Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


mardi 28 octobre 2008

Toi et moi

Ça fait longtemps que je ne t'ai pas écrit comme si nous n'étions que toi et moi ici. J'ai tant aimé ce temps passé à ignorer les différences entre le jour et la nuit. Explorer leur complémentarité. Donner un nouveau sens à la diversité. T'avoir égoïstement à mes côtés. Toutes ces heures à ne pas calculer, ces instants de quotidien à partager. Il n'y a rien de plus beau que ce qui se crée sous ton influence.

Hier, tes yeux étincelants ont croisé les miens. C'est ta main qui a frôlé ma joue pour saisir mon menton, opposant mes assourdissantes émotions à ton doux pouvoir de persuasion. Et j'ai aussi croisé ton sourire irrésistible qui s'est dressé au milieu de ces poils de barbe d'exactement trois jours et quart. Hier, toi et tes mots. Je n'ai pas pensé. Je n'ai que senti ton coeur contre le mien. Flabbergastée. Hier, tes mains agitées ont trahi ton impatience. J'en voulais autant et j'ai faibli volontairement devant tant de diligence. Depuis le temps, pourtant, je devrais savoir l'effet que tu me fais.

Hier, je suis retombée en amour avec toi. Éclaboussée de tendresse. Ivre de ton affection. Encore. De même. De plus. Toujours mieux. Encore nue. Les cheveux en bataille, j'ai dit adieu aux armes.


Posted by Miss Klektik :: 22:31 :: 3 commentaires
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lundi 27 octobre 2008

Métro Sherbrooke

- Fuck sti. Madame, scusez-moé. C'est pas mon genre d'habitude, sti ça m'écoeure, mais ça fait des jours que j'dors dans rue.

- T'en fais pas. Je sais ce que c'est...

- Sentez-moi si vous me croyez pas.

- Je te crois. Je te sens. T'en fais pas.

J'ai fouillé le fond de ma sacoche et je lui ai tendu un dollar.

- Je suis désolée, c'est tout ce que j'ai.

- C'est ben assez.

Il s'est tourné vers mon garçon.

- Hey le petit... ta mère, est ben gentille.


Posted by Miss Klektik :: 20:16 :: 3 commentaires
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dimanche 26 octobre 2008

Rosaline et moi

Distorsion en minces couches, appliquée. Rosaline est une petite boule de chair repliée. Engraissée par des idées décolorées. Son plancher est glacé et sa peau prend la couleur de la peur. La différence entre tout avoir à perdre et la liberté. Elle voudrait s'en échapper. Mais entre se tirer et se retirer, elle opte pour la deuxième possibilité.

Le pénitencier est un monde qu'on se crée à force de se cacher. Son coeur est devenu tôle et ses barreaux ne sont que les limitations de ses actions au milieu de sa confusion. Elle loge dans un allongé, compartimentée entre l'univers en entier et son noyau. Et elle jouera toujours de son violon dans sa maison bleutée.

Quand Rosaline regarde les gens s'éloigner ou s'approcher, elle sait qu'elle ne sera jamais de la même manière. Ailleurs. Autrement. Elle est une fugitive qui prend ses plaisirs dans l'éphémère. Une évadée du jardin des merveilles qui se raconte des histoires de roses et d'abeilles avant de s'évanouir. Des histoires d'amour qui piquent et de blessures qu'elle aime.

Aujourd'hui, Rosaline m'a avoué sa peine. Elle m'a dit qu'elle aimerait parfois être comme ceux et celles qui la dévisagent quand, seule dans un train, elle se met à pleurer. Elle avait son violon. Alors elle en a joué et entre deux couplets, on se racontait nos vies d'avant, nos vies d'enfants. Pour fuir le présent le temps d'une chanson.

La Meme Histoire - Feist

Posted by Miss Klektik :: 21:38 :: 2 commentaires
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jeudi 23 octobre 2008

Consultante en démolition

L'arrière de l'autobus tousse grassement jusqu'à ce que je sente un quelque chose me rouler dans le fond de la gorge. Une femme assise à l'avant jase avec le chauffeur de ses petits malheurs. Un début de calvitie féminine, une dent pourrie qui la fait souffrir et autre déboires du petit peuple. L'homme ahuri se transforme en baleine échouée quand le conducteur pèse un peu trop fort. Un arrêt plus tard, une femme enceinte jusqu'aux oreilles et probablement trop tranquille reçoit un coup de canne d'une vieille débile qui dénonce l'impolitesse de la jeunesse. Mais quand un homme se lève avec le torse bombé de courtoisie pour laisser une présumée future mère se reposer, il reçoit une série d'injures d'une femme qui n'était que grosse. Je ne bouge même pas. Je fixe l'immense crinière de la femme en avant de moi. On m'a raconté que des gens se promènent en ville sans savoir qu'ils ont des poux. Dans les transports en commun, dans les cinémas... et que parfois, en observant attentivement, on pouvait voir ces bêtes grouiller. Le silence n'est malheureusement pas longtemps apprécié. Arrivent les monstres qui hurlent et bavent partout. Les ados et leurs boutons comme des armes, prêts à exploser et nous contaminer à distance. Les Ipod nanos qui compétitionnent à savoir quel maître aura la plus grande endurance ou l'inconscience suffisante pour impacter son ouïe progressivement.

Paraît que je suis à fleur de peau alors j'ai décidé de me recycler. Transformer l'irritabilité en rentabilité. Exploiter mes ressources naturelles et mon talent inné pour marteler sans explorer la joie de le rénovation. Me voilà donc conseillère en démolition. Je m'attaque aux murs, à la vaisselle, aux talons, mais ma spécialité demeure les mégères de salon perturbées. Et je suis déjà bookée jusqu'à la fin de l'année sans avoir fait de publicité.

Posted by Miss Klektik :: 21:53 :: 6 commentaires
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lundi 20 octobre 2008

Les pistes de l'hiver

Quand je me promène, il y a de ces je t'aime partout en ville. Il y a même des moi aussi qui commencent à s'inscrire aux côtés. Je soupçonne un couple heureux de vouloir propager leur bonheur. Je présume une conspiration pour inciter les gens à se le dire en croisant les bétons agrémentés de simplicité si rapidement oubliée. C'est une autre façon de peinturer le béton. De colorer la ville qui commence à se faire aussi terne que les arbres dénudés.

Je ponctue mes phrases avec la même délicatesse, mais il y a toujours des points d'interrogation en trop comme des aimants indésirables sur un frigo. Ceux qui se trouvent dans un coin, à ne rien soutenir.

Je ne sais pas pourquoi je ne m'attarde pas aux bons instants. Entre les passions et les obsessions. À chercher un sens à travers ces ridicules répétitions?

Est-il trop tôt pour commencer à hiberner?

Posted by Miss Klektik :: 20:46 :: 4 commentaires
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vendredi 17 octobre 2008

Le spécialiste en motricité

Je sais que je n'aurai pas mon habituelle professionnelle. On m'a donné un nom masculin sans autre explication. Question d'horaire, ça ne travaille pas 5 jours par semaine ces gens-là. Instinctivement, sans même me poser une seule question, je me prête au rituel usé. Je replace mes cheveux dans le taxi entre le métro et la maison. Je m'arrête pour saisir un verre de limonade à la volée. Je repose le gloss à la menthe sur mes lèvres agitées entre la maison et le rendez-vous. Le professionnel de remplacement m'attend dans l'embrasure de la porte. J'ai trois minutes de retard. Fashionably late, c'est parfait.

Penche vers l'avant.
Penche derrière.
Dis-moi où ça fait mal.

Les conversations sont les mêmes qu'avec la petite sympathique adoptée, mais l'intensité diffère. Ses yeux fixent directement les miens sans même s'excuser lorsque je les évite par timidité. Je ne suis plus guidée dans mes mouvements, je suis tâtée de toutes parts par ses doigts solides et chauds qui s'égarent sur mon corps. Sa main glisse sous mes fesses lorsqu'il sollicite une montée du bassin pour atteindre le bas de mon dos. Couchée le nez pointé vers les néons, il me demande de m'abandonner.

Ne te retiens pas.

Je me laisse envahir par une vague de pensées lointaines. Les hommes qui empruntaient cette phrase pour éventuellement justifier leur impossibilité à donner une jouissance audible et visible à la femme désirée. Dans la bouche du professionnel qui a maintenant la joue à la jonction de ma cuisse droite et de mon bas-ventre, les mots ne perdent en rien leur sensualité.

Ses bras s'emparent de mes épaules pour me saisir et faire craquer les dernières vertèbres rebelles en me chuchotant des histoires d'autres femmes passées sous ses doigts agiles. Je l'écoute à peine me déferler son curriculum vitae en courbatures libérées. Je laisse tomber ma tête sous le poids d'une fatigue accumulée et d'une résistance que je ne peux plus soutenir.

Je repars le sourire aux lèvres et lui, ailleurs. Je remets mes vêtements en vitesse, la peau encore perlée des quelques gouttes de sueur provoquées par le professionnel appliqué. Déstabilisée, je cherche un qualificatif considéré pour le remercier, mais ma bouche semble étroitement liée à un autre endroit.

Merci, c'était... jouissif.

Posted by Miss Klektik :: 05:00 :: 5 commentaires
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jeudi 16 octobre 2008

La science du beau

La compagnie Eska a eu la merveilleuse idée de me faire parvenir une invitation pour assister à la Semaine de la Mode de Montréal où je me suis présentée pour assister à deux défilés des prochaines tendances de designers montréalais mardi dernier.

Devant le tapis rouge du Marché Bonsecours, j’en voulais déjà à ma physio de m’avoir proscrit l’usage des talons pour trois semaines supplémentaires. Je marchais d’un pas faussement assuré avec mes souliers plats et ma camisole à paillettes en souhaitant que le rose et le noir trouvent leur place dans le dévoilement des collections printemps-été 2009.

Rien de moins que le traitement V.I.P., celui habituellement réservé aux médias et influents de la mode. On m’accorde le droit de sièges réservés dès mon arrivée et on m’accompagne jusqu’à une salle déjà compactée.

À l’entrée, deux jolies étudiantes portant une création de Charlene Chan pour l'occasion distribuaient les toutes nouvelles bouteilles d’eau Eska. Pour moi, l’eau goûte l’eau, mais je dois avouer que j’aime bien l’image de l’entreprise et le fait que la source soit de l'Abitibi.

Les séries tant appréciées de plateaux variés de petites bouchées étaient remplacées par des plateaux remplis d’échantillons, distribués dans une foule hétéroclite. Des pyramides de produits de beauté servis par des femmes au look rétro sur des assiettes argentées. Peut-on rêver mieux?

Si.

L'effervescence atteint son apogée lorsque les premières notes laissent deviner le commencement du défilé. Taches d’encre colorées sur toile blanche. Du noir. Du gris. Des teintes métalliques. Des boucles. De biais à l’avant. Mal attachée à l’arrière. Le pliage planifié des vêtements comme s'il s'agissait d'origami directement créé sur les corps des femmes. Un veston rose asymétrique entre le vieux et l’urbain fuschia. Une orgie de vêtements défilant devant mes yeux. Là où la féminité atteint son paroxysme. J'en voudrais encore et encore.

La perfection vestimentaire selon Miss Klektik serait donc un composé entre l’audace de Dinh Bà et l’accessibilité de Muse de Christian Chenail.

Coups de cœur et découvertes de ma soirée

Photographie : Eska

Posted by Miss Klektik :: 05:00 :: 6 commentaires
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mercredi 15 octobre 2008

Blog Action Day

J'ai déjà eu l'occasion – ailleurs et autrement – de dévoiler plusieurs aspects de la pauvreté. Toutefois, même en conservant ma vision, je m'éloignais légèrement de moi. Suffisament peut-être. Cette fois, c'est ma propre pauvreté que j'aimerais exploiter.

Sans heure et sans date. Il n'y a que le premier du mois et les autres jours. La colocation obligée, ce n'est pas qu'une question de partage. C'est de s'empiler au-delà de la limite du raisonnable. Le partage se fait ailleurs, autrement. Des échanges de services douteux qui sèment plus souvent qu'autrement la bataille entre les genres.

Pas de déjeuner. C'est le repas du jour avec lequel il est plus simple de s'en sauver. Je n'ai pas eu le temps. Il manquait de lait, j'ai pris un fruit sur le comptoir. Oui, oui, j'ai mangé entre deux cris d'estomac que je tente d'étouffer. Un muffin pour dîner. Fait maison. Sec et dur, mais juste assez pour former une roche dans l'estomac afin de l'obliger à se taire. Manger pour l'aspect social du repas lorsque je tente de me lier d'amitié avec d'autres passionnés des arts qui traînent à ma table. Manger et boire avec une lenteur incroyable que pour ne pas se faire chasser quand on ose s'aventurer à l'extérieur. Quand on est pauvre, tout fini par se consommer froid. Un hot-dog nature pour souper. Plain parce que je n'avais plus assez d'argent pour m'acheter quoique ce soit pour le remplir. Si j'ai de la chance, je n'aurai pas épuisé ma réserve de sachets de ketchup que j'ai pris en me prenant une frite pour emporter le mois passé. Mais pas plus d'un pour avoir encore quelque chose à manger demain.

À la fin du mois, dormir un nombre d'heures insensé. Parce que lorsque je dors, j'oublie ma faim. Porter mon linge troué. En faire plus d'un pour donner un genre planifié. Pawner tout ce qui m'appartient. Mes livres, mes CD, mes films... jusqu'à ma guitare que je m'étais payée quelques centaines de dollars avec mon tout premier chèque chez Steve's music à 14 ans.

Baiser les plus vieux devient une question de ristourne. Parce qu'avec eux, on n'a pas besoin de rien demander. Ils sortent le vin rouge et ce sont eux qui déboursent pour les sorties culturelles. Tout ce que j'ai à faire, c'est de dire oui à tout ce qu'on me dit. Ça me donne l'impression de vivre normalement.

Marcher. Marcher des kilomètres et des kilomètres parce que je ne peux même pas me payer le transport en commun. Je marche de Berri à Guy, de Laurier à Sauvé. Toutes les directions, toutes les locations. Je marche encore et encore. Sous le soleil, sous la pluie, sous la neige, en plein vent.

Éventuellement, on vient à gagner un salaire décent. À se permettre quelques folies et à vivre convenablement. Mais on n'oublie pas. On n'oublie ni la faim ni ceux qui se sont penchés pour tendre la main. Même lorsqu'on ne l'aura pas prise. On n'oublie pas ce que c'est. Et c'est en conservant les souvenirs de cette vie qu'on croit parfois loin derrière, qu'on sort à l'occasion un peu de change avec un sourire puis qu'on tend la main à notre tour.

Pour vaincre la pauvreté, je fais le voeu de l'éducation encore plus accessible et du pouvoir de la communauté sur les ressources de son quartier, qui est souvent sous-estimé. Impliquez-vous ici, chez vous, autour de vous. La pauvreté ce n'est pas nécessairement de ne rien avoir, c'est de ne pas avoir assez.

EDIT 17H30 : Je viens de ramasser mon itinéraire en passant par l'épicerie du coin. J'ai donc appris aujourd'hui même que ce vendredi, c'est la 19e nuit des sans-abri. Si vous voulez appuyer la cause, des évènements sont organisés à Joliette, Rawdon, Terrebonne, Amos, Saint-Jérôme, Laval, Gatineau, Vaudreuil-Soulanges, Valleyfield, Montréal, Longueuil, St-Hyacinthe, Granby, Cowansville, Sherbrooke, Drummondville, Victoriaville, Lévis, Rimouski...

Posted by Miss Klektik :: 06:17 :: 11 commentaires
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dimanche 12 octobre 2008

Mise à nue

J'ai la prose courbaturée, les mots se déchaînent sous les capsules variées, mais ne trouvent en fait qu'un seul chemin : celui de ma poubelle virtuelle. Là où sont déversés tous les maux incohérents du monde entier. Les miens, les leurs, tous ceux que je me serai appropriés. Tous ces éclats me semblent ternes lorsque mon univers est enrhumé et me voilà au centre d'une histoire dont je ne voudrais pas être l'héroïne. À tourner les pages sans savoir, toujours des choix, de plus en plus de choix. Je voulais que les portes s'ouvrent à moi. Je suis à une jonction entre deux je ne sais pas. L'envie irréprochable de mettre en terre des récits un tantinet sincères lorsque ma vie s'arrête entre deux révolutions.

Au-dessus d'une ligne ingurgutée, au son d'une vieille mélodie qui laisse à désirer, il y a l'amoureux qui me dit de penser à m'écrire autrement. Un défi à relever, celui de changer le regard porté sur soi. Celui de se reconnaître davantage par les forces que par les faiblesses, se reconstruire une identité à travers les électrons qui nous sont offerts.

Je suis femme. Toujours en devenir, un être qui prend ce qui l'entoure pour se construire une meilleure demeure intérieure. La promesse de se renouveler et d'apprendre de ce que la vie peut enseigner sans nécessairement se laisser séduite par Coelho. Mes ressources sont mon plus bel héritage et mon entourage est une source inépuisable d'inspiration. Mon pessimisme inégal vient supporter une passion frivole pour tous les plaisirs qui trouvent leur chemin. Les sensations, l'imagination et ces nombreuses stimulations. Je suis une Amoureuse avec un grand A et cet amour intense pour des variables de différentes fables sert parfois de bouée dans les moments un peu noirs. En fait, ce que j'aime le plus de moi ce n'est pas ce que je suis, mais ce que je suis devenue. Ce n'est pas inné, c'est ce que j'ai fait avec ce que l'on m'a donné. Comment je l'ai transformé. La haine battue, éliminée. Un adversaire de taille, le premier pas pour pardonner. Je suis ce que je vis et je le vis pour m'être constuite.

Je suis donc une série d'évènements, leur réaction, leur dénouement. Je suis la fragilité de l'enfant et la force de la femme. Je suis une personne simple qui n'a besoin que de petits bonheurs, mais je suis encore complexe dans mes façons de le rendre au monde extérieur. Je contemple pour m'enrichir et je lis par curiosité. J'ai encore des manières de jeune adolescente rebelle, mais je ne suis pas prête à m'en départir. J'aime saliver devant une vitrine aux accents de mes seize ans et prétendre que je peux encore séduire n'importe quel passant avec un simple décolleté et une jolie paire de collants.

J'aime être aimée, mais je préfère aimer. À travers la vivacité des émotions, je renouvelle ma dévotion. Pour l'homme, pour sa nature et pour les raisons qui nous forcent à nous rapprocher. Mais surtout pour mon homme, qui a su m'apprivoiser.

Posted by Miss Klektik :: 19:44 :: 8 commentaires
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vendredi 10 octobre 2008

Le café du coin

Les sujets se faisaient rares aujourd'hui. La normalité était étouffante sur Ontario alors que les gens se monosyllabaient par cellulaire. Nécessité de la modernité censurée lorsque le rideau de la nuit se lève pour faire place aux réguliers pressés. Si pressés qu'on se demande si tout l'intérieur est autant comprimé. L'humanité me semble davantage divisée sous un soleil de matinée qu'à n'importe quel autre moment de la journée. Enroulée dans mon foulard fuschia, je les observe se démener pour conserver ce qu'ils croient être un esprit de contemporainité.

J'écoute et j'entends. « Tu paie la vie de tes succès » C'est trop vrai pour être oublié après une gorgée de café alors je le note sans les regarder. Mais le coin de l'oeil me torture alors je profite de ma tasse vide pour m'étirer et faussement chercher la serveuse du regard pour une deuxième tournée. Je vois l'homme noir au sourire trop grand, aux dents trop blanches et au regard beaucoup trop pétillant. Et devant lui, une femme pâle qui ne sourit pas. Elle parle de son ex qui a réussi, le band qui a percé juste après son départ.

J'ai tout quitté en laissant un pourboire exagéré.

J'aurais aimé que les hommes élèvent leur voix davantage pour le droit à l'avortement que contre les coupures à la culture.

Posted by Miss Klektik :: 14:31 :: 6 commentaires
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mercredi 8 octobre 2008

Jalouse

Dans un français mal écrit, elle m'a encore dit comme le soir est noir quand je ne suis pas là. Que nos soirées de foie gras et de bières pour endormir notre timidité n'ont pas trouvé de remplaçante. « C'est beau », qu'elle a menti. Il n'y a plus d'amour depuis des lunes, c'est sa jalousie qu'elle met au grand jour. Le fait que ça dure. Elle me dit qu'il n'y avait pas mieux, mais qu'au fond c'est parfait ainsi, c'est tant mieux. « Je ne suis pas faite pour la vie à deux. » Moi aussi je l'ai déjà dit, alors je lui ai souris. Ça fait un petit velours quand on ne se pose pas les bonnes questions. L'invitation trouve tout de même un chemin quelque part entre l'organe sollicité et ses lèvres injectées. Racontons-nous encore autour d'un thé ou passons ensemble une de ces soirées comme avant, bien arosées. Au-delà de ce que nous avons déjà été, de ce nom passé qu'elle traîne encore et de mes idées qui n'ont pas su s'élever à sa hauteur même juchée sur mes talons argentés.


Posted by Miss Klektik :: 13:39 :: 5 commentaires
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mardi 7 octobre 2008

Le spectre

Errer derrière les talents que l'on expose, derrière les jolis mots qu'on manipule en prose. L'ombre de l'être aimé et le fantôme d'une si jolie amitié. Je suis la Ghost Writer de Mademoiselle Klektik. L'hérétique en trance, médicamentée à outrance. J'ai du bleu qui circule dans mes veines et les blues ont monté jusqu'à mes yeux.

L'incontournable revient m'effacer. Des idées noires pour charger l'esprit. Le corps déjà lourd de ses douleurs est épuisé. M'évanouir sur le sol et y rester accrochée. Tous les jours à me répéter qu'elle prend encore trop de temps pour venir me chercher. À respecter ma promesse de la laisser venir et cesser d'aller à sa rencontre dans sa maison hermétique.

Je ne saurais t'expliquer pourquoi c'est tant mieux de célébrer nos différences. De voir l'unicité dans les foules et la beauté dans les rues de Centre-Sud. De s'imaginer que l'on peut toujours faire un peu mieux, mais d'avoir l'impression de ne jamais avancer. De se relever après être tombée, avec tout la difficulté d'un enfant qui apprend à marcher... mais la même volonté. De désirer l'impossible pour soi et encore plus pour les gens aimés.

Comment parfois, j'aime tout simplement être moi. Comme il est bon de se donner tous les droits et de vivre de l'intérieur, une liberté semblable à la tienne. Sous les couvertures, dans mon appartement que je conserve froid (C'est que je n'ai encore qu'un seul calorifère qui fonctionne sur les trois). À l'étroit, à me dire que tout ce qui me manque ici ce soir c'est toi.

Posted by Miss Klektik :: 05:30 :: 4 commentaires
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lundi 6 octobre 2008

Il était une fois

Voilà, c'est fait. Je suis allée lire au café-blogs. Comme c'est une première fois, je laisse mon texte ici aussi, mais qui sait ce qu'il en sera la prochaine fois. Les dernières barrières y tombent, les gens se racontent et les émotions y sont aussi vives que les couleurs d'automne. Ça donne le goût de dévoiler des secrets... Des tas de visages familiers, peut-être y verrai-je le vôtre le mois prochain?

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Il était une fois... moi. Si vous me connaissez, vous savez que je n'écris pas autrement. Je parle de moi à d'autres personnes et je change les verbes de temps. C'est un peu comme s'hasarder au gré du vent, oser se raconter en prétendant jouer à faire semblant. Se réfugier dans une poésie d'intimité qu'on sous-entend inventer. Les récits imagés d'une jeune écorchée.

En sous-vêtements dans une épopée numérique, Aurore tombe des nues en constatant les dégâts causés par les génériques. C'est pourtant derrière un clavier que se termine son époque. La chronique à moitié terminée, alors que toute son âme s'endort au volant d'une réalité troublée, la Belle perd le contrôle et va se coucher. C'est le meilleur, la vingtaine à saisir, qui commence à s'enfuir. Elle a alors 21 ans.

L'inspiration est lente jusqu'à devenir transparente. Les grands esprits s'effacent et même la légendaire légèreté s'envole avant de se retrouver clouée au sol. Afin de ranimer la Belle, la cour dépêche ses douze fées, mais elle demeure insensible aux nombreux coups de baguettes. Le royaume tombe avec elle et tente sans succès de tempérer sa désespérance. C'est la fin d'un règne en apparences.

Mais derrière des yeux clos, Aurore, elle rêve encore. Quand elle s'est abandonnée à ses songes, elle s'est jurée de ne plus s'émerveiller pour moins que ce qu'elle pouvait mettre sur papier. Figer les couleurs en noir et blanc pour tromper l'esprit des gens. La Belle savait comment faire sourire les habitants naturellement. Une délicatesse endormie, une empreinte de vie. Mais dans cet état, son essence était enfermée à la commissure de ses lèvres qui s'étaient ainsi agencées pour le plus doux plaisir des insensés.

Croyance sensible que le moment coïncide, le héros qui avait précédemment troqué ses collants et son cheval blanc pour un chandail kaki et un taxi, marche calmement sur les terres en jachère de la princesse un tiers héritière. Un vieil homme tend la main pour quelques pièces de monnaie et c'est tout ce dont le destin a besoin pour que le héros remarque la vieille démesure de la Belle qui attend en dormant. Quelques pas plus haut. Le baiser enflammé d'un homme amoureux. Aurore devient femme et ouvre enfin les yeux.


Posted by Miss Klektik :: 13:16 :: 6 commentaires
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vendredi 3 octobre 2008

Pain

Au bout de ses doigts, il y a une histoire triste. Au bout de ses doigts, il y a le vide. Elle ne ressent plus la pression ni les caresses. Elle ouvre les yeux, car elle n'arrive plus à deviner sous ces arcs-en-ciel médicamentés.

Chaque fois qu'elle avale ces cocktails prescrits, elle en vient à se demander comment font ceux qui suivent la trithérapie pour arriver à attendre la fin de la journée. Parce qu'attendre, c'est un peu ce que nous faisons quand vient le temps de se reposer. On regarde le temps passer en évitant de trop penser. Panser ses plaies, ses douleurs, c'est tout ce qui est permis. Et de rester ainsi, pour une passionnée, ça frôle tous les jours la folie.

Surplanification. Le coeur s'évade et le corps rester bloqué. Ravive-moi. Redonne-moi encore ce qui m'échappe, ce qui glisse de mes doigts agités. Ferme mes yeux. Je m'abandonnerai à toi. Le corps étranger, avec un soupçon de créativité, peut-être que je saurai rêver mieux avec toi à mes côtés.

Posted by Miss Klektik :: 15:25 :: 4 commentaires
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jeudi 2 octobre 2008

Brèves

Mise en vitrine alternative. Deux amis d'enfance se racontent. La vie les sépare et voilà que le hasard les confronte aux égards des autres. Sonia sort prendre une clope. Les cheveux teints noirs, le visage pâle, elle fait les 100 pas en attendant les résultats. 60$ pour connaître le sort de sa vie en moins de 30 minutes.

Parallèle aux jugements derniers, l'attente s'allonge. Les femmes sont nombreuses. Il m'apparaît clair pourtant que le prix des bonnes actions n'a pas chuté au milieu des tristesses et des visages rougis.

Retour en arrière. Capitaine Cosmos et sa jeune prépubère. « Les drogues font mal et m'ont tuée. » Une mort lente de 30 années. Une autre dans le chaos restant des souvenirs annexés, des hommes sans histoires avec des bittes en bois. Pour me faire dire que pour une fille, je maîtrise l'art de dérouler le rebord.

Je suis sortie plus de 4 heures et demi plus tard. Il était passé midi. Sur mon papier jauni, il y était inscrit, « T'es safe cette fois encore, chérie ». Signé la gynéco lesbienne en cuir.

Je ne sais plus si je dois marcher, rester allongée, bouger. Physio 101 pour une rééducation de mes déplacements. Je persiste à croire qu'on aurait dû me prévenir que ça se faisait en sous-vêtements. Je n'aurais pas mis ce string noir et mon push-up bra. Voilà maintenant que ma recommandation médicale en mouvements est de répondre oui à tout ce qu'on me dit. Je me prédis bien des ennuis...

Posted by Miss Klektik :: 07:45 :: 0 commentaires
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