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mercredi 29 avril 2009
Julien
Il s'appelait Julien. La première fois, j'avais 14 ans et il en avait 24. J'avais pointé une publicité de Parasuco Jeans à mes copines. «Il ressemble à lui.» et elles se sont empressées de me contester. C'était un homme bien qui vivait en marge de la société dans un sous-sol. Il rangeait ses vêtements dans un réfrigérateur qu'il avait peint en noir. C'était un collectionneur qui aimait beaucoup l'alcool et les jolies filles, mais qui cherchait d'abord à s'investir alors que je rêvais de fuir. Le bon Jack que l'on peut présenter à toute sa famille sans problème, car il séduit toujours de son humour populaire et sa simplicité légendaire. Un homme attachant, mais je savais qu'il n'était pas le mien. Je me souviens comme il m'a été difficile de définitivement le quitter alors que mes paroles reflétaient une fermeture que je m'imposais pour mieux gérer mon angoisse et ma solitude.
J'ai retrouvé Julien. J'étais toute chose. J'ai vu ses 3 enfants sur photo. J'ai pensé à mes 3 avortements. Le premier était le sien. Je n'avais pas encore 20 ans. Lui et moi, c'était une histoire on and off plutôt longue, je dois avouer. Je me suis demandée s'il se souvenait avec la même douleur qui serre le ventre, comme moi, encore aujourd'hui. Mais je n'ai rien dit. J'ai souris, sincèrement, j'étais contente pour lui. Je me suis rappelée que je me suis engagée irrévocablement dans la voie de l'infertilité. C'est impressionnant de constater comment la vie, après quelques années seulement, peut nous mener sur des terrains complètement différents.
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22:45 ::
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mardi 28 avril 2009
Retrouvailles
Je me suis rongé les ongles. Je me suis inventé mille et une maladies pour rapidement revenir près de toi, mais j'ai la loyauté professionnelle imprimée sur le coeur quand on me laisse juste assez de corde pour que cessent les étranglements lors de mes déplacements. Je les soupçonne d'utiliser une technique de psychopop que je ne maîtrise pas pour calmer l'adolescente en crise que mes hormones intensifient. Là-bas, je me suis branlée deux fois en pensant à toi, mais je me suis endormie dans une drôle de position sur ce lit qui n'avait rien de toi. Ici, je me suis perdue dans ma ville en regardant les hauts buildings, émerveillée comme une enfant. J'ai crié des absurdités au chauffeur de taxi égaré qui s'est mis à pleurer. Mais tu m'as rassurée. Vous êtes tous des comédiens avec une mise en scène qui se précise en fonction de la personne qui occupe la banquette arrière. Tu m'as écoutée parler de ces détails insignifiants des derniers jours. Patiemment, comme si l'envie de faire l'amour n'était pas en train de ronger tous tes organes vitaux. Mais au premier silence, alors que je m'endormais moi-même avec mes banalités partagées, tu en as profité. Tendrement, tu m'as murmuré ton amour. Puis tes doigts se sont baladés sur ces zones qui génèrent en moi une forte décharge électrique. C'est toujours épatant de ne pas savoir où s'arrêteront tes doigts lorsqu'ils frôlent ma peau et que ton souffle change de cadence. J'ai pu laisser tomber la retenue qui s'installe lors des rendez-vous d'affaires quand je suis à des kilomètres de ma vraie personne. Je me suis retrouvée à travers tes caresses précises, mais improvisées. Et c'est ainsi, qu'une fois de plus, je me suis entièrement offerte à toi.
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22:51 ::
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samedi 25 avril 2009
C'est presque terminé...
Je suis dans un état comateux. Les lèvres trempées dans le scotch, l'abus de vin rouge, la semaine de travail multipliée par deux, la grippe d'homme qui s'est insinusée dans mon nez, la voix qui s'éloigne de moi... Je sais, j'ai l'air maganée, malade et cernée. Je n'ai plus le teint laiteux, il se rapproche du lait de soya (citation reprise de la Brunette Jet Set qui s'autoflagellait sans raison entre Montréal et notre destination). Je pense à l'amoureux resté en ville. Comme sa chaleur me manque. Je ne devrais même pas vous écrire ces quelques lignes. J'ai complètement perdu ma faculté de réfléchir convenablement quelque part entre mes médicaments vendus sans ordonnance et mon verre de vodka canneberges. Je constate que je vieillis quand je questionne mes mélanges maison, mais je me ressaisi vite. Je n'ai pas encore trente ans. Et je vais bientôt rentrer. Retrouver le lit de l'amoureux pour remplir le vide que son absence laisse en moi puis envahir son espace de mes ronflements. Ils sont aussi doux que ma voix, ne le plaignez pas trop rapidement.
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00:18 ::
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lundi 20 avril 2009
Jeune étourdie
J'ai l'imprécise impression d'être sous observation. Les paris sont ouverts. C'est à celui ou celle qui saura deviner comment et quand la jeune étourdie se sauvera de sa propre série avec une extravagante immunité. La bêtise se précipite hors de ma bouche sexy par l'entremise de mes propres révélations et mes rêves que j'échafaude à voix haute. C'est à la commissure des lèvres que se cachent les secrets les plus indécents. Les miens et les vôtres amalgamés aux histoires des autres. Toutes ces récidives qui se dressent entre nos deux univers complémentaires. Toutes ces évidences qui forment ma pénitence, les souvenirs d'une bataille pâlie. Ma génération génère une succession de justifications avant l'éclosion de raison. On pourrait croire que ma liberté d'action n'a de limites que celles de mon imagination. Il ne s'agit en fait que d'illusions bandée de bonnes intentions. Un jour, je partagerai ce combat d'antan autrement. Un jour, j'apprendrai à me donner aux gens différemment. Et vous m'apprécierez au-delà des gâteries précédemment suggérées.
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22:59 ::
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mercredi 15 avril 2009
Mea culpa
Je suis amoureuse plus que jamais et j'ai mon bras pour me le rappeler. Si vous lisez ces quelques lignes et que je vous ai déjà dit que ce n'était pas pour lui, je vous ai menti. Mea culpa. L'amour, dans mes récits, est toujours synonyme de souffrance. Avec cette douleur colorée, je m'imprimais une appartenance excentrique qui m'empêcherait de m'enfuir ailleurs. Un rappel de mon amour parce que j'ai tendance, dans mes moments de grande confusion, à dénaturer ou même oblitérer mes propres émotions. Je suis de ces femmes, enfin de ces grandes adolescentes, éternelles infidèles, insatiables aventurières. Je suis celle à qui l'on crie « Chimère! » avant que la dernière page de son roman ne soit tournée. Même si rien de tout cela ne fut prémédité... Il a fallu que je craque pour un gentil garçon. Un homme, un grand, au Panthéon. Un rebelle au coeur tendre avec des talents que je ne saurais vous dévoiler sans rougir. Un amoureux duquel on ne peut se défaire comme les prétendants précédents sans s'arracher la moitié de soi. Un homme qui nous force à apprendre à aimer intimement et hors du temps... de son amour lui-même étonnamment imperturbable. Un homme qui sait démontrer que le jeu de la séduction peut très bien se jouer à deux sans s'épuiser dans les enchevêtrements d'une morne normalité.
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21:08 ::
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dimanche 12 avril 2009
Plaisirs sucrés
Elle et moi, Juliette et Chocolat. Sur ses lèvres rosées, j'avais pris soin d'y déposer un baiser sucré. Je m'étais promis de ne pas céder pour une nouvelle saveur, mais je vivais toujours sur des hauts et des fonds de yogourt nature et de chocolat en brisures. Il y avait, dans ma poitrine, des échos de contrebasses et mes cuisses réagissaient pour chaque douceur subtile. Il fallait encore me pardonner ma frivolité, elle n'avait rien à voir avec un manque de volonté.
Elle avait à peine 20 ans lorsque je lui ai volé ce morceau d'intimité. Nous n'étions qu'elles et moi dans un coin de fin de soirée. Nos peaux dans l'obscurité offraient une lumière quelconque dans cet endroit un peu glauque. Les lumières tamisées, elle n'a offert aucune résistance. Mettons ça sur le dos d'une solide amitié même si ça n'avait plus rien à voir avec nos sorties en plein soleil. La lune a cet effet sur les femmes... Ça me donnait le goût de recommencer, mais elle s'est volatilisée.
J'ai rêvé à elle et à la suite des choses. L'interdiction qu'elle s'était imposée au nom de tout ce que l'on souhaite conserver. Je rêve encore à elle et à ses seins partiellement dévoilés. Ce goût qu'elle m'a laissé en bouche du bout de sa langue, tremblante et hésitante. Le désir palpable et l'abandon incertain que l'on éprouve dans ces moments interdits.
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21:56 ::
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vendredi 10 avril 2009
C'est dans ma tête
C'est la disparition de l'inaccessible cassure de la sanguine au milieu de la blancheur de soie. Quand elle fait selon ses envies sans mentionner pourquoi. On l'aperçoit sans jamais pouvoir lui toucher, cet espace réservé à ceux qui osent s'avancer. La circonférence d'une brioche que l'on préfèrerait au petit déjeuner. Qu'on me permette le carême de ma féminité! On vous dit réservés, mais en vérité, les gens sont embarrassé devant mon acidité. J'essaie de me convaincre de ma force, mais ces cycles m'assassinent!
J'ai le coeur à l'envers et la tête sur le plancher. Je refuse tous les oreillers, je voudrais m'en aller. Loin d'un corps en désaccord, à quel moment a-t-il cessé de participer? J'ai la gueule d'un ballon et le dédain de tout ce qui est saint. Ma vie m'apparait soudainement succincte et vous êtes trop loin.
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18:30 ::
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mercredi 8 avril 2009
Correspondance
 Te souviens-tu de cette correspondance que nous nous envoyions toi et moi? J'ai le roman de notre histoire dans mes tiroirs. Mais que faisais-tu chez moi en ce premier jour de l'année? J'ai tout conservé de ce monde qui ne nous appartenait qu'en fragments, avant que nous nous refassions ailleurs, sans jamais effacer complètement ce nous qui sait lier deux étrangers par d'insolites coïncidences. Dans mon esprit tordu, il y aura toujours cette indescriptible compréhension dans les silences. Je souris encore en pensant à cette façon que tu avais de me faire perdre le contrôle et de me faire mouiller presque naïvement avec les mots que tu me disais trop fort pour naître adressés qu'à moi. Je voulais que tu saches que toute notre correspondance de fin de soirée ne s'est pas égarée. Même si les pronoms sont maintenant différents, nos souvenirs me font encore sourire naturellement. Aujourd'hui, c'est étrange, mais c'est fou comme tu me manques.
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21:31 ::
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samedi 4 avril 2009
Post-Yulblog
Bas résille, talons aiguilles et décolleté indécent : j'étais enfin prête pour l'évènement. Je me la suis jouée jet set en 3D débordant en collant mes lèvres glamourous shine à la paille bien droite au centre de ma piscine de Daiquiri. Je n'étais pas le centre d'attention, mais l'exposition de la blancheur de mes rondeurs m'aura permis une fois de plus de recevoir une pluie de compliments à mon endroit. Le plus sympathique fut sans doute celui reçu d'un personnage de roman bien vivant qui, d'après moi, avait été envoyé de sa tendre amoureuse pour oser s'accrocher sur les détails de l'imprimé de mes souliers et la texture recherchée de mes collants troués. Je ne peux qu'apprécier davantage cette femme aux mille talents – à ce qu'on m'a dit – pour sa délicatesse. J'ai pu raconter les mêmes déboires d'ex-célibataire à un blogueur qui m'a écoutée me répéter sans broncher, analyser les copines des uns et les copains des autres qui – pour une fois – étaient présents à la soirée, puis réaliser que certaines réalités demeurent inchangées. Fort heureuse que la soirée se soit bien déroulée, sans le moindre Nipplegate à raconter, je suis rentrée m'endormir auprès de l'amoureux. Le lendemain, beaucoup trop tôt, je me suis réveillée avec, dans le fond de mon sac à main, une carte d'affaires d'un homme qui offre ses services en entretien et une photo que j'avais définitivement mal vue dans le bar...
Posted by Miss Klektik ::
13:36 ::
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mercredi 1 avril 2009
Entre vous et moi
L'amoureux me disait récemment qu'il faut savoir donner un peu de soi lorsqu'on reçoit. Une histoire de balance et d'univers. La brunette jet set, quant à elle, m'affirmait que l'amour des gens ne se limite pas à mon image, à tout ce que je tente de contrôler dans ce que les autres perçoivent. Je ne veux plus me cacher quand ce que je suis ici fait partie de mon intégrité.
Je ne suis donc pas un homme. Je ne suis pas un regroupement de personnes qui écrivent sous un seul et même pseudonyme. Je ne suis pas une arnaque commerciale. Je suis une femme de presque trente ans. Et la preuve est là.
Posted by Miss Klektik ::
12:15 ::
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