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vendredi 28 novembre 2008
Les pages que l'on tourne
"J'écris" m'a-t-il dit avec un sourire fier. Sur ses feuilles lignées, il avait écrit des scénarios de Ramdam à partir de personnages inventés. Un 5 years plan. Ramdam se transformerait en maison de chambres avec Guillaume Lemay-Thivierge en son centre. Déjà vu à la kitsch. Il m'a emmené dans sa chambre pour me montrer ses posters de Kristen Dunst. Je ne savais pas quoi dire alors je l'ai baisé rapidement et de façon platonique à défaut de savoir quel sujet aborder. Quand il s'est endormi, j'étais encore toute habillée. Je me suis levée doucement et j'ai appelé un taxi.
C'est la première chose à laquelle j'ai pensé quand j'ai croisé un auteur en devenir aujourd'hui. Il gribouillait des paragraphes esthétiquement structurés dans un cahier du dollarama aux coins tournés. J'ai voulu lire par dessus son épaule par curiosité, mais je me suis contentée des premières lignes de la Machine à orgueil qui m'a mouillé le coin des yeux... juste un peu.
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23:42 ::
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jeudi 27 novembre 2008
Trajectoire
La condescendance des désagrégés et autres PDG s'est lentement transformée en indifférence. Un petit pas de gagné. Pourtant, l'amour oral, je ne le maîtrise pas. Je ne sais pas convaincre autrement qu'avec des yeux pétillants. Des mots aussi, mais des écrits. Dès qu'elles s'envolent, les syllabes que je tente de contrôler perdent leur éclat.
Parfois, j'ai des rêves d'être quelqu'un. Avoir un nom, une identité, un champ d'expertise. Je ne suis toujours qu'une pâle imitation de quelque chose qu'on retrouve ailleurs dans un format meilleur. L'équivalence de mon adolescence. Toujours la deuxième de classe.
Après le rollercoaster hormonal plutôt infernal, le creux de vague cherche à ébranler les plus solides fondations. Je navigue sans cesse entre l'engagement plus que profond (une question de gorge à ce qu'il paraît) et le changement de direction. Je m'épuise à trop penser.
Pourtant, une nouveauté s'offre à moi. Dans tout ce brouhaha intérieur et ces moments de réorientation (souvent simplement pour me réaligner sur mon pôle magnétique avec une boussole antique), il y a l'amoureux pour me rappeler encore que dans la vie, je n'ai pas besoin d'un permis pour prendre le volant. Crisser la boussole à la poubelle et me doter d'un GPS.
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21:50 ::
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mercredi 26 novembre 2008
l'Extase
Alors que je me questionne encore sur mon plan d'avenir et mes capacités à me rendre à l'endroit où se trouvent mes désirs, je décide de m'accorder une brève pause afin de vous solliciter vous, chers amis blogueurs.
La semi folle assumée que je suis a accepté d'amener une gang pour un enregistrement télé. Le genre que tout le monde aime, impossible à manquer. Comme c'est le soir du prochain Yulblog (3 décembre) et juste avant en temps, je me suis dit pourquoi ne pas inviter la gang de blogueurs au lieu d'essayer de mixer les amis trop différents pour s'entendre?
Voilà donc l'invitation lancée.
Mercredi de 17h30 à 21h00. Je sais que vous êtes libres. Sauf une lectrice qui sera à Punta Cana.
Les places sont limités, mais si je me fis au taux de participation du dernier Yulblog, on n'atteindra jamais pleine capacité. Si vous hésitiez de vous pointer au Yulblog seul, ce sera l'occasion rêvée d'arriver en gang. Ça fera une sacrée entrée.
Intéressés? Envoyez-moi un email à miss.klektik@hotmail.com
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21:23 ::
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mardi 25 novembre 2008
Desiderata
Isabelle était le complément d'objet direct de désirs antérieurs de mon homme. Une femme au teint pâle et au sourire aussi large que son ouverture sur les autres lorsqu'on prend le temps d'ajouter quelques mots aux salutations usuelles. Une femme que d'autres envient pour son charme et son talent insolent, ce qu'on devine entre chaque lettre et ce qu'on entend quand on la lit à haute voix.
Elle portait sur elle l'odeur de ses aventures quotidiennes. Une fragrance qui en dit davantage que les regards lancés subtilement à mon homme. J'ai pu ainsi subtiliser l'essence de sa sensualité. L'appétit se dissémine au vent ou alors il se transmet dans un embrassement entre les deux amants puisque c'est alors que nait la véritable tentation...
Le désir venant de changer son hôte l'instant d'un baiser. Nos corps se sont enlacés et se racontaient encore comme il était bon d'aimer la physique quantique. L'homme et moi roucoulions. Isabelle s'est dispersée dans nos pensées ne laissant dans mon imaginaire que de jolies lèvres roses à embrasser.
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19:21 ::
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lundi 24 novembre 2008
Observations virtuelles : caricatures grossières de la blogosphère célibataire
La blogosphère est franchement différente lorsqu'on ne la regarde plus comme un meat market potentiel. Observations plus ou moins récentes de la blogosphère célibataire.
La blogueuse tendance On ne jure que par elle. Sa façon d'écrire, son choix de verbe et même sa verve lorsqu'elle fait quelques apparitions publiques qui font, chaque fois, le bonheur de son blogolectorat. Malheureusement, elles ne durent pas car les tendances changent... et les blogueuses de l'heure aussi. Elle n'est pas célibataire par choix et elle rencontre quelques hommes à l'occasion. Elle a quand même une réputation à conserver.
Le blogueur élitiste Il n'a besoin de personne et tout le monde a besoin de lui, de sa visibilité. Sa notoriété repose sur des standards d'écriture douteux, mais les gens aiment le lire pour des raisons que bien peu sont en mesure d'expliquer. Il est célibataire par choix et ne se gêne pas pour le rappeler. Ça lui permet de conserver son image d'honnêteté lorsque les femmes s'attachent un peu trop.
La blogueuse fausse cochonne Elle parle ouvertement de sa sexualité et ce, sans détour. Elle expose ses amants et ses multiples histoires d'un soir dans des posts différents et souvent bien écrits. Elle n'est pas célibataire par choix, mais ne l'avouera jamais car elle veut tout sauf passer pour une désespérée. Tout le monde la voit pourtant comme tel même si personne ne lui dit.
Le blogueur stratège Il a commencé à bloguer pour s'apporter du succès auprès des femmes ou de clients potentiels. C'est un moyen facile qui, lorsque bien utilisé, peut apporter un maximum de visibilité tant pour le célibataire que pour l'homme d'affaires. Éventuellement, il cessera de bloguer lorsqu'il aura plafonné auprès des lecteurs. Parions que la raison l'emmenant sur la blogosphère en est la cause.
La blogueuse princesse Elle se plaint de tout et n'est jamais heureuse. À en croire ses écrits, tous les hommes se retournent sur son passage, mais aucun de ces hommes n'est assez bon pour s'approcher d'elle. En quête d'attention et de commentaires, elle jouera l'exhibitionniste pour assouvir certains besoins. Elle accumulera les sorties et les offres, mais ne trouvera satisfaction que dans l'image retournée par ses fans dans ses commentaires.
Le blogueur journal de montréal Il écrit en fonction de ce qu'il croit voir fonctionner ailleurs. Il n'est pas honnête avec son lectorat, ni avec lui-même. Il écrit pour être lu. Dans Looking For sur Facebook, c'est inscrit anything I can get. Il a sa fiche sur tous les réseaux de rencontres, même les plus douteux.
Le blogueur j'm'en câlisse Plus rare sur la blogosphère, il est celui qui écrit pour se faire plaisir et se moque du jugement des gens. C'est probablement le plus équilibré de tous ceux nommés précédemment, mais il n'en demeure pas moins qu'il se fait souvent traiter d'asocial ou d'anormal de ne pas se préoccuper de l'opinion des autres.
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06:37 ::
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jeudi 20 novembre 2008
Lucie - troisième et dernière partie
Elle me dit « Viens chez moi ce soir, je vais t'initier au paté de foie gras ». Je fais un arrêt coquet à la boulangerie pour une baguette fraîche et de la bière importée du Japon, son pays de rêve. Mes occupations me tiennent loin de toutes questions, mais lorsque son regard croise le mien, je perds le contrôle.
J'ai encore mes règles pour me rappeler que je suis une femme et elle, par tout ce qu'elle est, remet en question ma propre définition de la féminité. À quoi reconnaît-on une femme? Qu'est-ce qui définit une femme? Est-ce son sexe ou ses ovaires? A-t-elle seulement une idée de ces questions si nombreuses qui se cachent derrière mes yeux?
Intriguée, ma main droite se précipite sur son sexe avant d'avoir entamé le dessert. Je veux la toucher, enfoncer mes doigts dans sa chair que je tente de m'expliquer par la même occasion. J'en oublie le fonctionnement traditionnel pour satisfaire une curiosité qui, visiblement, la laisse avec un sarcasme en pleine action. « Tu sais ce que c'est un clito? »
Toute la nuit, dans son lit, je suis incapable de trouver un sommeil profond. Je tourne en rond comme les questions dans ma tête qui défilent pourtant, sans images. Ma créativité hiberne et mon corps se refroidit. Comment définir la femme? Est-ce un état d'esprit ou purement physique? Est-ce qu'une femme doit détenir un utérus, avoir enfanté? Doit-elle faire preuve d'une plus grande sensibilité? Est-ce que la féminité se voit dans les courbes du corps, dans la délicatesse de la silhouette au niveau des hanches? Mais est-ce que ça pousse des hanches?
C'est alors qu'elle me confie son désir d'augmenter la taille de ses implants. Comment lui dire que toutes les femmes passées dans mon lit étaient bisexuelles puisque les seins généreux sont rares dans la communauté lesbienne? Puis-je seulement insister ou fortement suggérer que son corps passe à nouveau sous le bistouri pour remplir l'intérieur de son corps d'une matière étrangère encore?
Elle n'enfantera jamais. Je ne la verrai jamais, le ventre rond et les mains dans le bas du dos. Je ne pourrai pas contempler l'enfant de sa chair. Moi qui aurais tellement aimé lui parler de ce voeu nouveau d'être deuxième mère. Je ne peux pas m'empêcher de penser à mon fils qui a une mère bisexuelle dans une relation homosexuelle avec une lesbienne qui était précédemment un homme. Je ne pourrai jamais lui expliquer ça. J'aimerais connaître le futur avant d'avancer. Voir ce qui se trouve de l'autre côté des portes qui me sont offertes. Faire un choix éclairé basé sur les conséquences au lieu de me fier à un sentiment questionnable. Il est faux de croire que les femmes et les sorcières ont un sixième sens qui ne devrait jamais être remis en question.
Ma chérie, pourtant, je voudrais l'avaler. Encore trop tôt pour aimer, j'apprécie tous ces moments à deux. Je ne veux pas la partager. Je fais semblant de ne pas me préoccuper de celles qui jettent un regard intéressé dans son décolleté. Je tiens sa main solide « pour ne pas tomber » parce que mes talons seront toujours plus hauts que les siens.
Je suis funambule : un pied sur un fil tendu et l'autre dans le vide. Je cherche mon équilibre entre son absolu et le mien. Et c'est alors qu'elle me lance une autre bombe pour me faire tomber. Son prénom d'homme est le même que mon garçon.
Je sais que le compte est bon. Ç'aurait été si simple qu'elle s'appelle Luc, mais non, il fallait que les lettres constituant son prénom soient exactement les mêmes que celles de mon petit homme. Je souris de travers. Je ne vois pas ce qui aurait pu être plus annonciateur d'une rupture évidente.
Les jours passent et nos échanges sont de plus en plus rares. Je ne la retiens pas. Je me contente de la regarder s'éloigner. Je suis persuadée que toute tentative de la garder près de moi ne ferait que prolonger une relation vouée à un échec certain. Je ne suis pas malheureuse, mais je suis un peu triste. Après tous ces mois à chercher une femme qui me ressemble, je dois laisser s'échapper celle avec qui j'avais le plus d'affinités pour une question de voyelles et de ponctuation.
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14:13 ::
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mardi 18 novembre 2008
Lucie - deuxième partie
Sortie de filles au Drugstore. Je me dis que c'est sûrement pour s'afficher en ma compagnie devant ses amies, mais je m'en moque. De l'entrée jusqu'à notre siège, elle ne me lâche pas la main et je la suis en lançant des regards distraits autour lorsque je la sais occupée à me guider.
Accoudée au bar, je vois Michelle. J'ose étaler mon incompréhension en m'écoutant parler.
- Je ne comprends pas ce qui pousse une personne au changement. - ... - Je ne comprends pas comment un homme devenu femme peut se considérer lesbienne comme toi et moi. - ... - Je ne comprends pas qu'est-ce qui motive l'action au-delà de la réflexion. - ...
Je présume l'absence d'opinion et la conversation se perd sous l'intensité de la musique électro. Nous nous levons pour aller danser. Sans penser aux passants, nous nous installons entre deux escaliers. J'ai son corps entre mes bras, ses mouvements de hanches deviennent les miens. Sa tête se penche légèrement à l'arrière pour déposer ses lèvres sur mon cou. Je la retourne d'un geste rappelant les vieilles comédies musicales et je l'embrasse devant les trois étages qui sont à notre portée.
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Assise devant mon ordinateur, je fixe l'écran de mes yeux devenus ronds de stupéfaction. Je lis de différentes façons. Par mots, par syllabes, par expressions. Je cherche une autre interprétation. La signification que je n'aurais pas immédiatement captée.
Je téléphone à Charlotte. Les sonneries répétitives me laissent envisager qu'il n'y aura personne pour me répondre au bout du fil. Je téléphone à Charles, machinalement. Lorsque j'entends sa voix, je ne trouve toujours pas les mots pour lui expliquer. Je veux les adoucir, mais la situation ne s'y prête pas.
Ma blonde est un homme. Était. Je sors avec un transgenre. Ma bouche demeure ouverte. J'ai l'impression d'avoir arrêté de respirer. L'annonce ne devrait pas être si terrible. Après tout, je suis ouvertement bisexuelle.
Les questions stupides s'accumulent. Puis, les informations d'amitiés particulières soufflent les questions comme des cartes avant qu'elles ne forment un château.
Existe-t-il un catalogue de vagins? Charlotte m'assure que les chirugiens reproduisent un modèle standard. J'imagine un instant que les transgenres sont reconnaissables à la forme singulière de leur sexe. C'est pourtant Charles, sans jamais savoir comment, qui m'informe de la procédure sans la moindre variation dans la voix.
J'ai soudainement peur de la perception des gens. Je prétends une ouverture plus grande que ce qu'elle est réellement à l'instant présent. Dans un silence maîtrisé, je me convaincs de ma capacité à confronter l'idée au fil du temps. Sans se douter, on me dit en fin de soirée qu'avec des idoles comme Samantha Fox et Georges Michael qui se sont tous deux déclarés gais, il y a matière à perturber toute une génération. J'ai simplement dit « ouais » alors que j'aurais pu lui dire qu'il n'en avait pas la moindre idée.
à suivre...
Posted by Miss Klektik ::
20:21 ::
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lundi 17 novembre 2008
Lucie - première partie
Après l'absence d'amour de ma relation sexuelle exclusive, il est hors de question de m'en tenir à la facilité. Mon sexe n'a plus de prix, mais il a clairement un parti pris. J'ose laisser mon décolleté vendre l'idée d'une soirée arosée avec un travesti expérimenté. Je lance quelques lignes sur les sofas roses et autres endroits 100% féminins à la recherche de l'amie qui deviendrait l'âme soeur. Sans grande conviction, je me la joue cool alors que j'inonde le monde virtuel de mes nombreux prénoms.
Les courriels de partout autour de la ville remplissent ma boîte de réception. Thomas voudrait se travestir et jouer la réceptionniste. Sylvain qui devient Pierrette passé six heures me tente drôlement, mais son air un peu trop gai me freine. Clémentine me parle d'une exposition de pattes de poissons.
Puis, il y a Lucie. Originale, ouverte, gafeuse, différente, un peu gênée, compliquée parfois. Ce sont ses mots, mais je me dis que ça me ressemble un peu. Par clavier interposés, on se parle de ce qu'on aime avec un accent de diplomatie. Conserver juste ce qu'il faut de mystère pour se donner envie. C'est dans un resto du Plateau que je la rencontre pour la première fois juste avant midi. L'entrée bondée, mon armement de patience n'arrive pas à calmer ma grande nervosité.
Du haut de mes nouveaux talons, spécialement pour l'occasion, je tombe sous son charme de façon instantanée. Ses longs cheveux roux, ses pommettes hautes : il y a de quoi craquer. Les épaules dénudées, la voix un peu rauque, elle me raconte ses idées d'orientation et de carrière. L'importance d'avoir un avenir et de se voir dans celui de l'autre.
Elle me dit « Je préfère Helena Peabody » en souriant devant mes vêtements de professionnelle aux accents de noirs. C'est pourtant chez Cruella qu'elle me propose le lèche-vitrine. Comme une enfant devant l'interdit, elle palpe les tissus à la recherche de sensations. Elle tourne sur elle-même et autour des gens qui déambulent dans la boutique. Puis elle sort. « Faudrait y retourner toi et moi » qu'elle me dit en embarquant dans sa voiture. Puis nous parcourons la ville et ses boutiques. Le centre-ville de l'intérieur et ses nombreux escaliers mécaniques comme une série d'obligations menant inlassablement vers un surplus de consommation. Elle et moi, à rire comme de vieilles amies, à s'enrouler de vêtements qui ne nous appartiennent pas.
« Je te dépose à la station Berri? ». J'aquiesce silencieusement. La voiture immobile, le moteur tourne toujours. Je lui offre un pudique remerciement alors qu'elle ose demander « Un câlin? Je suis câline et j'ai envie de sentir ta chaleur. » D'un bout à l'autre du véhicule, nos deux corps se rapprochent. Son chandail est vert et je me laisse envahir par l'odeur de ses cheveux. Les rousses sont si belles lorsqu'elles portent du vert. Sa main dans mon dos, dessinant la forme de mon soutien-gorge à travers mon chandail. Elle presse encore juste un peu. Voilà que je sens ses seins se compresser contre les miens. Et sa respiration un peu plus haute, un peu plus rapide, juste avant de se dire au revoir.
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Dans un salon de thé du plateau, nous nous allongeons au milieu de coussins rouges et orangés. Mon thé goûte la vanille et l'enivre, tout comme l'odeur de ma peau. Nous faisons abstraction des regards indiscrets et nous nous embrassons sur le rythme d'une mélodie dont nous ne pourrions probablement même pas prononcer le nom. Ses lèvres se faufilent entre les miennes et sa langue goûte chaque seconde de ce moment publiquement inopportun.
Mon regard s'échappe vers ces couples hétérosexuels qui observent discrètement la scène que nous offrons. Les hommes sont timides et n'osent ni regarder ni sourire. Les femmes ont le regard allumé lorsqu'elles profitent d'une accolade pour regarder par dessus l'épaule de leur amoureux. Nous sommes au milieu d'un territoire interdit, mais convoité par les autres femmes, celui de l'amour passionné qui se conjugue au féminin.
Mais les baisers enflammés ne sont que l'initiation entre deux corps allumés. Les longs manteaux d'hiver se transforment en couverture et nous voilà à s'explorer sous les jupes doucement comme deux cégépiennes goûtant l'amour, ingénues.
à suivre...
Posted by Miss Klektik ::
21:18 ::
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dimanche 16 novembre 2008
Trouver sa motivation
Avancée et penchée, son sexe étouffé entre deux masses énormes de chair difforme. Un sexe poilu, mal entretenu. Un monstre sans histoire, sans amour. Même pas de son maître, un faible dessein. L'obésité morbide dont elle souffre a tué ce qui lui restait de sensualité. La féminité s'est diluée dans la demi livre de beurre qu'elle a ajoutée dans son souper. Son corps est si large que le seul standard se limite aux pots de crème. Parfois, elle s'en offre des petits au prix exorbitant. La dépense et leur format a un je-ne-sais-quoi de rassurant. Ma phobie de ressemblance est massive. L'ossature ne sera jamais une justification de gabarit. C'est pourquoi je cours sur un tapis aussi souvent que le temps me le permet. Toujours plus fort, plus loin, jusqu'à ne plus sentir mes mollets. Parce que j'aime le bodypainting à la crème fouettée et au chocolat.
Au-delà des apparences et de la génétique à combattre, il me reste de multiples routes, des choix pour arriver à me défaire de tous ses enseignements. Comment détester et écraser les hommes : le plus pernicieux d'entre tous. J'arrive, avec le temps, à me dissocier. Je me permets de ne plus être sa fille puisqu'elle n'est plus maternelle. Parfois, quand j'ai des aurores de spleen, je me dis que la distance qui nous sépare et ces années de silence m'empêcheront de devenir exactement comme elle.
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17:57 ::
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vendredi 14 novembre 2008
Assouvie
Auparavant, je regardais les couples avec fascination. À mi-chemin entre la dérision et la jalousie partisane. Ils étaient pour moi un mystère incompréhensible, un monde inaccessible. Pourquoi vouloir négocier quand on peut tout décider?
Récemment, devant une tablée à 95% féminine, les compliments lui ont été lancés. Mon amoureux, modeste et réservé, s'est ainsi laissé encensé par cette horde de lectrices expérimentées. Tout le monde le dit. C'est un homme vrai. C'est un homme bon. Quand les autres parlent de lui, il y a le mot gentil pour accompagner son prénom. Et l'entourage de ma petite personne se permet d'y annexer quelques « enfin! » bien ponctués pour souligner le temps tant étiré.
L'Amoureux n'aurait pas pu voter plus gauche aux dernières fédérales alors que je votais droite aux plus récentes provinciales. C'est pourtant lui la personne droite et moi, celle qui est un peu gauche. Tout compte fait, je suis une extrémiste de centre.
J'ose, après seulement quelques mois de fréquentation, clâmer la différence. Je pose (enfin!) un regard transformé sur l'amour. Ja valorise les excès de présence et de chocolat Hot Masala. L'éminence de la séduction se dévoile. Je m'aventure en des terres étrangères pour découvrir des sommets jusqu'ici inégalés et je fais mes propres prévisions de crues éclair en levant un doigt en l'air. Tout devient rapidement secondaire. Il n'y a soudainement rien d'insurmontable, rien d'insaisissable.
Je suis une femme assouvie qui a un quotidien de liberté et de tolérance. Si c'est la routine qui m'est réservée, laissez-la s'installer.
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00:11 ::
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mercredi 12 novembre 2008
Dualité
La mort demeure, une obscure vilenie dans le coin d'un oeil. Imperceptible. Imprévisible. Elle crève le coeur. Le scénario résiste aux heures. Les acteurs se placent sur la scène. Les derniers ajustements sont communiqués. Les quelques accessoires, trimbalés dans un sac écologique, sont maintenant éparpillés sur un vieux matelas. Le rideau se lève. Les boissons et les comprimés alignés, c'est la moitié de mon cachet qui se retrouve ainsi étalé. Prendre un coup et avaler la douceur. Évidemment, s'en suit les battements accélérés, les étourdissements, les vertiges et la peur de la grande noirceur. Déjà vu.
« Vous... »
Ma tête se lève pour contempler une série de mots inaudibles qui se perdent dans une énorme bulle de chewing gum qui ne cesse de grandir. Il est dit que les rêves de mort sont annonciateurs d'une naissance. Quand la bulle éclate, je me convaincs de m'éclater aussi. Je transperce le grotesque de mon personnage pour ne laisser s'échapper que le vulgaire de la femme. Je ne sais plus si c'est pour mieux m'éparpiller ou me compartimenter. Je compte maintenant par deux. Deux formats. Deux mesures. L'ici et l'ailleurs. Saurai-je le gérer?
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dimanche 9 novembre 2008
Deux filles au gym
Aujourd'hui, je suis allée m'entraîner.
- C'est elle.
NYC Girl me pointe une femme au milieu des appareils de musculation. Elle est grande et musclée. Ses longs cheveux, qu'elle a négligé d'attacher correctement, tombent sur ses épaules dénudées. Elle porte la tenue sportive par excellence, celle qui donne un droit de regard sur le ventre et qui découpe avec style la silhouette. Le plus surprenant demeure toutefois sa poitrine d'une grosseur parfaite. Il n'est aucunement difficile de s'imaginer la saisir à pleines mains. Devant ma réaction monosyllabique, NYC Girl me dit à l'oreille :
- Et tu ne l'as pas vue dans son uniforme. Je ne suis pas lesbienne, mais je me la ferais.
Nous sommes toutes deux en sueur, la langue pendante, à fixer cette femme. Évidemment, c'est dans un moment d'extase phonétiquement affirmé qu'un homme passe pour remarquer notre sensibilité face à une telle beauté. C'est le temps de courir se changer.
Au vestiaire, je me retrouve voisine de casier avec une superbe créature du sud. Nue, entourée d'une simple serviette, elle sort des douches. Conversation de politesses usuelles, je n'arrive pas à retirer mes yeux de ses jambes. C'est qu'elle a sorti son pot de crème et se masse doucement la peau des pieds jusqu'aux fesses et la serviette ne parvient plus à tout cacher. Je me brosse les cheveux trois fois plutôt qu'une en cherchant mille et une excuses pour rester devant ce miroir, me permettant ainsi de l'observer jusqu'à mon départ sans me faire voir.
Mais... car il y a toujours un mais.
Les gyms ne sont pas adaptés pour moi. La société condamne les mères monoparentales à rester grosses et/ou déménager en banlieue, là où les gyms ont une garderie. Légalement, je ne peux pas laisser mon garçon à la maison. Il est interdit aux enfants de moins de 13 ans de même franchir la porte d'entrée du gym. Même avec des fausses cartes, il ne serait pas crédible. Rien à faire, aucune négociation possible.
Alors, pourrai-je continuer à m'entraîner dans un gym près de chez moi? Vais-je enfreindre une loi québécoise de façon hebdomadaire?
C'est à suivre...
Posted by Miss Klektik ::
15:53 ::
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samedi 8 novembre 2008
Smack
J'ai écrit ce fragment d'histoire il y a quelques temps déjà, mais j'avais envie de laisser un peu de lui ici. Si toutes les jeunes filles avaient eu un Smack dans leur vie, on en retrouverait sûrement beaucoup moins avec la substance dans leurs veines ici...
En psycho, il est dit que les femmes ont tendance à chercher un homme à l’image de leur père. Moi, je cherche un homme comme Smack. Pas pour me venir en aide, pas à cause de sa profession, mais pour ce qu’il est. Sa passion, son intérêt pour les autres, sa vivacité d’esprit, son courage, sa volonté. Je veux un homme que je pourrais admirer et qui ne se laisserait pas contrôler.
Je me retrouve avec Rick, un ami de Smack. Il a dix ans de plus que moi, un bon emploi en restauration. Il garde mes messages vocaux sur son ordinateur. Même celui où je disais n'importe quoi pendant de longues minutes parce que j'avais trop bu. C’est un homme sympathique, je le trouve gentil, mais je ne peux pas dire que je suis en amour avec lui. C’est ce que j’ai trouvé de plus près de Smack. Littéralement. Il est beaucoup plus superficiel pourtant.
Je décide de partir de chez moi. Fuguer une deuxième fois. Direction centre-ville. L’action. L’aventure. Je me dis que cette fois, c'est pour de bon. Je me dis que je peux faire les rues un peu, le temps de me trouver l'argent pour un premier mois de loyer, commencer à travailler, vivre comme une adulte. J’appelle Smack d’un téléphone public près de Berri. Je lui annonce rapidement mes plans. Il veut me parler, mais pas au téléphone. Il veut me voir. Il veut qu’on se rencontre à la sortie Guy du métro Guy-Concordia. Le métro à Smack. Je le vois à l’extérieur. Je suis un peu en retard. Je n’ose pas l’aborder. J’ai peur qu’il me fasse la morale. Je ne sais pas ce qu’il veut me dire, mais il ne veut sûrement pas me complimenter. Je reste là à l’observer sans qu’il puisse me voir. Je me décide enfin à sortir, à lui parler. Le temps de le rejoindre, il est monté dans l’autobus. Je l’ai manqué. Je retourne dans le cœur du centre-ville à pieds en quêtant. Je réussi à me faire quelques dollars. Juste assez pour une ride de métro aller-retour. Je ne sais même pas où aller.
Je rencontre un petit groupe de punks sur Ste-Catherine. J’ai l’air straight, c’est écrit fille-de-la-rive-sud-en-fugue dans mon front. Malgré tout, ils m’acceptent. On quête en gang. On jase de la vie, de tout et de rien. Je n’ai pas vraiment besoin d’argent maintenant, mais on ne sait jamais. À la fin de la soirée, on a un bon motton. Ils vont faire de la mesc et squatter. Je ne veux pas vraiment les suivre. Je n’ai jamais fait de drogue et ça me fait un peu peur, mais je me contente de leur dire que j'ai un endroit où aller. La prochaine fois peut-être, j'oserai. J’appelle Rick. Il vient de rentrer et me propose de passer la nuit chez lui. J’accepte. Je garde juste assez d’argent pour prendre le métro pour me rendre chez Rick et je donne le reste aux punks.
Rick décide d’appeler Smack le lendemain pour lui dire que je suis avec lui. Ils décident ensemble de planifier une rencontre face à face au Monde Virtuel. Après avoir engueulé son ami, Smack me parle seul à seul. Il me propose de m’amener à son cours d’université et ensuite chez lui. Il dit qu’il est temps pour moi de dénoncer mon père à la DPJ.
À l’université, Smack et moi s’asseyons à l’arrière. Smack me prête un bouquin sur l’histoire d’une jeune délinquante montréalaise parce qu’il dit que son cours est ennuyant. Moi qui voyais les universitaires comme des personnes sérieuses et studieuses, en une soirée Smack réussit à me démolir cette image. Il me parle de chaque personne en m’expliquant leur pire défaut, leur vice. On ne rit pas de la personne, ni du problème. On rit de l’exagération de la chose, de ces détails qui, dans un contexte extérieur ne font aucun sens, mais qui font partie de la vie de cette personne, aveuglée par ses problèmes. Je crois que je comprends où il veut m’amener avec ça. Ma fugue n’est pas une solution à long terme. Il le sait. Je le sais. Je dois prendre une décision et arrêter de souffrir en silence, je dois agir au lieu de subir. Cesser d'être une victime.
Nous rentrons chez lui ensemble où il me fait promettre d’appeler la DPJ. Il compose le numéro et me laisse seule pour raconter mon histoire. Il reste avec moi jusqu’à l’arrivée de l’intervenant, il prend même le soin de lui parler pour s’assurer que je suis entre bonnes mains. Il me salue non sans m’avoir fait un énorme câlin. Un vrai câlin dénué de toute intention sexuelle. Le plus beau et le plus significatif câlin de toute ma vie.
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vendredi 7 novembre 2008
Une décennie
Tout a commencé dans une garderie privée. J'étais alors aide-éducatrice et ma principale tâche consistait à m'occuper d'un enfant handicapé. Ensuite, j'ai gratté ma guitare à la station henri-bourassa. J'ai passé un peu de temps à sourire dans un des plus beaux cinémas de Montréal. Je me suis perdue dans une grande institution financière. J'ai contribué à la démocratisation de l'art. J'ai fait du bénévolat auprès de sidéens. J'ai été journaliste pour des journaux de quartiers et un petit e-zine culturel qui est encore branché. J'ai passé des nuits dans un dépanneur à espérer un peu d'action dans une vie qui m'était étrangère. J'ai passé mes mains sur plusieurs corps qui eux, ont passé du temps sur le mien. Je suis arrivée au bout de moi-même, là où le diable est canadien. Puis, j'ai opté pour la gestion de jeunes en télécommunications. Finalement, je suis aboutie dans un domaine qui m'était jadis totalement inconnu. Je fais mes preuves et j'apprends tous les jours. De nouveaux défis se pointent et les rencontres stimulantes, même virtuelles, s'accumulent.
Dans un bureau du centre-ville, alors que je devais parler de mon cheminement des dix dernières années, je me sentais nue. Avec du recul, je le vois comme un combat constant entre la tête et le coeur. La femme devant moi s'est arrêtée.
"Madame, permettez-moi cet écart, permettez-moi ce commentaire. Malgré vos prédispositions précaires, malgré votre manque flagrant d'éducation, vous avez un parcours professionnel fort intéressant et vous me semblez avoir fait de bons choix de carrière plus d'une fois."
Posted by Miss Klektik ::
06:46 ::
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mercredi 5 novembre 2008
Débandade politique
Je regardais le discours de Barack Obama sur YouTube ce matin et je me disais que je ne veux pas que des enjeux aux prochaines élections. Nous avons encore trop à perdre pour jouer à l'autruche ou à la roulette russe. Ou alors j'ai un sentiment d'urgence injustifié...
Je persiste à croire que l'ADQ a les meilleures idées. Malheureusement, ils ont perdu mon vote avec plusieurs sorties publiques que je qualifie de droite sur de nombreux sujets qui touchent directement ma vie de quartier, leur soutien au parti conservateur qui m'a déçue même s'il était prévisible et le silence morbide de Mario Dumont face à un commentaire envoyé il y a des mois de cela. Jean Chrétien avait su communiquer avec moi via son équipe pour donner suite à mes préoccupations concernant Kyoto, ça fait un bon moment déjà. Récemment, j'ai partagé quelques mots avec Denis Coderre. Facebook sent by sms. Ça ne pouvait pas sembler plus vrai ni plus près.
Je veux entendre parler d'éducation, de santé et d'environnement. Je ne veux rien savoir des projets de loi servant à modifier un mot pour son synonyme. Je veux qu'on me parle d'inclusion et de communauté. Je veux croire le discours que j'entends. Je veux qu'on gagne ma confiance. Je veux qu'on sollicite l'implication de la population dans les grands dossiers à travers autre chose que des consultations publiques qui s'éternisent.
Je fais ça simple, mais...
Je ne voterai pas pour l'ADQ parce que je trouve que ce serait une idée géniale d'avoir des piqueries supervisées pour éviter que les enfants de mon quartier soient tentés de jouer avec les seringues. Je ne voterai pas pour le Parti Québécois, blâmez Malavoy et Marois. Des femmes impressionnantes, mais tellement loin des gens. Et que dire de l'identité québécoise? Tout ce débat autour d'une culture que je qualifierais d'inexistante. Je ne voterai pas pour Québec Solidaire parce que tout me semble irréaliste, exagéré. C'est la gauche poussée à fond et d'un ridicule profond surtout dans sa conception du rôle de l'État. Je ne voterai pas pour le Parti Libéral parce que je ne crois pas que le plus grand dossier à gérer c'est d'incorporer l'eau au patrimoine québécois. C'est bien joli ce tournant vert, mais quand il s'agit du seul argument, le Parti Vert offre maintenant un programme plus complet et attrayant. Enfin, selon sa dernière version. J'attends impatiemment les plus récentes modifications.
S'il n'est pas à la hauteur, je vais me déplacer pour annuler mon vote et faire savoir au gouvernement qu'aucun choix n'est approprié pour ma province, pour mon quartier, pour moi... ou alors voter PQ pour que le Québec se sépare, qu'on tombe dans une crise économique épouvantable et qu'on se fasse acheter par nos voisins américains. Avec de la chance, ça pourrait arriver avant la fin du mandat d'Obama....
Posted by Miss Klektik ::
12:33 ::
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lundi 3 novembre 2008
Bébé-mania
Un brunch entre amies dans le village gai. SATC à la montréalaise avec deux habituées du quartier. Conversation matinale post latte. Où est-ce qu'on se situe presqu'un an plus tard? Alors que ça pousse comme de la mauvaise herbe partout autour de nous. On a beau s'entourer d'amis plus vieux, ils finissent grand-père ou grand-mère et ça nous donne le tournis. Elle et moi, et l'avenir dans tout ça?
C'est délicat d'en vouloir ou pas. Les nausées. La fatigue. Les seins gonflés. Si pour certaines c'est un bénéfice à exploiter, dans mon cas je parlerais plutôt d'une exagération peu souhaitée. On se laisse aller à des orgies alimentaires. Doucement, le sexe disparaît. L'acte? Non. C'est la chatte qui se perd sous un énorme bedon rond rendant difficiles les plus naturelles et quotidiennes opérations. Une immensité bedonesque huilée pour prévenir les marques disgracieuses de l'enfant à venir. Les pleurs et les cris inexpliqués. Ce n'est pas vrai qu'on ressent ce que ça veut quand ça chiale. C'est une logique variation, un simple essai-erreur. Et il y a les odeurs campagnardes qui émanent de ça. C'est probablement une résistance aux fragrances de ferme qui fait que les gens de région veulent plus d'enfants que les autres. Ça et le fait qu'ils n'aient rien d'autre à faire. Faire des petits et leur regarder le blanc des yeux en s'imaginant que ça communique ces petites affaires-là. Quand ça vient de faire ses deux ou trois ans, ça court partout. Ça grimpe et ça fait des dégâts avec tout ce que ça trouve. Ça parle à peu près pas. Ça se contente de dire non en riant et en secouant la tête pleine de bave comme un chien trop excité de voir son maître rentrer à la maison. Vient un temps où le désir de l'attacher devient plus grand que celui de l'embrasser. On rêve de l'enfermer dans un garde-robe le temps de prendre un bain ou d'écouter une comédie musicale en paix.
À quelques jours d'avoir mes règles, parfois, ça tire un peu. Quelques jours seulement. Juste assez pour faire sourciller la mère en moi. J'écoute et je tente de me souvenir. Comment ça tirait exactement? Comme ça ou autrement? Je touche mes seins, mon ventre. Sont-ils plus fermes ou pas? Je ne m'explique pas ce fragile désir qui n'arrive pas à mourir. Cette pointe de jalousie quand je vois un bébé à peine né qui s'endort dans le cou de sa maman.
Puis arrive la réalité comme un poing en plein coeur. J'aime l'indépendance que j'acquière avec mon garçon qui devient grand. J'ai des rêves de soirées improvisées plus d'une fois par semaine, de voyages et de carrière bien méritée. J'ai perdu l'envie de tout recommencer. On dit qu'il est égoïste de vouloir faire des enfants, mais ne plus en vouloir l'est tout autant.
Posted by Miss Klektik ::
12:45 ::
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samedi 1 novembre 2008
Tao
La routine s'alourdit. J'ai un compte twitter. Un blogue. Deux Facebook. Un sous mon vrai nom. L'autre pas. Trois adresses courriels. Une pour le blogue. Une pour les affaires courantes. Je ne compte pas celle du boulot. Puis j'en ai une que j'utilisais pour les sites de rencontres et qui me sert encore pour rester en contact avec des copines qui encouragent les commerces du quartier à proximité. Je n'y vois pourtant aucune obligation. Une demi vérité. L'autre, c'est de la folie.
Je regardais mes deux comptes Facebook plus tôt cette semaine. Parfois, j'ai envie d'ajouter certains contacts d'affaire que j'estime. C'est un moyen assez simple de ne pas oublier les gens, de conserver un lien ne serait-ce que virtuel, voire superficiel. Je n'ai jamais été très bonne pour entretenir les relations de toute façon. Vive la technologie pour répondre à mes lacunes personnelles.
La routine s'alourdit et je maltraite mes tâches hebdomadaires. Ma vaisselle va jusqu'à se suicider d'être ainsi malmenée par mon manque flagrant dans ma gestion de priorité. Bloglines. Statcounter. Technorati. Corbis et autres photos numériques. Écrire. Encore écrire. Rédiger du fond de mes entrailles et inventer la vie d'une autre. Donner un style au vide et créer à partir de la perception de mes observations. Ne plus s'en tenir aux idéaux ni au vraissemblable. Avoir l'esprit constamment en éveil, à la recherche d'un sujet que je pourrais saisir et transformer au coin d'une rue, le temps d'un regard. Je ne vais plus m'acheter une vie au dépanneur, le dépanneur devient l'influence de ma vie et mon blogue, celui de mes choix. Je deviens mon identité numérique ou est-elle une empreinte de ce que je cache au monde entier?
Alors pour fuir la techno, on se met un vidéo mettant en scène des pandas en action en tant de guerre. Je choisi de vivre comme je l'entends et je m'engagerai une aide ménagère. Je suis hédoïste. À mi-chemin entre les plaisirs et l'impulsion.
Posted by Miss Klektik ::
11:38 ::
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