant l’écran.

http://chezjules.tv

Par-dessus les rires gras de l’italienne qui ne pouvait maintenant plus jouer la carte de l’innocence, les deux autres commentaient au fil des secondes…

- Watch ben. Tu penses que c’en est un, mais ça n’en sera pas un.
- C’est filmé où?
- Miss K doit avoir passé la journée à les chercher ces chiottes-là pour retrouver l’objet en question.

Je ne leur ai pas dit que j’en possède déjà un avec des boutons éclairés, différentes vitesses et une autonomie de satisfaction quasi garantie. Le quasi, c’est un ajout de l’amoureux quand il s’est mis à se prendre pour…

- En tout cas, moi j’en veux un. Il est où le lien que je m’en achète un? Pourquoi il n’y a pas de liens? J’en veux un!

Je fais quoi? Je lui dis où s’en procurer un? Ou je continue à sourire bêtement comme si je n’y connaissais rien? Pourquoi j’ai soudainement une envie de shopping?

Posted by Miss Klektik :: 16:16 :: 11 commentaires
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lundi 15 septembre 2008

Le sujet de l'heure

Dans mon quartier, il y a beaucoup de caméras. En fait, il y en a moins depuis les évènements de Montréal-Nord. Ça prend du neuf pour faire de la nouvelle et la pauvreté du coin, on l'avait déjà mis en cage couverture quatre ou cinq fois. Bien saisir le portrait des moins nantis, les démunis. On peint souvent le paysage de béton avec ces gens qui mettent des chapeaux sur les mots qui ont une syllabe qui se termine en a. On laisse parler ceux qui ne se sentent pas écoutés au nom d'une population dont on cherche à se rapprocher. Une ouverture sur le monde d'ici avant de se tourner ailleurs. Mais merde, les pauvres aussi sont éduqués et savent bien parler.

Ce que je trouve triste, ce n'est pas que les caméras s'en aillent et laissent derrière la supposée même misère. Ce n'est pas le sujet ni même la façon de le traiter. C'est la vision que les gens s'en font. Ce sentiment de pitié qui n'a pas sa place. Parce qu'au-delà de la pauvreté, le monde ici est beau comme nulle part ailleurs.

Vous devriez voir la force et la fierté de mon quartier. Quand je vois une mère avec son enfant payer son épicerie avec de la petite monnaie et tout de même se garder un 2$ pour remettre au vendeur de l'Itinéraire en sortant, ça vient me chercher. C'est cette urgence de vouloir aider, de partager. De savoir la cause plus grande que soi. De marcher sans avoir les yeux fermés. De simplement tendre la main après avoir mangé sa bouchée de pain.

Puis moi, tous les jours, ça me rappelle d'où je viens.


Posted by Miss Klektik :: 22:14 :: 5 commentaires
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dimanche 14 septembre 2008

Elle

Lorsque les conversations sérieuses s'accumulent, je me sens acculée au mur et je me dis à chaque fois que ce sera le début de la fin. Éventuellement, ce jour se présente, mais on ne sait jamais c'est exactement lequel. On cesse de s'écrire. On cesse de se téléphoner. On sort chacune de notre côté. Jusqu'à ce que le silence devienne plus grand que ce qui nous liait l'une à l'autre. Le moment où la Belge fait son entrée suivie d'une série de récits et de black-out arosés au scotch et à la lie.

Notre déclin tranquille flâne sur une vieille feuille virtuelle. Trop de retenue à vouloir me dissocier d'elle. Trop de retenue dans l'imperceptible manuscrit. De la retenue qui maintenant n'existe plus. Comme si toutes ces nuits avaient éclairées ce que jadis je n'arrivais pas à voir en plein soleil. Toute la féminité que je ne pouvais pas voir sortir de sous ses ailes en reconstruction.

Ce moment précis où elle a envoyé sa bouée sur mon sans-fil cette nuit, j'étais ailleurs. J'étais auprès de lui, dans son lit, à m'imaginer la vie à deux en saisons détachées. La vie à deux dans tout ce que je peux faire de plus traditionnel. Seule, à me laisser imprégner de sa douce rébellion. À attendre sans compter les heures. Alors que nous nous disions que l'attente n'était pas pour nous. Le temps a cette drôle de façon de se jouer de nous.

J'ai eu une pensée pour elle. Des images, des odeurs, sa fragrance. La texture de ses cheveux sur mon visage. Ses baisers timides quand nous n'étions que toutes les deux et qui prenaient soudainement toute la place devant le monde entier qui devenait une menace pour son insécurité. Des souvenirs en trois dimensions le temps de me garder éveillée.

Puis je suis retournée dans ce lit que je connais par coeur. Me laisser bercer par cet amour nouveau qui a tout de différent. Et quand j'ai ouvert les yeux, que je l'ai vu se pencher doucement pour m'éveiller sans trop faire de bruit, j'ai senti à nouveau cette vague d'amour que j'ai pour lui balayer les souvenirs passés.

Posted by Miss Klektik :: 21:17 :: 0 commentaires
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samedi 13 septembre 2008

Je serai là

C'est ce qu'il m'a dit un soir où je me sentais particulièrement femme. Le désir ardant, les cheveux défaits par le vent, il détenait au bout de ses doigts la fragilité que je détestais tant. Aujourd'hui, c'est différent. Par sa poésie parfois timide – celle que je suis seule à lire et à découvrir. Oui, parfois je me vante oh! Comme il est merveilleux d'aimer un homme qui se joue si bien des mots. Et d'avoir une série d'inédits juste à moi. Dans ces bleus où il se fait aquatique avec moi sous les draps qui deviennent notre océan.

Il m'a dit comme ça, sans effort apparant. Sans même laisser planer la seconde d'excès qui sème le doute. Celle qui laisse entrevoir ces soirées de boissons à se chercher un autre poisson. Il me l'a dit alors, je vous assure, ça n'avait rien d'un mouvement politique visant à rassurer la femme insécure. Un doux murmure, une confession, une vérité naïve à laquelle on ne peut s'empêcher de croire. Au détour d'une route, au profit de mes envies. Il me l'a dit comme ça : « Chérie, je serai là. »


Posted by Miss Klektik :: 15:03 :: 2 commentaires
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jeudi 11 septembre 2008

Ma folie assourdie

La peur est encore et toujours la même, mais je ne la verbaliserai pas cette fois. C’est promis, je ne dirai rien. Je prétendrai que les jours qui passent se ressemblent et je garderai ces pensées derrière mes yeux malades. Les mots ne servent qu’à alimenter l’angoisse, tu sais. J’ai quand même refusé de prendre mes médicaments contre la nature ce matin. Dans un dialogue de sourds entre l’anxiété et la raison. Je me dis que je recommencerai demain. Ou après demain. Ou après après. Quand la nature aura retrouvé son chemin. Des propos qui ne me semblent pas convaincants, mais qui me permettent de croire le temps de retrouver le corps que je possède. Je sais – et ça m'effraie – que cette caricature douteuse n'est nourrie que par une folie que je tente de museler. Trouverai-je un jour la voie de la raison?

J’ai remercié le destin en entendant « On doit réagir » quelques minutes après ma première gorgée de café. À me dire que le travail, de façon générale, a peut-être comme principale mission d’assurer la santé mentale de la population. Occuper l’esprit pour s’oublier. Ne plus penser aux traumatismes et aux tragédies. Celles qu'on écrit et celles qu'on se dit juste avant d'embarquer chacun dans son taxi.

Ce n’est qu’en début de soirée que je me permets de laisser l’encre couler sur mes doigts. Juste avant d’escalader ma rue. Et je rentre me faire jolie pour lui.

Seule et nue, le regard perdu. Je fixe le vide. Celui qu’on connaît et qui se fige dans le temps, dans l’espace. Celui qu’on s’imagine si bien qu’on penserait naïvement pouvoir le saisir. Et j’écoute. J’écoute les sons et les douleurs de mon corps. Celles qui me parviennent de la poitrine et qui me rappellent ma fragilité sous ces cicatrices que je ne me donne plus la peine de cacher. Ces douleurs au ventre que j’essaie de catégoriser en étirements, en tiraillements et en autres noms communs pour me donner un semblant de stabilité émotionnelle.

Les cheveux encore mouillés, je pratique mes sourires devant un miroir et j’exerce mes doigts à ne pas trembler. Parfois, il faut savoir prendre sur soi. Et comme devant une grosse araignée poilue qui me regarderait de ses trente-douze yeux, je ne laisserai pas la peur me figer.

Posted by Miss Klektik :: 18:07 :: 5 commentaires
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mercredi 10 septembre 2008

La violence électorale

Tout le monde en parle. L’oiseau qui déféquait sur l’épaule de Dion. La campagne des conservateurs me laisse perplexe. Nous faisons face ici à du cyberbullying, de la cyberintimidation si vous préférez. Alors que nous essayons de combattre ce phénomène dans les écoles du Québec en incluant ce type d’action répréhensible dans nos luttes contre la violence. Quel message Harper envoie-t-il aux jeunes et à la population en général en se livrant à une campagne de ce genre?

Mais ce qui me fait le plus peur, c’est que s’il entre en majorité (les Canadiens sont à ce point stupides, je le crains), il pourrait revenir à la charge avec sa proposition pour menacer la droit à l’avortement. Après tout le chemin parcouru à ce niveau (la légalisation, l’accès aux cliniques), ce serait bête de revenir en arrière. C’est la première fois que j’ai peur pour l’avenir de mon pays. Pour son image, mes droits et ma liberté. Convaincue à un point tel que je ne pourrais pas entretenir une amitié – même superficielle – avec une personne qui supporte le gouvernement Harper.

Dans les dernières semaines, j’ai souhaité que Dion – pour le bien de son parti – cède sa place. Et je n’ai jamais voulu supporter les Libéraux jusqu’ici. Je l’ai écouté, mais on ne ressent rien face à son discours. Aucune présence. Aucun charisme. Tout a l’air écrit d’une autre main (mais qu’il s’approprie son discours merde!) et il ressemble – plus que les autres – à une marionnette facilement manipulable.

J’aurais aimé avoir un vrai choix. Une personne capable de soulever les foules, leurs passions. J’aurais aimé avoir un Obama – qu’il soit anglophone ou francophone. Je me contenterai de voter pour le moins pire ou de voter stratégique en me croisant les doigts pour qu’Harper ne rentre pas majoritaire.

Permettez-moi ici d’insister sur l’exercice du droit de vote. Traitez-moi de parano s’il le faut, je persiste à croire que l’heure est grave. Au-delà des rébellions et de la question de choix, du sentiment de ne pas avoir de véritables opportunités : ne pas voter, c’est donner son vote à Harper.

Posted by Miss Klektik :: 12:41 :: 25 commentaires
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lundi 8 septembre 2008

Kyste and tell

C'est rien. On ouvre et on ferme. La page ou ailleurs. Il n'est pas plus malin que moi, c'est certain. Et je ne suis pas Selma même quand je chante en marchant entre ma rue et St-Laurent.

Exploiter mes inconforts pour vivre des tragédies. Broder ici serait plus juste. Je sais. Ce n'est rien, ce n'est rien. Mais je ressens le besoin de justifier le balancement de mes bras et de mes hanches au milieu du territoire des plus heureux. À chanter My Favorite Things en traversant les rues. À me demander pourquoi soudainement la ville est si silencieuse autour de moi. Pourquoi je n'entends même plus le bruit des voitures.

Je sais que mon exagération sert de mur entre ma volonté et la réalité. J'aurais aimé qu'on me donne le droit de m'effondrer. J'aurais aimé qu'un étranger me serre dans ses bras. Qu'il me dise ce que je sais déjà. Ou qu'il ne dise rien. On ouvre et on ferme. Ou on vit avec. Quelque chose comme ça. Rien d'alarmant. Pourtant... voilà... j'ai peur des gens en sarrau blanc.

Posted by Miss Klektik :: 20:29 :: 5 commentaires
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dimanche 7 septembre 2008

Oralement

Une voix, une seule. La mienne. Renforcer l'homosexualité des voisins du bas. C'est ce que je me dis quand les sons deviennent plus forts que mes pensées. Mais non. Ce soir, ce n'est pas la mienne. Je tends l'oreille. C'est ma nouvelle voisine. Voilà qui rend les choses intéressantes. Qui, croyez-vous a les meilleures cordes vocales? Qui, selon-vous, réussira à atteindre l'extase la première? La compétition s'installe alors que je sors ma boîte à outils en pleine nuit. (Puis-je insérer ici un petit merci anonyme légèrement déplacé?) Mais voilà que ça dure. Encore et encore. Ces cris même pas étouffés. Si elle avait au moins la décence de mordre l'oreiller ou l'épaule de son chéri. J'en suis presque jalouse alors que j'entends le bruit d'une main qui claque ses fesses. Une fois. Puis deux. Jamais deux sans trois qu'ils disent. C'est plutôt amusant, je vous le dis.

Heureusement, c'est le moment choisi par l'amoureux pour s'arrêter sur ma rue. Témoin des ébats sonores de mes voisins, voilà de quoi alimenter les discussions. Et l'imagination. De quoi ont-ils l'air? De quelle façon ils le font? Nul doute sur l'orientation toutefois. Pour crier de cette façon, nous parlons bien d'un couple hétérosexuel. Je me demande si elle est blonde, brune ou rousse. Si elle a un corps svelte ou des rondeurs préraphaélites. Et dire que je pensais que le quartier perdrait de son croustillant avec le départ des punks qui semblaient se partager la blonde un peu confuse...

Non, mais quel heureux hasard que de constater que, derrière un mur de carton, il y a une femme qui a une voix qui m'interpelle. Reste à entendre si ce soir, ils remettront ça après le téléjournal de 22 heures. Après tout, on a droit de faire le bruit qu'on veut avant 23 heures, non?

Posted by Miss Klektik :: 15:38 :: 10 commentaires
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samedi 6 septembre 2008

On m'avait dit...

Quand j'étais plus jeune, je chantais Bruel pour me rassurer. Juste après le Cabrel qu'on m'avait enseigné. Le temps peut bien s'écouler, glisser, s'évaporer... il me restera toujours l'essence de ces moments pour me rappeler. Il me restera toujours un peu de naïveté pour croire que les patterns peuvent être brisés.

Une petite fille dans une balançoire, le dos courbé et le corps caché. L'exécration d'un corps de femme qui prenait tout la place dans ses vêtements blancs. Un petit garçon assis dans l'herbe, les bras plein de bleus et le nez en sang. Lui, il ne rêvait plus. Il ne faisait que vivre, car la mort pourrait se trouver n'importe quand, sous l'un des coups que son père lui infligeait.

A capella, c'est joli. Les deux complètement seuls, ensemble. On se disait qu'un jour, notre vie serait meilleure. Dans un parc de la grande région montréalaise, cette chanson-là avait trouvé sa place.


Posted by Miss Klektik :: 18:51 :: 3 commentaires
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vendredi 5 septembre 2008

Interrogations d'enfant

Est-ce l'influence de mon orientation sexuelle assumée, mes amis aussi colorés et diversifiés que le défilé de la fierté ou le nouveau quartier que nous avons adopté?

« Maman, moi aussi je veux embrasser un gars comme toi. Je veux être gai. »

Quelques jours plus tard...

- Maman, pourquoi tu pleure?
- PMS. C'est la semaine où dans le mois, la femme – qui sera toujours un être mystique à tes yeux – a des sautes d'humeur tellement intenses que tu la soupçonneras d'être une maniaco-dépressive cyclique. Bref, je pleure parce que je suis une femme.
- Ah. Tu veux devenir un homme?

Pourtant, la question que je redoute est celle qu'il n'a pas encore posée. Je me dis que peut-être qu'il sait. Qu'il se l'est imaginé. Peut-être qu'il ne veut pas savoir. Et je profite du temps pour raffiner les mots ainsi que le discours.

Posted by Miss Klektik :: 22:45 :: 3 commentaires
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jeudi 4 septembre 2008

Yulblog de la rentrée

C'est la fin de la journée. Je m'élance vers les portes grandes ouvertes. Baywatch version tailleur et talons. Le chauffeur m'attend avec un sourire qui n'est pas fréquent chez les agents de la STM. Je mets mon billet dans la fente. Mais je le mets à l'envers.

Je vais m'asseoir à l'arrière et, n'arrivant pas à me décider entre le bouquin que l'amoureux m'a prêté et le calepin pour barbouiller les mots de l'heure, je me plonge dans ma tête. Un plongeon d'une distance appréciable puisque je ne remarque pas que nous sommes arrivés à destination.

Le chauffeur lance un « Terminus! Tout le monde descend! » alors que je suis la seule à bord à contempler le vide. L'étourdie que je suis apprécie grandement sa diplomatie.

Je me précipite vers la sortie. Deux sacs sur l'épaule et une vaste collection d'objets dans les mains qui cherchent à fuir mon emprise. C'est plus fort que moi, je souris dans ces moments-là. Et en descendant les dernières marches de l'autobus, le chauffeur me dit : « Bonne soirée mademoiselle. Joli sourire. Joli sourire. » Puis, il me voit rougir juste avant de m'enfuir sous la terre.

Trois heures plus tard. Un tas de vêtements lancés sur une boîte qui n'est pas encore défaite. Je dois me débarasser de cette habitude de téléphoner à l'amoureux en pleine crise vestimentaire. Le Devilish de Laura Geller sur les lèvres, un vieux rose sur les paupières et le volume lash d'Annabelle que j'adore (merci oh merci marketing à travers les blogues). Je suis enfin prête.

Angoisse et fébrilité. Je laisse mon petit garçon après quelques baisers. Sur les joues, sur le front. « Sois sage, ok? » alors que je sais qu'il ne lui reste que quelques minutes avant de retrouver Morphée. J'entreprends alors le parcours en traversant le grand parc du haut de mes talons, instrument de torture de la femme moderne qui a besoin d'une valeur ajoutée au décolleté pour exhiber sa féminité.

Ce sera un choc plus tard de croiser la camionneuse et de la trouver plus féminine que moi. Pourtant, j'aurais dû m'en douter. L'ancienne copine l'était et elle roulait toujours entre deux truck stops.

Je découvre enfin un autre côté de ces soirées. Après la célibataire à l'alphabet planifié du A au Z, la gouine à temps partiel et à l'allure délurée, la maîtresse de fin de soirée au texto assuré, la fréquentation hésitante mais culottée, je suis l'amoureuse passionnée qui n'a plus à se cacher. La première à être embrassée. La main bien occupée, mais rien d'osé, soyez assurés.

Un verre ou deux de trop, c'est une habitude. Les talons deviennent insupportables. Je marche nu pieds dans l'herbe du grand parc pour rentrer. Je croise des jongleurs de feu. J'entends au loin le son de percussions et des voix qui s'y mêlent. Je réussi à rentrer à la maison après un arrêt improvisé. Et je m'endors dans les bras de l'amoureux qui lui, ne dort absolument pas. Ce matin, il est déjà parti. J'ai les pieds en sang et je suis debout depuis 3am à cause de mes allergies. Mais je suis franchement heureuse de ne pas avoir manqué le Yulblog de la rentrée.

Posted by Miss Klektik :: 05:32 :: 3 commentaires
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mardi 2 septembre 2008

Mon inspiration

Un soir de mai, nous nous sommes rencontrés. Enfin, je l'ai vu une fois sans me permettre. Puis je me suis approchée timidement avec un « C'est bien toi? Moi, je suis moi. » Savoureuse discussion en guise de rappel : j'ai besoin de plus d'un verre avant d'avoir de la conversation.

Pourtant, à ce moment-là, tout me semblait limpide, il m'apparaissait enfin accessible. Ses mots me touchaient plus que jamais et j'ai craqué pour ses yeux que j'observais lorsqu'il détournait le regard. Son discours était le même qu'ailleurs, mais il avait une nouvelle saveur lorsque ses appréciations touchaient ses cordes vocales. Je me souviens être tombée pour lui cette nuit-là. Pour ses yeux, sa façon de voir les gens et la ville, son sourire, sa simplicité... tout ce que je m'imaginais qu'il était et que le temps m'a confirmé.

Ce soir, j'ai cherché l'inspiration partout. Dans de vieux récits. Dans de jolies mélodies. Sous mes draps. Dans le fond de ma bouteille. Puis la deuxième... L'amoureux non plus n'était pas là. Et j'ai compris, après avoir caressé mon lit froid dénué de sa présence, que mon envie d'écrire est multipliée par l'amour que j'ai pour lui; que mon envie d'écrire est déclenchée par son souffle sur ma chair et ses baisers ardents. Mon inspiration, c'est lui.

Posted by Miss Klektik :: 23:35 :: 5 commentaires
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lundi 1 septembre 2008

L'homme soleil

Tout balancer. Me libérer, c'est demander à l'autre de devenir spectateur. Applaudir mes succès. Essuyer une larme pour chacun de mes déluges. Me regarder. M'admirer. Les mots ne devraient jamais être prononcés par habitude. Le silence imposé. Lorsque les phrases sont si entortillées qu'elles deviennent impossible à prononcer. Les pensées effritées pulvérisent l'expression orale. Alors je retourne à mes écrits. Je m'éloigne de l'humanité et de son caractère intempestif. Il y aura toujours une heure meilleure que la leur.

J'ignore pourquoi le citoyen a cette conviction de devoir briser les barrières pour ensuite se réfugier dans sa tannière. Un jour, ces barrières, il les sautera puis ce sera les prémices de la dernière volonté. À tout vouloir changer, on oublie la conformité. Je ferme les yeux. Pour tout rendre plus joli et pour me protéger des regards insistants qui pourraient lire en moi. Je ferme les yeux en faisant abstraction du temps. Celui qui passe trop vite, celui qui vient toujours à me manquer. Et sa réflexion qui se retrouve inévitablement en paquets sur le plancher.

Mais voilà que l'intonation dicte sa présence à travers deux soupirs. Il ne suffit que d'un mot, un son sifflé à travers deux lèvres tendues pour tout remuer cet espace. Puis un prénom, le mien, pour marquer l'importance de l'instant. Cette heure à laquelle les corps se retrouvent. Sous les draps, il n'y a plus de mauvais discours. Il n'y a que lui et moi, prêts à créer un amour incomparable de nos mains nues. Il n'y a que lui et moi, et tous ces gens autour pour nous dire comme c'est beau la vie à deux, comme elles brillent ces étoiles dans nos yeux.

Posted by Miss Klektik :: 09:10 :: 2 commentaires
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